La production indépendante est train de connaître une croissance de plus en plus importante dans le secteur des jeux vidéos.
Certes, les jeux vidéo de producteurs indépendants sont de taille plus modestes en comparaison avec les blockbusters placés dans le Top 10 des meilleurs ventes, mais il est à noter que la production indépendante commence à imposer son propre modèle économique. A cet effet, de nos jours, et afin de réaliser leurs productions de jeux vidéo, les studios indépendants recherchent des sources de financement diverses et variées.
Et, les producteurs usent d’ingéniosité dans le mode de financement de leurs jeux vidéo.
Ainsi, il existe le FAEM mis en place il y a 3 ans par le CNC, le RIAM qui a été créé début 2001, l’ANVAR qui vise à aider l’innovation, le programme européen MEDIA qui vise à soutenir le multimédia, le crédit d’impôt production qui a quelque peu de retard et tends à obtenir l’agrément de la Commission Européenne…
De même, à l’instar du secteur du cinéma et de la musique, il convient de noter que les collectivités territoriales commencent également à financer les projets dits « culturels » de jeux vidéo.
Certaines structures ou organismes comme Capital Games ou Lyon Games, avec les protagonistes Frédéric WEIL et Pierre CARDES, visent à soutenir les producteurs et les aider dans le financement de leurs jeux vidéos.
Certains studios n’hésitent pas à se recapitaliser en faisant appel à des capitaux risqueurs, avec son pendant : la dilution progressive du pouvoir.
D’aucuns ont mis en place des montages avec des sociétés financières, apparentées à des SOFICA, pour financer leurs projets.
Certains producteurs, à l’expérience et à l’entregent développés, mettent également en place des accords de coproductions avec des producteurs cross-media (audiovisuel, cinéma, musique…) ou des financiers, spécialisés dans le secteur des média.
Conscient que les produits dérivés d’un jeu vidéo peuvent constituer un complément, non négligeable, de revenus, certains producteurs optent avec d’autres professionnels les droits dérivés de jeux vidéo.
De surcroît, conscient que les modes d’exploitation du jeu vidéo doivent être accrus, les producteurs proposent également, six mois après la sortie officielle, à des prestataires la mise en location de leurs jeux vidéo.
Lorsque ceci sert la production sans dénaturer le jeu vidéo, le parrainage ou le sponsoring doivent être envisagé à l’instar du cinéma.
La publicité à l’intérieur même du jeu vidéo doit également être appréciée dans les projets de production de jeu.
De plus, les producteurs n’hésitent plus à intégrer dans la production indépendante des auteurs, comme dans le secteur du cinéma ou de la musique, en les impliquant très significativement dans la réalisation du jeu vidéo et dans le risque de la production, et en leur assurant des revenus plus conséquents lorsque le succès est présent, ce qui est peu réalisable, par exemple, avec un salarié du fait de la législation actuelle en
droit du travail.
Enfin, au plan des sources de financement, il convient de noter que la distribution en est une à part entière.
Prenant en considération cet état de fait, « les producteurs sont de plus en plus enclin à négocier eux-même les accords de distribution, tant en France qu’à l’étranger », dixit David HECQ, Président de l’Association Française des Revendeurs Spécialisés (AFRS) dans le jeu vidéo.
Effectivement, le producteur contracte avec le distributeur pour fixer un engagement de ce dernier sur les ventes de jeux vidéo à terme.
Ainsi, à l’instar du cinéma ou de la musique, le producteur de jeux vidéo va négocier une avance financière ou un minimum garanti sur les ventes à terme que le distributeur escompte réaliser.
En effet, il existe deux alternatives pour le producteur :
Soit il obtient du distributeur des liquidités à court terme sous forme d’une avance financière, soit il obtient un engagement ferme minimum sur les ventes qu’il devra refinancer auprès d’un organisme financier.
Par conséquent, la distribution incarne, en son sein, une source de financement, non négligeable, pour le producteur de jeu vidéo.
En conclusion, la raison principale de cette quête effrénée de financement des producteurs de jeux vidéos réside dans le fait que, même dans un modèle classique, ils essayent de négocier de plus en plus leurs contrats d’édition avec l’investisseur : l’éditeur.
La propension première est le partage des gains et des droits patrimoniaux avec l’éditeur.
Car, le plus souvent, l’éditeur acquiert la totalité des droits par pur principe et/ou par simplification de gestion.
Mais lorsque que le producteur apporte du financement, ceci permet à l’éditeur de réduire sa prise de risque sur le projet de jeu, et généralement, sa prise de décision de s’engager sur le contrat d’édition se voit accélérée.
Ainsi, le modèle classique développeur/éditeur de l’édition de jeux vidéo et le modèle de la production indépendante de jeux vidéo sont deux modèles qui ont vocation à perdurer, à l’instar du cinéma et de la musique.
Enfin, il est certain que lorsque les producteurs réussiront à conserver les droits patrimoniaux de leurs jeux vidéo, ils arriveront enfin à pérenniser leurs sociétés et à capitaliser sur l’avenir.
A cet effet, l’AFJV et Antoine CHERON organisent une conférence en février 2006 sur le thème « Droit et financement d’un jeu vidéo » en préparation du séminaire organisé avec l’ENJMIN sur le même thème en septembre 2006.
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