| |
Dossier : Qu'est-ce que la formation (3/5)
Le stage - le Congé
Individuel de Formation (CIF) |
 |
Le
stage
Il est essentiel de bien faire la distinction entre un stage et un
emploi salarié. Le stagiaire ne peut assumer les charges productives
réservées aux employés d'une entreprise. En d'autres termes, l'employeur
ne doit tirer aucun profit matériel de la présence du stagiaire. A titre
d'exemple : les missions de prospection commerciale ou de vente par
téléphone ne peuvent être confiées au stagiaire.
Le stage doit être perçu comme un " complément de formation pratique en
entreprise ", consécutif à un cycle d'études précis.
Le stage obligatoire (avec convention)
- Le stage obligatoire fait partie intégrante du programme
d'enseignement. Il fait l'objet d'une convention de stage signée par
l'entreprise, l'établissement de formation et l'étudiant. Les
établissements habilités à délivrer une telle convention sont les
écoles, les lycées et les universités (uniquement).
- Le contenu du stage est établi par le responsable du stagiaire dans
l'entreprise, en coordination avec l'établissement de formation.
- L'entreprise peut indemniser le stagiaire, sans toutefois dépasser
le tarif conventionnel fixé à 30% du SMIC. Il est à noter que cette
gratification n'est pas une obligation pour l'entreprise. Le
remboursement total ou partiel des repas et du transport est à la
convenance de l'employeur.
- Le stagiaire est couvert en cas d'accident du travail, uniquement si
ses indemnités ne dépassent pas le tarif conventionnel (30% du SMIC). Si
les indemnités dépassent ce montant, le stagiaire ne bénéficie d'aucune
couverture et le stage doit être re-qualifié en contrat de travail.
Le stage facultatif (avec ou sans convention)
- Il s'agit d'un stage ne figurant pas dans le cursus d'études et
relevant de la seule initiative de l'étudiant.
- Bien que le stage facultatif ne requière aucune convention, la
plupart des entreprises ont tendance à en exiger une.
- Pour qu'un stage facultatif soit reconnu comme faisant partie de la
formation, il doit avoir un rapport étroit avec le diplôme préparé.
- Si l'entreprise n'exige aucune convention, l'étudiant doit souscrire
une assurance individuelle le couvrant en cas d'accident du travail (se
renseigner auprès de la CPAM).
Le stage hors études
- Bien qu'étant autorisé par la loi, le stage hors études réclame une
grande vigilance de la part des étudiants. Ce type de stage est
fréquemment utilisé pour répondre à des besoins immédiats de
l'entreprise (remplacement de personnels en congé, augmentation
temporaire de l'activité etc.). Il s'agit ni plus ni moins d'un emploi
déguisé dont la rémunération n'est pas à la hauteur du travail accompli.
De telles pratiques sont fermement sanctionnées par la loi.
- Il est néanmoins possible d'effectuer un stage hors études, dans le
cadre d'un accord amiable conclu entre l'étudiant et l'entreprise.
- A l'instar du stage facultatif, l'étudiant devra se munir d'une
assurance le couvrant en cas d'accident du travail (se renseigner auprès
de la CPAM).

Le congé individuel de
formation (CIF)
C'est un droit d'absence, accordé sous certaines conditions, permettant
au salarié de suivre l'action de formation de votre choix. La formation
s'accomplit sur tout ou partie du temps de travail.
- Le contrat de travail n'est pas rompu mais suspendu.
- Le salarié n'est pas obligé de choisir un stage en rapport avec sont
activité ou celle de l'entreprise.
- La formation peut être d'ordre professionnel ou culturel.
Cette formation permet :
- d'accéder à un niveau supérieur de qualification,
- de changer d'activité ou de métier,
- de perfectionner vos connaissances dans le domaine culturel ou
social,
- de préparer ou de passer un examen.
Conditions pour en bénéficier
- Etre salarié d'une entreprise des secteurs industriel, commercial,
artisanal, agricole ou associatif,
- Justifier d'une activité salariée de 24 mois consécutifs ou non dont
12 mois dans l'entreprise, quelle que soit la nature des contrats de
travail successifs. Cette condition est de 36 mois pour les travailleurs
d'entreprises artisanales de moins de 10 salariés, dont 12 mois dans
l'entreprise. La condition d'ancienneté n'est pas exigée en cas de
changement d'emploi à la suite d'un licenciement économique et à
condition que le salarié n'ai pas suivi d'action de formation entre le
licenciement et le réemploi.
- Il existe un délai minimum entre deux stages qui varie en fonction
de la durée du stage précédemment suivi. La durée du délai en mois est
égale au 12e de la durée en heures du congé précédemment suivi.
Toutefois, le délai ne peut être inférieur à six mois ni supérieur à six
ans.
Type et durée de la formation
- un stage d'acquisition, d'entretien et de perfectionnement des
connaissances,
- un stage de promotion permettant d'acquérir une qualification plus
élevée,
- un stage de prévention pour réduire les risques d'inadaptation de la
qualification à l'évolution des techniques.
- une action de préformation,
- une action d'adaptation,
- une action de conversion,
- un bilan de compétences.
Durée du congé
- La durée du congé correspond à celle du stage de formation qui peut
se dérouler à temps plein ou partiel, mais ne peut excéder :
- un an pour un stage à temps plein,
- 1 200 heures si le stage comporte des enseignements discontinus ou
à temps partiel.
- Des accords de branche ou conclus avec l'Etat ou les régions peuvent
prévoir des durées plus longues.
Rémunération et frais de stage
- Si le salaire brut est inférieur à deux fois le SMIC, c'est à dire :
2 180,96 EUR sur une base hebdomadaire de 35 h,
la rémunération sera égale à 100 % du salaire antérieur. Montants depuis
le 1er juillet 2003.
- Salaire supérieur à deux fois le montant du SMIC, la rémunération
sera égale à :
80 % du salaire brut antérieur, si le congé n'excède pas un an ou 1 200
heures,
60 % du salaire brut pour la fraction du congé excédant 1 an ou 1 200
heures. Si le montant obtenu est inférieur à deux fois le montant du
SMIC, ce plancher s'applique.
- Toutefois, le taux de rémunération peut être supérieur sur décision
de l'organisme gestionnaire du congé de formation. La rémunération ne
peut pas être inférieure à 90% du salaire antérieur :
- si le stage est sanctionné par un titre ou un diplôme de
l'enseignement technologique homologué,
- si le stage mène à une qualification professionnelle reconnue dans
le cadre du crédit formation.
- si le stage répond à un objectif individuel de reconversion ne
relevant pas d'un plan de formation ou d'un système d'indemnisation de
l'Etat,
- si le stage permet l'exercice d'une responsabilité dans la vie
sociale, à l'exclusion des formations politiques et syndicales. La
rémunération est versée régulièrement par l'employeur.
Durée et remboursement de la rémunération
- La rémunération versée par l'employeur pendant le CIF lui est
remboursée par l'organisme paritaire chargé de collecter les cotisations
de l'entreprise pour la formation.
- L'employeur peut compléter la rémunération versée par l'organisme
collecteur, pour assurer une rémunération égale au salaire.
- Le salarié sera rémunéré pendant toute la durée du stage si celui-ci
ne dépasse pas un an à temps plein ou 1 200 h à temps partiel.
- Si le stage dépasse un an à temps plein ou 1 200 h à temps partiel,
le salarié devra vérifier auprès du FONGECIF ou de l'organisme
collecteur s'il peut pouvez obtenir une prise en charge.
Frais de stage
- Les frais de stage (inscription, hébergement ou transport) peuvent
être pris en charge, en totalité ou en partie, par l'employeur ou par
l'organisme collecteur.
Droit du salarié
- Le temps passé en congé de formation est assimilé à un temps de
travail, les congés payés et les primes sont dus en totalité. Le salarié
continue à bénéficier de toutes les prestations de la Sécurité sociale.
Délai pour présenter la demande à l'employeur
- 4 mois avant le début du stage s'il dure 6 mois ou plus et s'il
s'effectue en une fois ou à temps plein,
- 2 mois avant le début du stage s'il dure moins de 6 mois, s'il
s'effectue à temps partiel ou sur plusieurs périodes ou si la demande
concerne un congé examen.
Réponse de l'employeur
- L'employeur doit faire connaître sa réponse dans les 30 jours
suivant la réception de la demande. Il peut :
- soit donner son accord,
- soit indiquer les motifs de report ou de rejet (limiter le nombre
d'absences simultanées, raisons de service).
- L'employeur ne peut refuser un congé si le salarié remplit les
conditions pour en bénéficier.
- Si l'absence est préjudiciable à la bonne marche de l'entreprise,
l'employeur peut, en motivant sa décision et après consultation du
comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel, reporter la
demande de 9 mois maximum. Toutefois, le salarié pouvez présenter une
nouvelle demande avant la fin du report de 9 mois, s'il estime que les
motivations du report ont cessé.
- L'employeur peut reporter la demande :
- lorsque 2% des effectifs sont déjà en congé de formation, si
l'entreprise compte 200 salariés ou plus,
- lorsque 2% des heures de travail effectuées dans l'année ont déjà
été prises au titre du CIF si l'entreprise a moins de 200 salariés,
- lorsqu'un salarié est déjà en CIF, pour les entreprises de moins
de 10 salariés.
- L'employeur peut alors reporter le congé individuel de formation
jusqu'au moment où ces seuils d'absence ne sont plus atteints.
- Lorsque la demande est acceptée, le salarié doit faire les démarches
concernant la prise en charge de sa rémunération auprès de l'organisme
collecteur dont dépend l'entreprise.
Demande de prise en charge
- La demande de prise en charge de la rémunération et des frais de
stage (inscription, transport, hébergement) doit être faite le plus tôt
possible. Le délai de réponse de l'organisme est de deux mois en
moyenne.
- L'organisme ne décide la prise en charge qu'au vu de l'autorisation
d'absence accordée par l'employeur. (délai de deux à quatre mois avant
le début du stage).
- L'organisme peut refuser si le stage ne remplit pas les conditions
ouvrant droit à une rémunération. Il peut refuser temporairement s'il
n'est pas financièrement en mesure de répondre à toutes les demandes. Le
salarié peut alors renouveler sa demande. Il peut aussi solliciter la
prise en charge de la part de son employeur ou du fonds d'assurance
formation auquel adhère éventuellement l'entreprise.

Voir aussi
- La formation initiale,
continue ou en alternance
- Les différents contrats :
de qualification, d'orientation, d'adaptation et d'apprentissage
- Le financement de la
formation (taxe d'apprentissage et la participation des entreprise)
- Les aides à l'embauche et
à la formation de l'Anvar
 |