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Vers une meilleure information des consommateurs dans les jeux F2P ?


Longtemps vu comme le nouvel eldorado du jeu vidéo, le F2P (comprenez " Free To Play ", terme qui catégorise les jeux gratuits à l'utilisation mais qui se rentabilisent à travers des transactions financières effectuées selon la volonté du joueur au sein même du jeu) est aujourd'hui au centre de toutes les polémiques.

Un modèle économique populaire

L'apparition de ce nouveau modèle économique du jeu vidéo s'est vu accorder de l'importance suite à la dématérialisation et démocratisation du contenu vidéo ludique encouragés par l'apparition de nouveaux supports de jeux tels que les smartphones et tablettes. Dans ce contexte, les jeux F2P ont tout pour plaire aux développeurs : peu couteux à créer, ils touchent un public plus important, possèdent un cycle de vie plus long, et une rentabilisation conséquente. Il s'agit également d'un modèle privilégié par les utilisateurs, d'autant plus sur les supports mobiles où plus de la moitié des applications et jeux sont gratuits. Nombreuses sont les success stories qui confirment cette tendance : Farmville du studio Zynga, Candy Crush Saga de King, ou encore Criminal Case de Pretty Simple. Aujourd'hui les nouvelles générations de consoles (Xbox One, PS4, et WiiU) s'intéressent également aux F2P en enrichissant ainsi leurs catalogues à l'aide de jeux dématérialisés, gratuits, et comprenant des achats dits " in-game ".

Au fil des années, les jeux F2P ont dû néanmoins faire face à leurs détracteurs, souvent appuyés par des exemples maladroits de titres où la dimension gratuite de l'expérience de jeu était contestable. C'est l'exemple du récent reboot de la marque Dungeon Keeper par Electronic Arts sur iOS et Android, très largement désapprouvé par la communauté (42% de metacritic), et où le plaisir du jeu était volontairement bridé pour pousser l'utilisateur à payer.

Des craintes exprimées face à ce nouveau business model

Ces émulations autour de cette catégorie, non pas moindre, mais précise de l'industrie vidéo ludique actuelle, a amené la Commission Européenne à s'intéresser au sujet. Début mars 2014, la Commission a alors rencontré différents acteurs de l'industrie du jeu vidéo, des smartphones, et des autorités nationales. Le mot d'ordre est simple : protéger le consommateur face à des procédés de ventes ne respectant pas les règles de transparences. Un utilisateur doit ainsi être informé de la présence de micro-transactions, et de leurs montants réels afin de profiter pleinement de l'expérience que propose le titre en question.

" Tromper les consommateurs est clairement un mauvais business model et va à l'encontre de l'esprit des règles de l'Union européenne sur la protection des consommateurs. La Commission européenne s'attend à des réponses très concrètes de l'industrie des applications quant aux préoccupations exprimées par les citoyens et les organisations nationales de consommateurs " Viviane Reding, vice-présidente de la Commission et commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté.

Un sujet cependant sensible

Si l'initiative est louable quant au respect de l'éthique dans le secteur. Elle peut néanmoins apparaître comme problématique lors de son application par l'industrie. Tout d'abord parce que proposer aux joueurs de choisir entre patienter pour progresser ou payer, est avant tout un outil de communication. Enfin la gratuité des jeux F2P ne repose pas sur un mythe. Seulement 5% des joueurs permettent en effet de rentabiliser un titre, face à 95% d'autres joueurs qui profitent eux de cette gratuité. Un constat qui ne prouve néanmoins pas que l'expérience proposée par le jeu est identique entre un joueur qui paye et un autre qui ne paye pas. Une distinction qui doit pouvoir être éclaircie afin d'indiquer aux consommateurs toutes les informations nécessaires dans l'objectif d'avoir pleinement connaissance de la relative gratuité des titres. La Commission veut ainsi s'assurer que la présentation actuelle des F2P n'induit pas en erreur les consommateurs (et en particulier les enfants) sur l'étendue de leurs obligations et sur le fait que les jeux ne sont pas en réalité totalement gratuits.

Free2Play

Source : www.baekdal.com

  • Article: When Done Right, In App Purchases can be based on Trust [1]. Thomas Baekdal, author, writer, strategic consultant, and new media advocate
  • Article: How In-app Purchases Have Destroyed The Industry? [2] Thomas Baekdal, author, writer, strategic consultant, and new media advocate

Comment établir une règle informative à l'égard des consommateurs sans pour autant défavoriser l'industrie ? Doit-on créer une obligation de transparence auprès des plateformes de distribution, ou éduquer les studios et éditeurs au respect de ces normes éthiques ?

Un nouvel axe de travail pour Capital Games

Comme en 2003 avec l'émergence du système de classification des jeux vidéo, l'industrie travaille toujours à une meilleure information du public sur ce qui leur est proposé. L'information des consommateurs est donc un sujet central depuis toujours pour les entreprises françaises. Travailler en collaboration avec les pouvoirs publics semble alors être une solution enviable pour rassurer le public. Cette démarche ne peut néanmoins voir le jour que par la sensibilisation de l'industrie à ces problématiques.

Capital Games, en tant que soutien opérationnel des acteurs francilien du Jeu Vidéo, a décidé d'intégrer un volet " Ethique & Déontologie " à ses actions. Notre objectif est d'attirer l'attention de tous les acteurs de l'industrie sur cette dimension, aujourd'hui au cœur des problématiques qui touchent le secteur actuel des Jeux Vidéo.

Dans ce contexte, Capital Games s'engage à soutenir ses membres. Le cluster a ainsi lancé la rédaction de deux études complémentaires :

  • " Le Marketing et le F2P ", afin de diffuser les méthodes et les bonnes pratiques de la création d'un jeu vidéo Free To Play.
  • " Ethique et Déontologie du Jeu Vidéo à l'heure de la dématérialisation ", dans l'objectif de sensibiliser et éduquer ses membres aux respects des normes éthiques face aux bouleversements engendrés par la dématérialisation dans ce domaine.

Pour plus d'information : http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-187_fr.htm

Publié le 8 avril 2014 par Emmanuel Forsans

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