mardi, 26 décembre 2006

Les formations en game design sont-elles de qualité - Istvan - 05.12.03

Les formations en Gamedesign sont-elles de qualité ? Laquelle choisir entre l'ISART DIGITAL, SUPINFOGAME, CREAPOLE, ITECOM et LISAA ?


Olivier - 08.12.03

  • Je n'ai jamais entendu du bien pour l'ISART DIGITAL.
  • SUPINFOGAME : bac+4 est une bonne école mais l'entrée est difficile.
  • CREAPOLE : bac+3 ou bac+5 aussi est une bonne école mais l'année coûte trop cher.
  • LISAA : bac+3
  • ITECOM : bac+2

Personnellement il me faut minimum un bac+3 et maximum un bac+5. Parmi ces cinq écoles, je préfère CREAPOLE, c'est vrai que ça coûte mais je pense que l'entrée est plus facile que SUPINFOGAME.


Istvan - 09.12.03

Créapole est également celle qui m'attire le plus au premier abord.

Ce que je cherche c'est surtout un enseignement pratique (pas de bla-bla théorique trop important) et créatif, même si ça coûte cher. Suggestions bienvenues.


Jérôme - 13.12.03

Attention, les formations à Bac+3 ne sont PAS des formations en game design mais des formations de techniciens.

Genre avec ça tu deviens animateur 3D ou je sais pas quoi mais tu ne toucheras pas au game-play. Les activités au programme c'est genre scénario, modélisation 3D et croquis... donc l'appellation "game design" est usurpée (c'est pour ça que j'ai opté pour une formation de directeur artistique).


Philippe - 13.12.03

" Les formations en game design sont-elles de qualité ? "
Oui pour toutes et partiellement pour certaines.

Il faut lire je crois l'excellent article de Pixel sur les métiers de la 3D et les postes qui reposent la problématique des formations en 3D. Hors la spécialisation outil (Maya, 3DS, autres) pourtant et incroyablement encore sectaire dans les entreprises (modéliser sur ces outils à peu de chose près reste la même chose, animer itou) seule la répétition et l'expérimentation (investissement personnel) font de bons animateurs ou modeleurs.

La philosophie des organismes de formation est donc bien, en initial, de rendre autonomes les stagiaires et de les ouvrir aux modes et méthodes de communication entre logiciels et savoir-faire en entreprise. Prêchant pour ma chapelle, je ne dirais pas laquelle, j'emploie des passionnés de 3D (accessoirement formateurs - lol mais presque), qui ont le sens de l'organisation, des résultats à fournir et le maniement de plusieurs outils (3DSmax, Maya, Amapi...) même s'ils sont spécialisés comme de coutume.

Leur principale difficulté est de faire comprendre aux stagiaires que leurs objectifs personnels et leurs qualités sont primordiales à mettre en avant : après, croyez moi, l'apprentissage est super facile - le reste c'est "portnawak".

Un aspect super positif de ce forum - et merci aux initiateurs - c'est que la communauté d'intérêt (esthétisme - recherche - économique) est vraiment pertinente et qu'on retrouve cette philosophie dans les sites de qualité et dans la 3D.

Ceux qui voudraient poursuivre cette discussion ...


Loïc - 14.12.03

Il y a le DESS à Angoulême. Directeur de ce DESS : Stéphane Natkin.

Cette formation fait parti du CNAM.


Manuel  - 22.12.03

Je te recommande de visiter www.supinfogame.net, le forum des étudiants de cette école. Tu y trouveras toutes les infos nécessaires pour te préparer au concours.

Si c'est une formation pratique que tu recherches, je te recommande cette école. Je ne suis pas très objectif car j'y enseigne et je ne connais pas bien les autres formations, mais on y fait vraiment du Game Design avec beaucoup de mise en situation de production et de TDs.


Luc - 22.12.03 - (pour Istvan)

Je suis actuellement élève en game design à l'Isart Digital. La formation que je suis dure deux ans et s'effectue en alternance ; ce qui signifie que l'élève alterne entre entreprise et école.

L'ISART digital n'a certes pas encore la renommée de SUPINFOGAME (qui je le rappelle, bénéficie beaucoup de l'aura de SUPINFOCOM) mais les deux formations en game design sont aussi anciennes l'une que l'autre (deux promotions pour l'instant). L'un de mes meilleurs amis étant élève à SUPINFOGAME nous nous amusons à comparer ce que nous faisons et pour l'instant je dirais que les deux formations me semble d'un niveau équivalant, d'ailleurs certains professeurs de l'ISART sont aussi intervenants à SUPINFOGAME.

Ensuite, outre le problème de localisation géographique (Isart se situe à Paris, et Supinfogame à Valenciennes), tout dépend de ton tempérament, l'alternance implique beaucoup de travail perso.

Enfin, pour avoir passé des tests à l'ITECOM, je te la déconseille si tu souhaites absolument faire du game design. En effet, la formation qu'ils proposent est beaucoup moins axée sur le game design qu'à l'ISART digital ou à SUPINFOGAME.


Jérémy - 05.01.04

Moi, l'année dernière, j'ai voulu intégrer Isart Digital et les tests d'entrée sont vraiment faciles. Le problème est surtout de trouver une entreprise pour le contrat de qualif.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai pas pu faire cette formation, les entreprises veulent des personnes ayant déjà de l'expérience et elles ne veulent pas comprendre que le but d'un contrat de qualif. c'est justement de nous apporter cette expérience ; et là je donne aussi un mauvais point à cette école qui ne nous aide pas du tout à trouver une entreprise.

Par contre, tu peux faire aussi cette formation en payant dans les 6 000 euros (par an) mais c'est un peu l'arnaque pour une semaine de cours par mois.

Si tu comptes mettre ce prix autant essayer Supinfogame qui est une formation à temps complet et qui doit être meilleur que celle d'Isart Digital (la formation d'Isart Digital n'est intéressante que si tu la fais en alternance avec une boîte de jeu).

Voila pour les conseils que je peux t'apporter, c'est pas grand chose mais ça peut t'aider à choisir.

D'ailleurs si celui qui est à Isart Digital peut me dire comment il a fait pour trouver une boîte de jeu qui l'a pris ça serait super sympa.


Istvan - 05.01.04

Luc, merci pour les infos. Peut-être pourrais-tu me donner quelques tuyaux sur le test d'entrée à l'ISART et sur la façon dont cela se déroule.


Katsumi - 05.01.04

Luc, est ce qu'Isart Digital prend directement au bac ou est-ce mieux de faire autre chose avant ? et dans les autres écoles en général ?


Ryukku - 09.01.04

Je rejoins Jeremy sur quelques points. Effectivement, les tests d'entrée à l'Isart Digital ne m'ont pas paru insurmontables, mais selon les dires de mon ami, les tests d'entrée à Supinfogame ont été aussi simples pour lui. A vrai dire, la difficulté que l'on peut éprouver durant les tests dépend d'abord des aptitudes du candidat.

Ensuite, c'est tout à fait vrai que les entreprises dans le secteur du jeu vidéo ont encore du mal à comprendre l'intérêt d'un contrat de qualification, et il est difficile de trouver un contrat. D'ailleurs je n'en n'ai pas encore (ce qui je l'accorde est assez pénalisant, mais c'est une occasion pour se perfectionner à la maison quand il n'y a pas cours, de plus les élèves n'ayant pas de contrat sont en petite minorité).

Il est vrai aussi qu'une semaine de cours par mois c'est un peu short (bien qu'il s'agisse de semaines bien remplies), et là je dois reconnaître que Supinfogame possède l'avantage du temps : les élèves y ont plus de temps pour les exercices encadrés. A l'Isart, on va très vite puisqu'on à peu de temps, donc il faut s'accrocher. Finalement la formation à l'Isart prend tout son intérêt si l'élève obtient un contrat de qualification.

Pour ce qui est de la qualité de la formation, je préfère ne pas m'avancer trop loin, étant donné que je ne suis pas moi même élève à Supinfogame et que ma formation à l'Isart n'est pas terminée. Mais je peux vous dire que certains exercices qu'on nous donne sont les mêmes (à quelques variables près) et que je suis pour l'instant globalement satisfait de ce que j'apprend.

Cette année, le niveau d'admission en première année était le niveau BAC, mais dans la promotion de première année beaucoup ont déjà fait quelque chose avant (IUT d'info; DEUG et écoles diverses...).

Pour finir, le test d'admission comporte une épreuve d'anglais, une épreuve de culture générale et aussi une épreuve de créativité. Si les résultats des tests sont satisfaisants le candidat est convoqué en entretien. Ensuite, c'est une question de motivation. Par ailleurs si le candidat à déjà des travaux à présenter (Jeu, niveaux de jeu, mod, dessins, voire mieux : game design...) ça ne peut être qu'un point positif lors de l'entretien.

Voilà. Désolé d'avoir mis du temps à répondre, mais je n'ai plus Internet à la maison en ce moment.

Sinon,je vous adresse mes meilleurs voeux pour 2004 ! :-)


Aurélie - 15.01.04

J'ai vu les prix pour CREAPOLE, c'est inabordable ! Il y a pleins de formations, mais est-ce que c'est vraiment une bonne école ?


Bibou - 18.01.04

Franchement, je ne vous conseille pas Créapôle.

C'est tout beau avant d'y être et quand on voit ce que c'est de l'intérieur, on aimerait bien ne jamais avoir fait ce choix, mais on est enchaîné à l'école (ils sont très bons manipulateurs financiers).

En plus c'est une usine, ils laissent entrer tout le monde, donc si vous avez quelque chose à dire contre leur système, ils vous montrent la porte tout en gardant, bien sûr, votre argent.

Il y a bien mieux comme école, surtout en Game Design.

De plus, l'option Game Design vient de s'ouvrir cette année, c'est encore un département "expérimental".

Bien sûr vous aurez des écrans plats, mais après ?


Fabien - 23.08.04

Je travaille dans le jeux vidéo depuis trois ans et je souhaiterais donner mon point de vue sur les écoles de jeux vidéo.

Bon déjà, un peu d'histoire quiz, le jeu vidéo a environ trente ans. Et depuis combien de temps les écoles de jeux vidéo existent ? Cinq ans à peu prêt. A méditer...

Première remarque

On peut donc déduire que durant vingt-cinq ans, la production de jeux vidéo s'est très bien portée sans faire appel à des développeurs, des graphistes ou des game designers ayant reçu une formation spécifique aux jeux vidéo.

Deuxième remarque

Ces formations sont bien souvent axées sur des technologies le plus souvent propriétaires (3DS, Rendeware...), ce qui n'est pas forcément, à mon sens, une bonne philosophie pour une école. Il s'agit plus de partenariat "industrielo-économique".

Troisième remarque

Le prix de ces formations est souvent un peu trop élevé. Je n'ose dire ce que je pense de la sélection par l'argent. Les développeurs et les animateurs de jeux vidéo doivent-ils tous êtres des fils à papa ?

Quatrième remarque

Ces formations rentrent dans la nouvelle conception du jeu vidéo : une industrie.
On adhère ou on adhère pas, personnellement en tant que joueur depuis vingt ans (j'ai vingt-huit ans), je vois le jeu vidéo plus comme un art qu'une industrie.
Et je crois qu'une bonne façon de le préserver est de boycotter ces écoles trop chères de jeux vidéo.
L'astuce et la créativité ne s'apprennent pas a l'école !

 

Voilà donc mon point de vue. Ne perdez pas trop votre temps et votre argent à l'école dans des formations bidons. Essayez plutôt d'apprendre par vous-même, en validant une formation plus généraliste, moins spécifique qui peut être plutôt nuisible en période de crise.
Imaginez que vous ne trouvez pas de boulot dans le jeu à la sortie de l'école... Le jeu reste un milieu très petit, surtout en France.
Où allez-vous vous vendre avec votre formation de game designer ou de développeur RenderWare ?


Laurent - 25.08.04

100 % d'accord avec Fabien.


Elessar - 25.08.04

Cher Fabien,

Je ne sais pas si, lorsque tu parles d’écoles, tu inclues l’école nationale du jeu vidéo (anciennement DESS jeux vidéo et media interactifs) mais les frais d’entré sont ceux que l’on retrouve pour n’importe quelle inscription universitaire donc accessible au plus grand nombre.

Le jeu vidéo n’a pas trente ans mais presque cinquante ; en revanche sa commercialisation à, elle, trente ans. On peut faire beaucoup d’analogie de ce type : les jeux vidéo ont connue bon nombre d’années en monochrome avant d’intégrer la couleur, ou encore les jeux vidéo en 3D n’ont pas une histoire assez longue pour que le développement actuel se porte bien… Qui plus est, je pense que les formations spécifiques au jeu vidéo sont plus anciennes que cela en Amérique du nord ou dans certains pays d’Asie du sud-est. Même en France la formation d’infographistes plus ou moins spécialisés dans le jeu vidéo à débutée il y a plus de cinq ans.

Je trouve étrange d’opposer Art à Industrie, tous les arts modernes usent et profitent des différentes industries pour se développer et se propager. Simplement par le fait qu’un art puisse se former sur un medium reproductible et donc industrialisable, ne fait pas de ces deux termes des antonymes ou de mauvais voisins. Pour faire mon malin, industrie vient du latin industria qui signifie activité. Quoi de plus beau pour qualifier un secteur artistique de le qualifier d’actif. Ce qu’il faut éviter en revanche, c’est que l’industrie du jeu vidéo réponde exclusivement à des contraintes et objectifs commerciaux, ce qui amputerai son potentiel créatif et artistique.

J’ai sincèrement du mal à comprendre cette opposition fréquente des autodidactes contre les personnes souhaitant profiter ou ayant profité d’un savoir formalisé, s’il est bien présent et non une chimère. Peut-on regretter la conception, la mise en œuvre et à présent l’existence de formations de cinéma ou d’audiovisuelle ? L’époque des précurseurs tel que Méliès est oubliée mais malgré tout il existe encore aujourd’hui des personnes, ayant suivit une telle formation ou pas, qui transcendent ce medium car encore trop étriqué pour leurs visions. L’époque des garages-game est terminée, l’enseignement lié au domaine du jeu vidéo prouve bien que le secteur évolue - certains penseront arrive à maturation - qu’il se professionnalise et que son savoir peut être synthétisé pour être ensuite diffusé. Comme tu l’as exprimé, ces formations n’enseignent pas la créativité ni le talent mais qui a-t-il de mal, à par pour des raisons peu avouables, de profiter de certaines expériences plutôt que de progresser à tâtons dans la pénombre ?


Nicolas - 26.08.04

100 % d’accord avec Elessar.

Avec la crise du jeu vidéo, la formation spécialisée est quasiment un passage obligatoire pour faire évoluer le secteur en France.

Ensuite, je suis dans la même école que Luc / Ryukku, et le contrat de qualification m’a permis d’être employé comme designer dans l’un des meilleurs studios de développement et de ne pas payer la formation.

Pour moi aucune des quatre remarques formulées par Fabien ne reflète la réalité, mais elles ont le mérite de faire tomber les préjugés.


Michael - 26.08.04

Certes il n'y a aucun mal, mais peut-être un moindre bien ?

Si, je dis bien "si", le secteur des jeux arrive à maturation comme le dit Elessar, ce n'est pas du tout le cas des formations en question dans ce sujet, par exemple l'ENJMIN n'a même pas encore commencé réellement.

Etant moi-même dans la situation d'un étudiant se demandant quelle voie choisir pour parvenir à travailler dans l'univers des jeux vidéo, je pense que Fabien a complètement raison. La stratégie que je pense être la meilleure, et que je suivrai, c'est d'avoir une formation plutôt générale qui me permette à la fois d'avoir des compétences indépendantes des jeux vidéo, mais également, par un effort personnel, de développer ces même compétences de façon à ce qu'elles rejoignent l'univers du jeu vidéo.

La différence avec une école consacrée au jeu, c'est qu'ainsi on a une "porte de secours" qui permet en cas d'échec de retomber sur ses pattes, même si l'idéal serait de ne jamais l'utiliser.

Quant à profiter du savoir de personnes expérimentées, certains livres - Chris Crawford on Game Design, pour n'en citer qu'un - feront mieux que plusieurs mois de cours dans une école de Gamedesign. D'ailleurs j'ai du mal à croire qu'une telle école puisse avoir un sens. Pour moi le Gamedesign se partage entre créativité, expérience du jeu et de sa création, et théorie du jeu ; les deux premiers ne s'apprennent pas avec des cours, et le dernier ne représente pas un volume assez important pour justifier un cursus d'un an ni même six mois.

Notez toutefois que ce n'est que mon opinion, que je n'ai jamais participé à un Gamedesign professionnel ni amateur, je ne suis jamais allé dans une telle école, donc cette opinion n'a probablement que peu de valeur. A moins que d'autres plus expérimentés la partagent.

 

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