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mardi, 26 décembre 2006
L'Empire du Pixel Levant : Sommaire Brève Histoire des jeux vidéo (part I)
Pouvons-nous imaginer aujourd’hui un monde sans jeux vidéos ? Cela semble impensable ! Pourtant, le premier jeu d’ordinateur est apparu en 1962 ! Mais Il est vrai qu’il a fallu attendre les années 70 pour que tout le monde puisse jouer aux premiers jeux vidéos et encore fallait-il avoir l’âge requit pour entrer dans un bar ou habiter près d’une galerie marchande qui proposait des jeux d’arcade. En 1951, un jeune ingénieur américain, Ralph Baer est chargé par la société Loral Electronics, de concevoir un téléviseur ; non pas un téléviseur habituel, mais le meilleur jamais construit. Baer pense que pour rendre son téléviseur différent des autres, il doit y incorporer de quelque façon que ce soit une possibilité pour l’utilisateur de jouer mais ses employeurs refusèrent l’idée. Ralph Baer n’est donc pas entré dans l’histoire, mais on peut considérer qu’il est le premier à avoir eut l’idée d’un jeu vidéo ! Sept ans plus tard le physicien Willy Higinbotham programme pour le plaisir un jeu de tennis sur un oscilloscope. Cette idée aurait pu être la première tentative de création d’un jeu vidéo, mais Willy Higinbotham ne juge pas utile d'en déposer l'invention.
La préhistoire des premiers jeux sur ordinateur Le premier jeu d’ordinateur, « Space War », a été créé par Steve Russel en collaboration avec des étudiants du Massachusetts Institute of Technologie en 1962. Ce jeu mettait en scène deux vaisseaux spatiaux se tirant dessus avec de petits missiles. Ce premier jeu était à la fois plaisant et prenant. À l’époque le PC (Personnal Computer, ordinateur personnel) n’existait pas, ce jeu ne pouvait donc pas être commercialisé. La même année un certain Nolan Bushnell, un jeune Américain, entre à l’université l’Utah, et découvre « Space War » au laboratoire d’informatique. Petit à petit, le jeu d’ordinateur faisait son apparition grâce notamment à un jeu comme Lunar dont le but était d’atterrir, d’alunir, avant de manquer de carburant. Ce jeu ne contenait aucun dessin, on pouvait y jouer sur des ordinateurs n’ayant pas d’écran. Une sortie papier, une impression, fournissait les indications nécessaires : la position, la vitesse et le carburant restant. À chaque mouvement, les informations, les indications étaient actualisées et imprimées. Peu de temps après, le jeu « Adventure » fut à l’origine de tous les jeux de rôles et d’aventure sur ordinateur. Ce jeu indiquait donnait au joueur des instructions purement textuelles comme sa position ou « aller vers l’ouest » ou « ramasser l’épée ».
Atari lance la révolution des jeux vidéos Pendant ce temps, Nolan Bushnell avec l’aide de Ted Dabney, travaillent sur une version de « Spacewar » exploitable en salle de jeu. Ils parviennent à mettre au point un système adaptable sur une télévision. Bushnell baptise son jeu « Computer Space ». Mais, « Computer Space » ne fut pas un grand succès. Le jeu n’etait pas assez abordable pour un public qui découvrait ce type de produit pour la première fois. Mais Nolan Bushnell n’est pas homme à baisser les bras, malgré l’échec de son premier jeu, il crée avec Ted Dabney sa propre société : Atari en 1972. Atari, un terme issu du jeu de Go, que Bushnell pratique avec passion, est l’équivalent d’»échec au roi ». La première création d’Atari fut « Pong » un jeu de tennis nommé ainsi parce que le nom de « Ping-Pong » est une marque déposée. Le jeu est mis en test au « Andy Capps », un bar local. Après deux semaines, la machine tombe en panne, submergée par les joueurs et les pièces de 25 cents. C’était sûr, ce serait un succès. Ce jeu emprunta donc le même circuit de distribution que les flippers. Ce qui est étonnant dans ce jeu, c’est sa sonorité, qui, comme « Pokemon », fait penser à un mot d’origine asiatique. En 1974, Atari lance un jeu d’arcade nommé « Touch Me », dans lequel 4 boutons lumineux s’allument dans un ordre aléatoire, que le joueur doit ensuite restituer en les pressant à son tour. Mais, ce jeu n’obtient aucun succès. C’est alors que Ralph Baer fabrique un clone, un jeu portable en ajoutant des notes de musiques associées aux lumières. Ce jeu, nommé « Simon », obtient un des plus gros succès de l’histoire du jeu électronique. Là aussi nous pourrions dire qu’il s’agit du pillage d’un jeu déjà existant. Mais Ralph Baer n’a pas seulement cloné ce jeu, il lui a donné une âme, il l’a adapté, lui a donné une existence face à un public demandeur. La concurrence est toujours féroce, mais elle permet à l’industrie comme aux hommes d’être le plus créatif possible.
L’arrivée des premières consoles de jeux L’objectif suivant d’Atari fut de vendre son meilleur jeu « Pong » aux particuliers. Pour cela, Atari décide de lancer une version domestique de Pong, adaptable sur une télévision. Puis, en 1976, Atari sortit le jeu « Breakout » (casse briques), le premier des jeux vidéos classiques les plus complexes. « Breakout » fut très remarqué à sa sortie, non seulement parce qu’il a donné une nouvelle dimension aux jeux vidéos mais aussi parce que son créateur révolutionna par la suite l’industrie du PC, Steven Jobs (le génial créateur d’Apple Macintosh !). En 1977, Atari lance sa propre console de jeux à cartouches. Celle-ci est baptisée le Video Computer System (VCS). Mais tout ceci ne parle que des Etats-Unis et le Japon alors ? Vous pensez peut-être à « Sega » ?
« Sega, c’est plus fort que toi ! » Sega a été fondé en 1954 par un américain, David Rosen ! Qui aurait pu le deviner ? Service Games est le véritable nom de la société. Au départ, celle-ci se concentre surtout sur les machines destinées aux bars, comme les Juke-box ou les flippers. Ce sont surtout les militaires américains qui s’en divertissent dans leurs bases. David Rosen décida d’exporter quelques machines dans les nombreuses bases installées au Japon. Service Games connaîtra vite le succès, dès 1965, la société est en mesure de créer ses propres machines. Les employés japonais n’arrivant pas bien à prononcer Service Games, ils prirent l’habitude d’utiliser le diminutif « Sega ». David Rosen s’en rendit vite compte et c’est ainsi que Sega vit le jour. Sega créa son premier jeu d’arcade en 1966 : « The Periscope », une sorte de bataille navale. Le succès était au rendez-vous et les Japonais se sont vite pris au jeu. Rosen voulait poursuivre sa politique de développement et de commercialisation de jeux d’Arcade ainsi vers la fin des années 70, il le trouva en la personne de Hayao Nakayama qui était, à l’époque, son meilleur client. Et oui, « Sega » connu de tous, même de ceux qui ignorent le monde du jeu vidéo est né de l’alliance, du choc des cultures, du brassage culturel entre les Etats-Unis et le Japon ! Je n’ajouterais rien de plus sur « Sega » car « Sega, c’est plus fort que toi ! » mais moins fort que Nintendo et Sony. Moins fort, car Sega a commis de grosses erreurs. Moins fort, enfin parce que Sega est aujourd’hui évincé de la guerre des consoles. Mais Sega n’est pas mort et peut toujours se prévaloir d’être plus fort que toi en étant devenue l’un des plus gros concepteurs de jeux vidéos toutes consoles réunies et reste le leader du marché des jeux d’Arcade. Juste un mot pour rendre hommage à Sega qui ne cesse de redéfinir le jeu vidéo en créant un jeu 3.D comme « Sub-Rock 3D » ou en utilisant le disque laser et des scènes vidéos animées comme dans « Astron Belt » ou en créant des jeux comme « Shinobi », « Strider », « Streets of Rage », « Quack Shot », « Castle of Illusion », « Landstalker, », « La Légende de Thor », « Thunderforce », « Hellfire », « Mortal Kombat », « Street Fighter », et bien d’autres encore… Sans oublier la mascotte de Sega, « Sonic », dessinée par Oshima San, le hérisson bleu le plus « speedé » du monde !
Les Japonais se lancent dans le marché des jeux vidéos Dans les années 70, Nintendo se rapprocha des enfants et fabriqua des jouets. Les étalages japonais virent l’apparition du « Beam Gun » crée par Gunpeï Yokoi, puis l’Ultra hand, une main électronique, l’Ultra machine, le Love Tester et le Laser clay shooting. Les ventes durèrent près de trois ans, jusqu’en 1973, année de l’arrivée de « Pong ». Yamauchi décida alors que Nintendo se devait d’entrer dans le marché du jeu vidéo. En 1977, en partenariat avec Mitsubishi, Nintendo sortit sa première console de jeu, la Color Tv Game 6. 6 pour 6 variantes de « Pong ». Le succès fut au rendez-vous et l’année suivante, une nouvelle version, la Color Tv Game 15 était commercialisée. Nintendo venait de faire son entrée dans le marché des consoles de jeux. Des six variantes du jeu de « Pong » de Nintendo, nous pouvons en tirer la même conclusion que le clonage du jeu d’Atari « Touch me » par Ralph Baer.
Le premier jeu « micro-informatique » Midway Games lance « Gunfight », le premier jeu à utiliser un microprocesseur plutôt que des circuits électroniques à transistors. Développer par la société Taito, « Gunfight », est aussi le premier jeu d’arcade d’origine Japonaise à connaître une exploitation mondiale. En Mars 1978, Nintendo lance « Computer Othello », un jeu d’arcade très simple d’accès basé sur le célèbre jeu de société. Ce jeu est un élément très important dans l’histoire des jeux vidéos car la société Nintendo, après s’être lancée dans le développement de consoles de jeux entra de plein pied dans le développement de jeux vidéos.
En 1978, pour concurrencer Apple, Atari lance les ordinateurs 8-bits Atari 400 et 800, qui ne sont pas pris au sérieux par le public associant Atari aux jeux. Première erreur de la société Atari. En 1979, la société japonaise, Taito, développa un jeu très célèbre encore de nos jours, « Space Invaders ». Tout de suite, on le trouva dans tous les jeux d’arcade. Au Japon, le jeu « Space Invaders » est reconnu par le ministère de l’économie comme responsable d’une rupture des stocks de pièces de monnaies. Aux USA, on accuse le jeu de provoquer une recrudescence de l’absentéisme des élèves en classe. Ce succès historique est dû à la fois à la qualité du jeu et à une innovation importante, c’est, le premier jeu d’arcade à mémoriser le meilleur score, à proposer aux joueurs de développer leur esprit de compétition qui existe en chacun de nous. Atari contre-attaqua avec son propre jeu : « Asteroides ». Concurrence, concurrence quand tu tiens le marché du jeu vidéo …
L’armée américaine aime les jeux vidéo ! En 1980, un designer d’Atari, Ed Rottberg, crée « Battlezone », le premier jeu en vue subjective 3D de l’histoire, dans lequel le joueur pilote un char dans un champ de bataille. Le ministère de la défense demande à Atari d’étudier une version améliorée du jeu pour l’entraînement de ses soldats. Cet exemple, tout comme celui de « Computer Othello » de Nintendo, est très intéressant car il montre bien que le monde du jeu vidéo a adopté les jeux de société « traditionnels » et notamment le « Kriegspiel » (jeux de guerre, wargames) dans ce cas, pour les faire évoluer selon les besoins et les avancées techniques et culturelles du moment. Durant les années 1979 et 1980, des douzaines d’autres jeux firent également leur apparition. Les joueurs devaient y affronter des robots ou des extra-terrestres. Cependant, le jeu vidéo qui, à cette époque, fit le plus parler de lui ne fut autre qu’un jeu dont le héros est un simple rond jaune.
En 1980, la société japonaise Namco lance « Pac-Man », le jeu vidéo le plus populaire de tous les temps. 300 000 unités du jeu d’arcade sont vendues à travers le monde, et l’on peut compter au moins autant de contrefaçons, dont 100 000 rien qu’aux USA. À l’origine, le jeu devait s’appeler « Puck-Man », mais il fut vite rebaptisé par craintes des mauvais jeux de mots. Personne ne s’attendait à un tel succès ! Il est vrai qu’une petite bébête jaune mangeant des bonus tout en étant poursuivi par des fantômes paraissait trop « mignon » pour connaître un tel succès. Mais les enfants l’adoptèrent très vite, il fut aussi le premier jeu à intéresser les filles comme les garçons et à rapporter autant d’argent ! Il faudra attendre 1999 pour qu’un joueur parvienne à la fin du dernier labyrinthe sans tricher sur une borne d’arcade de Pac-Man. Il s’appelle Billy Mitchell, c’est un Américain et son score final est de 3.333.360 points ! Si ce jeu a créé un véritable phénomène, la « Pac-Mania », il le doit surtout à ces dessins simplistes, presque « enfantins ». Le joueur peut se projeter dans la « peau » de cette bébête jaune qu’il soit garçon ou fille, un rond jaune n’étant ni masculin ni féminin. Ensuite, ce jeu joue sur une peur, une angoisse que tout le monde connaît, les fantômes prêts à vous dévorer dans un labyrinthe dont on se demande comment en sortir ! L’imagerie du labyrinthe nous renvoie aussi à nos propres cauchemars ! Enfin ce jeu propose un Game Play (une façon de jouer) très simple et très complexe à la fois qui permet à tous joueurs d’y jouer, enfants ou adultes.
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| [Jean-Yves Kerbrat] - Cette rubrique hebdomadaire est extraite du manuscrit écrit par Jean-Yves Kerbrat : "L'Empire du Pixel Levant" - Les éditeurs potentiellement intéressés par la publication de cet ouvrage peuvent contacter Jean-Yves Kerbrat directement par email |
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