4 juin 2003

Avec 43 %, la France se situe toujours parmi les pays européens affichant les plus forts taux de piratage de logiciels professionnels

 

Business Software Alliance (BSA) publie sa huitième étude annuelle sur le piratage de logiciels professionnels dans le monde. L’étude conduite par International Planning and Research (IPR), dans 85 pays, révèle que le piratage dans le monde enregistre une légère baisse en 2002, avec pour conséquence un manque à gagner s’élevant à plus de 13 milliards de dollars pour les éditeurs.

Taux de piratage
  2001 2002
France 46 % 43 %
Europe Occidentale 37 % 35 %
Monde 40 % 39 %

En dépit d’une baisse de 3 points par rapport à 2001, la France, avec 43 % de copies illégales de logiciels professionnels en 2002, affiche toujours un taux de piratage largement supérieur à la moyenne européenne. Elle se classe ainsi dans le peloton de tête des pays européens enregistrant le plus fort taux de piratage, derrière la Grèce (63 %), l’Espagne et l’Italie (47 % respectivement).

" Avec un taux de piratage de 43 %, la contrefaçon touche près d’un logiciel sur 2 en France. Certes, ce taux a baissé de 3 points en un an mais nous ne considérons pas pour autant cela satisfaisant en comparaison des 6 points de hausse enregistrés en 2001. La France affiche encore un des plus mauvais résultats d’Europe Occidentale. C’est pourquoi BSA France est plus que jamais déterminée à poursuivre et à renforcer ses actions d’information et de sensibilisation afin de lutter contre l’acceptabilité sociale qui entoure ce phénomène et faire respecter le droit de la Propriété Intellectuelle applicable au logiciel. " explique Bertrand Salord, porte-parole de BSA France.

" Nous partageons la volonté des pouvoirs publics de relancer la lutte contre la contrefaçon, et l’annonce par Nicole Fontaine, Ministre déléguée à l’Industrie, d’un Plan d’action 2003-2004 constitue une avancée majeure. En tant que porte-parole de l’industrie du logiciel, BSA France s’associe à cette lutte au travers des travaux du CNAC* et du CSPLA**, dont elle est membre." conclut-il.

* Comité National Anti-Contrefaçon, dont le Président est M. François d'Aubert

** Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique

Evolution du taux de piratage des logiciels professionnels en Europe Occidentale

  2001 2002
Allemagne 34 % 32 %
Autriche 33 % 30 %
Belgique/Luxembourg 33 % 31 %
Danemark 26 % 24 %
Espagne 49 % 47 %
Finlande 27 % 25 %
France 46 % 43 %
Grèce 64 % 63 %
Irlande 42 % 42 %
Italie 45 % 47 %
Norvège 34 % 32 %
Pays-Bas 39 % 36 %
Portugal 43 % 42 %
Royaume-Uni 25 % 26 %
Suède 31 % 29 %
Suisse 33 % 32 %
TOTAL EUROPE OCC. 37 % 35 %

Bilan de l’évolution du taux de piratage depuis 1994

Malgré le constat d’une certaine stagnation depuis 3 ans, le taux mondial de piratage de logiciels a baissé de 10 points au cours des huit dernières années. Il s’est établi à 39 % en 2002, alors que son plus haut historique était de 49 % en 1994. En Europe occidentale, ce taux a baissé de 17 points, passant de 52 % à 35 %.

En Europe, BSA attribue cette baisse à une meilleure prise de conscience du problème au sein des entreprises et à une sensibilisation croissante au thème de la gouvernance d’entreprise dans beaucoup de pays européens.

" Bien que le piratage ait sensiblement reculé en Europe occidentale au cours de ces huit dernières années, il n'y a assurément pas lieu de relâcher notre effort. Le piratage représente encore plus d'une application sur trois, ce qui pèse sur les économies de la région. En effet, toute amélioration supplémentaire apporte un énorme avantage potentiel aux économies nationales en termes de création d'emplois et de recettes fiscales." déclare Beth Scott, Vice-Présidente de BSA pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique.

Au niveau régional, l’évolution des taux de piratage est la suivante :

  1994 2002
Europe occidentale 52 % 35 %
Europe orientale 85 % 71 %
Moyen-Orient/Afrique 80 % 49 %
Amérique du Nord 32 % 24 %
Amérique latine 78 % 55 %
Asie/Pacifique 68 % 55 %

Europe occidentale : Le taux de piratage a baissé de 17 points en Europe occidentale, passant de 52 % à 35 %, soit le troisième meilleur taux, toutes régions confondues. C’est en Irlande que l’amélioration est la plus sensible : le piratage y est tombé de 74 % en 1994 à 42 % en 2002. L’Espagne vient ensuite avec une amélioration de 30 %, les taux reculant de 77 % à 47 %. En Finlande comme aux Pays-Bas, le recul s’établit à 28 points. En revanche, la France, sur la même période, n’a abaissé son taux que de 10 points, bien en dessous de la moyenne européenne.

Europe de l’Est : Le taux de piratage en Europe de l’Est a reculé de 14 points, passant de 85 % en 1994 à 71 % en 2002 ; c’est la quatrième région où l’amélioration est la plus sensible. Les progrès les plus importants sont ceux de la Slovénie, dont le taux de piratage a diminué de 37 points, passant de 96 % à 59 %. Puis vient la Hongrie avec une chute de 31 points, de 76 % en 1994 à 45 % en 2002. Le taux de piratage en Russie n’a chuté que de six points, de 95 % en 1994 à 89 % en 2002. La baisse a été aussi de six points en Ukraine, passant de 95 % à 89 % également.

Moyen-Orient/Afrique : Cette région est celle où l’amélioration est la plus forte, avec une réduction de 31 points du taux de piratage, passant de 80 % en 1994 à 49 % en 2002. Au Moyen-Orient, le taux de piratage est tombé de 84 % en 1994 à 50 % en 2002, soit une baisse de 34 points, qui résulte d’une amélioration dans tous les pays. C’est aux Émirats arabes unis que les progrès sont les plus nets puisqu’ils atteignent 50 points, de 86 % en 1994 à 36 % en 2002. En Afrique, le taux de piratage baisse de 29 points, de 77 % en 1994 à 48 % en 2002. L’Afrique du Sud enregistre une baisse de 30 points, de 64 % en 1994 à 34 % en 2002, tandis que la baisse est de 32 points en Égypte, de 84 % en 1994 à 52 % en 2002, ce qui en fait le pays d’Afrique où l’amélioration est la plus grande.

Amérique du Nord : L’Amérique du Nord présente le taux de piratage le plus bas du monde. Il a reculé de 32 % en 1994 à 24 % en 2002. Avec 23 % en 2002, le taux de piratage aux États-Unis a baissé de huit points par rapport à 1994, et reste le plus bas de tous les pays au niveau mondial. Le taux de piratage au Canada était de 39 %, soit une baisse de 7 points par rapport aux 46 % de 1994.

Amérique latine : Enregistrant une amélioration qui n’est surpassée que par celle de la région Moyen-Orient/Afrique, le taux de piratage de l’Amérique latine a baissé de 23 points entre 1994 et 2002. La chute la plus sensible, 33 points, est constatée au Guatemala, où le taux passe de 94 % en 1994 à 61 % en 2002. Au Salvador, la baisse a été de 29 points, ce qui ramène le taux de piratage de 97 % en 1994 à 68 % en 2002. Au Costa Rica, comme en République dominicaine, les taux de piratage ont baissé de 28 %, les deux pays revenant de 89 % en 1994 à 61 % en 2002. Pour les deux plus grands pays d’Amérique latine, Brésil et Mexique, la baisse est respectivement de 22 et 23 points. Au Brésil, le taux de piratage tombe de 77 % en 1994 à 55 % en 2002. Au Mexique, il régresse de 78 % en 1994 à 55 % en 2002.

Asie/Pacifique : Le taux de piratage de la région Asie/Pacifique s’est amélioré de 13 points, passant de 68 % en 1994 à 55 % en 2002. La baisse la plus importante dans la région est enregistrée au Japon, où ce taux passe de 66 % en 1994 à 35 % en 2002. Vient ensuite Taiwan avec une baisse de 29 points, de 72 % en 1994 à 43 % en 2002. Aux Philippines, le recul est de 26 points, de 94 % en 1994 à 68 % en 2002. La Corée enregistre une baisse de 25 points, de 75 % en 1994 à 50 % en 2002.


Méthodologie de l’étude

BSA a confié la réalisation de cette étude à la société d’études indépendante International Planning and Research Corporation (IPR). L’étude, effectuée à partir des chiffres de ventes et d’informations sur les marchés des six grandes régions du monde, s’est intéressée à vingt-six applications logicielles à vocation professionnelle. Elle repose sur le rapprochement de deux séries de données : la demande de nouvelles applications logicielles et l’offre licite de nouvelles applications logicielles. Les données proviennent de deux sources primaires : les données sur les ventes de logiciels, fournies par les entreprises membres de BSA et les statistiques de marché fournies par une société d’études de marché spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication, MetaFacts, Inc.

Pour estimer la demande de logiciels, IPR se fonde sur les ventes de micro-ordinateurs et sur des études de marché complémentaires afin d’établir des hypothèses quant aux applications logicielles installées sur les PC (la demande) et aux applications régulièrement fournies (l’offre). Les calculs effectués pour parvenir à ces hypothèses tiennent compte du fait que certains logiciels sont installés sur des machines existantes et d’autres sur des machines neuves. Il est important de noter que l’étude mesure le piratage en pourcentage des logiciels installés au cours d’une année, en l’occurrence l’année 2002. Les pourcentages indiqués ne se rapportent pas à l’ensemble des logiciels installés depuis l’origine, ni à l’ensemble des logiciels actuellement utilisés.

(c) Business Software Alliance

 

[BSA]