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Guide des métiers : Développeur Web

Le métier de développeur web se révèle aussi passionnant que riche en opportunités de carrière


Si l'économie française manque de bouchers, elle manque également de développeurs Web. Alors que les formations en Web design ou en gestion de projet doivent régulièrement refuser des candidats, celles préparant au métier de développeur Web manquent cruellement de candidats.

Guide des métiers : Développeur WebÀ l'instar du métier de programmeur, celui de développeur Web fait peur ! Trop complexe, trop abstrait… Des préjugés qui perdurent depuis de nombreuses années. Pourtant, depuis les débuts du Net, le métier a radicalement évolué et se révèle aussi passionnant que riche en opportunités de carrière. C'est d'autant plus vrai que l'appellation "développeur Web" regroupe en fait deux spécialisations très différentes : développeur Front-End et développeur Back-End.

Développeur Front-End : la face émergée de l'iceberg

Le développeur Front-End est le programmeur en charge de toute la partie visible d'un site. C'est grâce à son travail que les fenêtres s'affichent aux bons endroits, que les boutons et autres liens ouvrent une nouvelle page, ou que vous pouvez ajouter, dans votre propre site, les services de Google Maps ou de AccuWeather… Pour ce faire, le développeur Front-End doit parfaitement maîtriser les deux principaux langages du Web : HTML5 et CSS3. En effet, c'est en utilisant conjointement ces deux technologies que le développeur Front-End réussira à reproduire la mise en page et les fonctionnalités visibles (scroll de pages, fenêtres pop-up, slideshow…), définies dans le cahier des charges réalisé par le chef de projet et/ou le Web designer. Néanmoins, maîtriser HTML5 et CSS3 ne suffira pas à un développeur Front-End pour s'imposer sur le marché du travail. En raison des normes établies par le W3C (World Wide Web Consortium, l'organisme de régulation des standards du Web), le développeur Front-End est en outre grandement responsable du référencement du site. En effet, il suffit que certaines des normes les plus importantes (méta description, balises Alt, non utilisation de Flash…) ne soient pas respectées pour que le site perde d'importants points de référencement. Enfin, si les compétences en HTML5 et CSS3 suffisent à prétendre à un poste, le développeur Front-End a tout intérêt à se former au JavaScript. Ainsi, il pourra travailler sur des projets plus ambitieux et, par conséquent, prétendre à des rémunérations plus élevées.

Développeur Back-End : le cerveau d'un site Web

Alors que le développeur Front-End se charge de la partie visible du site, le développeur Back-End est, lui, responsable de son fonctionnement. Il met en place l'environnement du site Web en configurant les serveurs, les bases de données et les applications Web. Ainsi, lorsqu'un utilisateur se connecte à un site, c'est grâce au travail du développeur Back-End que les bonnes informations sont récupérées. Il en va de même pour chacune des requêtes que réalisera l'utilisateur ou nécessaires au bon fonctionnement du site.

Pour remplir parfaitement sa mission, le développeur Back-End se doit de maîtriser plusieurs langages de programmation, en plus du HTML5 et de CSS3. En effet, on ne communique pas de la même façon avec une base de données, un serveur ou une API. Le développeur Back-End doit donc parfaitement connaître des langages comme PHP, SQL, Python et Ruby. Mais ce n'est pas tout ! Il doit aussi être capable de travailler (et donc de développer) dans des environnements tels que CakePHP, Symfony ou CodeIgniter, qui sont parmi les plus couramment utilisés. Bien évidemment, avec le développement de CMS tels que WordPress, Drupal ou PrestaShop, un développeur Back-End doit bien connaître l'architecture de ces solutions, qu'il aura régulièrement l'occasion de personnaliser pour des clients souhaitant des projets moins coûteux.

Développeur Web
Durée des études : 2 ans
Salaire annuel : entre 25 000 € et 40 000 €


Paroles de professionnel : Antoine Avronsart

Développeur Web depuis 2012 et ancien élève de l'école Autograf

Qu'est-ce qui vous a poussé à entreprendre des études dans le développement Web ?

C'est un peu par hasard que je me suis lancé dans le développement Web. À l'origine, je voulais devenir ingénieur du son, mais ma situation personnelle et les opportunités qui se sont présentées à moi m'ont poussé vers la stratégie de communication, puis vers le métier de développeur Web. J'ai d'abord travaillé à développer ma clientèle en auto-¬entrepreneur, puis, constatant une demande croissante, j'ai décidé de passer le cap de la SARL, afin de donner une réelle dimension "agence digitale indépendante" à mon activité. Aujourd'hui, nous arrivons à sortir entre deux et trois sites Internet par mois, sans compter le travail graphique pour ces sites, mais aussi pour les déclinaisons qu'il peut y avoir. Le marché qualifié de "provincial" par les Parisiens reste une bonne opportunité pour entreprendre dans le Web.

Il semble y avoir une véritable pénurie de développeurs Web. Comment expliquez-vous cette situation ?

Je ne pense pas qu'il y ait une réelle pénurie de développeurs Web, bien au contraire ! Avec l'essor des open classrooms, des formations en ligne gratuites, mais aussi des plates-formes internationales de mise en concurrence, il est de plus en plus difficile aujourd'hui de mettre en avant ses atouts sans que la tarification de la prestation ne vienne s'ajouter à la négociation. Je me retrouve, après cinq années d'études et une réelle prise de risques en ayant créé ma société, à être en concurrence avec des développeurs indépendants et/ou étrangers sur des projets de création de site à 500 €. C'est clairement invivable. J'encourage les développeurs de demain à revaloriser leur secteur, et à rééduquer les clients pour qu'ils comprennent que le résultat du travail du développeur aura un impact certain sur la rentabilité de leur visibilité en ligne.

Quels sont les langages que doit absolument maîtriser un développeur Web ?

Pour un développeur CMS, il est fortement recommandé de maîtriser les langages HTML, CSS et PHP. C'est la base pour pouvoir prendre en main un site de type WordPress ou PrestaShop. On peut parfois se passer de ces langages, mais les maîtriser permet de comprendre la multitude de bugs que nous pouvons rencontrer quotidiennement. Le langage JavaScript est aussi un plus très apprécié.

Avec le recul, quelle a été la plus-value déterminante de votre formation ?

La compréhension des différents métiers qui composent le secteur du digital. À mon sens, se restreindre au seul métier de développeur est une erreur, même si c'est la profession à laquelle on aspire. Quoi de plus appréciable pour le client que de pouvoir tenir avec nous une discussion intéressante par rapport à son métier, au milieu artistique, à l'architecture ? C'est cela qui crée des liens avec nos clients et nos fournisseurs, et permet d'enrichir nos créations en ligne. Cette formation permet de découvrir d'autres aspects que le simple métier de développeur, et il ne faut pas s'en passer !

Quelles sont les technologies qu'un développeur Web devra connaître dans les mois ou années à venir ?

Il y en a beaucoup. Mais principalement, prendre en compte la dimension responsive, de plus en plus demandée par les clients, surtout lorsqu'on voit que la consultation de sites sur mobile dépasse aujourd'hui celle sur ordinateur. Ne négligez pas ce travail donc ! D'autres technologies sont en phase d'intégration sur le Web, comme la prise de vue à 360°, ou la mise en place d'outils e-marketing. De plus en plus d'outils se professionnalisent, et les entreprises ont besoin de développeurs pour les mettre en place, et ainsi augmenter leur rentabilité. Il faut rester en éveil et être capable d'instaurer rapidement ces différents éléments.

Quel est, selon vous, le prochain cheval de bataille des développeurs Web ?

Il faut rester au maximum à l'écoute des mutations du secteur, mais également valoriser notre profession. Nous ne bénéficions pas de publicité attrayante sponsorisée par l'Etat comme l'artisanat, alors que notre métier devrait, à mon sens, figurer dans cette catégorie de métiers qui demandent beaucoup d'attention. Créer un site Internet, c'est comme construire une maison ! Si les fondations sont bancales, on risque de se heurter à beaucoup de problèmes. Notre contrainte à nous est de faire face à une vision externe de notre métier qui est celle du "fourre-tout", qui se résumerait par cette phrase : "Jeunes, vous ne savez pas quoi faire ? Lancez-vous dans le développement Web !" Ce n'est pas l'image qu'il faut donner de notre métier. À tous les futurs développeurs, changeons les choses !


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Cette fiche est extraite du hors série "Guide des métiers et des écoles du numérique - 2017" édité par Jeux Vidéo Magazine disponible en kiosque jusqu'au 31 janvier 2017. Ci-contre cliquez pour découvrir des extraits des autres métiers.

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Publié le 28 décembre 2016 par Emmanuel Forsans

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