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Intermittent du spectacle : quelques
précisions
Contrairement aux idées reçues, l’intermittence du spectacle ne
constitue pas à proprement parler un statut juridique, mais un mode
d’indemnisation du chômage, dérogatoire au droit commun.
C’est une classification administrative : certaines catégories
professionnelles connaissent des règlements particuliers annexes qui
régissent leur accès à l’assurance chômage. C’est le cas des ouvriers et
techniciens de la production cinématographique et de l’audiovisuel, qui
relèvent de l’annexe VIII (protocole du 13 décembre 1964) et des artistes
et techniciens du spectacle vivant, qui relèvent de l’annexe X (protocole
du 12 juin 1969).
Les « intermittents » du spectacle sont des salariés à employeurs
multiples. Leur activité est le spectacle, qu’elle soit principale ou
occasionnelle. Ainsi, est intermittente toute personne quel que soit le «
métier » du spectacle exercé, même pour une durée très courte (ex : 1
séance de 15 minutes de jonglerie).
En qualité de salarié, l’« intermittent » bénéficie d’un régime ASSEDIC
spécifique, sous réserve de remplir 2 conditions :
- Les personnes concernées doivent avoir été embauchées sous contrat
de travail à durée déterminée (CDD),
- et doivent justifier de 507 heures de travail sur les douze mois
précédant la rupture de leur contrat de travail.
Ce contrat est un CDD dit d’usage ; il peut donc être renouvelé
plusieurs fois.
Pour les artistes, l’article L 762-1 du code du travail pose le
principe du salariat avec un souci de protection délibéré : " Tout contrat
par lequel une personne physique ou morale s’assure, moyennant une
rémunération, le concours d’un artiste du spectacle en vue de sa
production, est présumé être un contrat de travail ". En vertu de cet
article, donc, tout organisateur de spectacle est présumé comme
l’employeur des artistes concernés. Le cachet reste la référence de la
profession. En effet, le paiement d’une rémunération à un artiste
représente à la fois la durée de la représentation mais aussi les temps de
préparation, l’avant et l’après spectacle. Le code de la sécurité sociale,
repris par l’UNEDIC pour décompter les cachets, détermine qu’un cachet
isolé représente 12 heures de travail. Mais, dès lors qu’un même employeur
salarie un artiste pour plus de 4 cachets consécutifs, chacun des cachets
est pris en compte pour 8 heures. Soulignons que cet usage constitue une
tolérance. En aucune manière les techniciens ne peuvent être concernés par
ce mode de rémunération. Pour ceux-ci, les règles habituelles liées à la
durée du travail s’appliquent.
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