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Initial Cut, l’incubateur de projets nouveaux médias interactifs
Initial Cut aujourd'hui Initial Cut a contribué à la production de 17 projets sélectionnés (maquettes et documents de création) issus de 3 appels à projets internationaux auxquels plus de 1200 auteurs de 23 pays différents ont répondu. Pour financer les travaux d’écriture et la production des maquettes, Initial Cut a signé des conventions avec Magelis Angoulême, la Commission Européenne (Programme Media), le CNC, et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Valenciennes, obtenant des subventions à hauteur de 600 000 € (4 millions de Francs). Pour satisfaire à l’intégralité de sa mission, Initial Cut a entrepris dès la fin 2002 un travail de commercialisation des projets contractés pour lui permettre de réaliser la vente des maquettes en vue d’une production intégrale du projet. Le prochain appel à projets devrait être lancé en 2004.
Pour qui, pourquoi ? Initial Cut veut faire naître et développer des projets d'auteurs et d'équipes créatrices en finançant les maquettes, pilotes et design documents au plan international. La création d’Initial Cut est une initiative de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) qui veut permettre aux auteurs et créateurs des nouveaux médias de prendre une place significative dans l’économie des contenus au plan international. Pour ce faire, Initial Cut s’est fixé un objet social ouvertement commercial, s’est pourvue d’un budget adapté, et a constitué une équipe opérationnelle.
Initial Cut veut jouer un rôle « d’incubateur » de projets, pour révéler et faire émerger des prototypes éditoriaux pouvant trouver leur place dans l’économie de marché des contenus. Le monde de la production et de l’édition des nouveaux médias est entré dans une nouvelle phase de son évolution : la recherche de nouveaux contenus forts et innovants, capables de trouver leurs publics et de fédérer des audiences. Selon les besoins, cette recherche s’oriente en direction des auteurs et créateurs indépendants, des équipes de création constituées au sein de sociétés de production, des départements de R&D, des écoles et universités, ou des réseaux de créatifs sur internet. Le pré-développement de projets, étape primordiale du processus de production, nécessite un investissement initial et un encadrement structurel qui permettent de définir l’intention, la conception, la réalisation, les ressources humaines, technologiques et financières, et de tester la viabilité des projets. Initial Cut propose aux acteurs des nouveaux médias d’externaliser une partie de la recherche et du pré-développement de projets en prenant à sa charge les conditions d’émergence et de finalisation de concepts et design initiaux qui, pour être en phase avec les besoins et attentes exprimés, doivent apporter une force créatrice originale, et contribuer au renouvellement des genres éprouvés. En portant chaque année un nombre significatif de projets d’envergure internationale au seuil de faisabilité technique, juridique et éditoriale, Initial Cut permet la mise en relation des équipes créatrices indépendantes avec les entreprises de l’édition et de la production des nouveaux médias au plan mondial ; ces dernières conservant leurs prérogatives économiques, culturelles et méthodologiques pour la phase de mise en production. QUESTIONS ESSENTIELLES 1 - Pourquoi Initial Cut ? Baptiser « Initial Cut » une société de pré-développement de projets est une référence clin d’œil au final cut que défendent les réalisateurs dans l’audiovisuel et le cinéma. Ces dernières années, dans les nouveaux médias, trop peu de programmes interactifs mis sur le marché sont nés de l’initiative et de la volonté des auteurs et des équipes créatrices. « L’Initial Cut » est à la fois un combat culturel et économique : il s’agit de sortir du formatage marketing des produits de l’entertainment tout en conservant l’exigence de viabilité des programmes pour un grand public international. 2 - Comment réalisez-vous cette « quadrature du cercle » ? Pour qu’un projet ambitieux soit viable, il faut une phase d’alchimie avant une seconde phase de chimie industrielle. Initial Cut est un incubateur. Les beaux bébés interactifs naissent d’un ménage à trois entre concepteur, designer et développeur, et non de remake de produits génétiquement modifiés. Nous ne lâchons pas les projets avant qu’il ne puissent se rendre aux studios de productions sur leurs deux jambes. 3 - Pourquoi cette idée est-elle née à la SACD ? La SACD se bat avec d’autres sociétés d’auteurs pour que les créateurs qui travaillent pour les nouveaux médias aient un réel statut d’auteur comme c’est le cas pour l’audiovisuel. Il était normal de vouloir prouver à travers une société comme Initial Cut que ces auteurs apportent aux projets bien plus qu’une prestation technique, et que les œuvres qu’ils produisent pour Internet ou pour les supports numérique font partie intégrante des répertoires de ces sociétés d’auteur. 4 - Quels projets incubez-vous ? Chaque année, au premier jour du printemps, nous lançons un appel à projets international à destination du réseau de créateurs que nous avons constitué depuis plus de trois ans. Nous sommes à chaque fois assez directifs quant à la nature et au genre de projets que l’on souhaite recevoir. Nous voulons des sujets à valeur interactive enrichie, qui soient assez forts pour supporter des écritures multi plates-formes. 5 - Que se passe-t-il après ? Commençons par ce qui se passe avant : pendant tout l’hiver qui précède nous effectuons une veille éditoriale et technique pour analyser les tendances chez les éditeurs, producteurs, distributeurs et diffuseurs en ligne pour avoir une vue la plus précise possible de ce qui sera attendu un an plus tard en terme de genre et de formats. Ensuite nous nous décalons sensiblement par rapport à cette attente pour apporter notre valeur ajoutée. Par exemple, nous pensons que les jeux de simulation pour les futures consoles ont tout à gagner à s’inscrire dans des univers de fiction scénarisée. 6 – Que faites-vous des projets retenus ? Nous agissons en véritable comité éditorial en discutant avec les auteurs sur la base d’un cahier des charges de conception. Nous prévoyons un budget de développement d’une maquette, d’un prototype ou d’un pilote, avec un véritable plan de pré-production. Ce qu’on souhaite obtenir au bout de cinq à six mois de collaboration avec les créateurs, c’est un « package éditorial » prêt à produire et l’équipe qui va avec. 7 – Sur quelles bases contractuelles travaillez-vous ? Nous signons un contrat d’auteur avec chacun des créateurs de l’équipe qui prévoit l’achat par Initial Cut des droits d’exploitation mondiale pour l’œuvre à produire. Dans certains cas, nous passons des accords de co-production préalables avec les équipes créatrices, lorsque celles-ci se sont constituées en société commerciale, pour tenir compte des investissements qui ont déjà été effectués sur le projet. 8 – Pourquoi s’arrêter à cette phase de pré-développement ? Nous n’avons pas vocation à produire nous-mêmes, ce n’est pas notre métier. Nous apportons aux professionnels des contenus nouveaux médias un souffle d’air frais à leur ligne éditoriale. Nous sommes un vivier à projets et tenons à le rester. Notre modèle économique est explicite de ce point de vue : Initial Cut garde une part de co-production dans le montage final et réinvestit ses bénéfices dans le pré-développement de nouveaux projets. 9 – Comment faites-vous la promotion de vos projets ? Nous nous obligeons à couvrir chaque année les dix manifestations internationales des nouveaux médias les plus représentatives, aussi bien européennes que nord et sud-américaines, asiatiques ou australiennes. Nos supports de communication aux professionnels sont d’emblée trilingues et les maquettes des projets bientôt accessibles en ligne sur notre site. 10 – Pensez-vous aborder d’autres genres que celui des médias interactifs ? C’est en effet une idée que nous commençons à caresser. Le cinéma numérique permet aujourd’hui l’expression de nouvelles écritures. La technologie s’efface et l’imaginaire peut occuper une place centrale dans la création, à tel point que nous envisageons également de nous ouvrir à des formes de spectacles vivants interactifs… une façon de boucler la boucle pour renouer avec la culture populaire issue de la tradition orale. |
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