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mardi, 26 décembre 2006
L'Empire du Pixel Levant : Sommaire Le “ Nouveau Japon ” a su concevoir des concepts ludiques, renouveler le domaine des jeux vidéo, séduire de nouveaux publics grâce aux références culturelles élargies tout en conciliant esthétisme et technique, richesse du contenu et plaisir du jeu. La métamorphose des “ fourmis ” en papillons.
Vers une japonisation des jeux vidéos ? Le Japon exporte-t-il sa culture à travers les jeux vidéos ? Est-ce vrai ? Tout le monde semble le croire… Peut-être parce que dès le début des années 80, la société Atari dominait le marché des consoles de jeux, et que le mot « Atari » est le cri de guerre des joueurs japonais du jeu de Go. L’explication semble un peu juste ! Peut-être alors repensons-nous à l’expansionnisme de l’Empire du Soleil Levant qui a connu son paroxysme avant et durant la Seconde Guerre mondiale. Et que ces dernières années ont vu apparaître un accroissement phénoménal d’exportation de « Mangas » Japonais vers l’Europe, les Etats-Unis et d’autres pays. Ce serait alors mal connaître le Japon d’aujourd’hui, le « Nouveau Japon ». À moins que nous pensions à la domination des consoles de jeux japonaises PlayStation (Sony) et Nintendo sur la réponse tardive de l’occident avec la Xbox de Microsoft. Là aussi, l’explication semble un peu juste car le hardware (matériel) aurait donc plus d’importance que le software (logiciel) ! Pourtant, ce dernier point a une importance primordiale sur la prédominance non pas des jeux vidéos japonais mais des consoles de jeux. Lors de la capitulation de l’Empire du Soleil Levant durant la seconde guerre mondiale, en septembre 1945, le Japon était enfin délivré du long cauchemar du fascisme militaire, malgré toute la légende ancienne des samouraïs et du bushido. N’étant plus un état « guerrier », toute l’énergie du Japon se lance alors dans la miniaturisation, la robotique et bien sûr l’électronique. Balayant ainsi le très vaste champ de l’électroménager et de … la console de jeux vidéo. Une manne financière que le Japon ne cessera de faire fructifier dans les années 80 puis les années 90 au moment où l’occident et surtout l’Europe découvrent le fabuleux pouvoir de séduction de l’électronique et des jeux vidéos. Mais tout ceci n’est que du hardware et sans cartouches, sans jeux, que reste-t-il des consoles de jeux ? Qu’un « souvenir » qui se nomme Sega ? Pour certains, le peuple Japonais est considéré comme un peuple de fourmis, un peuple travailleur soumis à l’ordre accepté, très conservateur, allant même « piller » la culture des autres civilisations en les envahissant de multiples petites « armées » de photographes pour ensuite imposer leur culture. Chaque culture a sa spécificité nourrie d'une histoire, d'une tradition et de tous les fantasmes qui en résultent. Les symptômes s'expriment très clairement au quotidien, mais de manière peut-être encore plus limpide dans les créations que le pays développe. Les Etats-Unis s'émeuvent de prophéties bibliques issues des profondes racines judéo-chrétiennes, la France loue sa propre terre d'être si riche et si fertile. Et c'est ainsi que le passé, les peurs et autres fantômes viennent hanter les imageries populaires de chacune de ces sociétés. N’avons-nous pas peur, en voyant toutes les images que le Japon nous envoie et que nous captons, d’une société que nous connaissons mal ? Comprendre et admettre l'ampleur des jeux vidéos (et des mangas dont beaucoup ont été adaptés en jeux vidéos) nécessite une ouverture à la société japonaise, au-delà des images et des rejets qu'elles suscitent. Je vous propose dans ce livre de découvrir la société Japonaise et souhaite démontrer que le Japon n’est pas la planète Mars dont tout le monde avait peur, il y a quelques années. Que le Japon, et bien sûr le peuple Japonais, a connu le brassage des cultures dont on entend tant parler (grâce, ou à cause des occupations chinoise et américaine) et que de ce melting-pot, de cette confrontation des cultures est née une métaphore : la métamorphose des « fourmis » en papillons, toujours renaissants comme le soleil levant… Le Japon n’exporte pas sa culture à travers les jeux vidéos, mais le succès de leurs jeux vidéos est dû à cette métamorphose, à leur façon de vivre, à leur mode de vie, à leur nouvelle culture nourrie du passé, du présent et de l’avenir. Les jeux vidéos sont un vecteur essentiel du rapprochement culturel qui s'opère entre l'Est et l'Ouest. Les doubleurs anglo-saxons de jeux vidéos commencent à acquérir une certaine notoriété au Japon… Je précise toutefois, que ce livre n’a pas pour but de faire l’apologie de la société japonaise dont on connaît les dérives et les défauts (par exemple, le système scolaire japonais a été une source de stress insatiable, figé dans une forte tradition compétitive, cette quête liée au dépassement humain et ces enjeux imprégnés d'une réussite " obligatoire " ont souvent été jugés comme l'une des causes des nombreux suicides d'enfants qui ne trouvaient pas d'écoute), mais bien de démontrer pourquoi les jeux japonais dominent le marché des jeux vidéos sans exporter leur culture.
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| [Jean-Yves Kerbrat] - Cette rubrique hebdomadaire est extraite du manuscrit écrit par Jean-Yves Kerbrat : "L'Empire du Pixel Levant" - Les éditeurs potentiellement intéressés par la publication de cet ouvrage peuvent contacter Jean-Yves Kerbrat directement par email |
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