mardi, 26 décembre 2006

3D Interactive et Réalité Virtuelle

Bien au delà des jeux, une utilisation au quotidien du marketing à l'industrie

 

 

A l'occasion de sa 4e réunion* le Club Ventech a reçu la société Virtools.

* Les réunions du Club Ventech ont pour objet de faciliter les échanges entre les souscripteurs et les sociétés du fonds, dans une optique de promotion des nouvelles technologies.    

 

Bertrand DUPLAT, Président et CTO de Virtools, a démarré par une rapide présentation de son entreprise. Créée fin 1993, celle-ci conçoit des technologies permettent le développement et le déploiement d’applications 3D à interactivité riche avec trois exigences : minimiser les risques, les délais et les coûts de développement pour ses clients.

Son produit phare, " Virtools Dev ", s’inscrit dans une gamme complète qui comporte une des outils de création de contenus 3D temps réel . Cette suite logicielle est vendue en Europe, où l’entreprise réalise 63% de son chiffre d’affaires, aux Etats-Unis (25%) et en Asie (10%).

   


Bertand Duplat
Président Virtools

Historiquement liée au Jeu vidéo, la firme a conquis de nouveaux marchés comme la Simulation et à la Réalité Virtuelle (comme l’aéronautique, l’énergie, l’automobile, etc.) et le marketing multimédia. Son principal défi est d’ailleurs de continuer à diffuser les technologies 3D pour des usages non ludiques.

Ainsi, la 3D Interactive de Virtools permet à des utilisateurs de visualiser et de modifier un même prototype à distance. Un processus que Bertrand BUPLAT a baptisé, en conclusion : " iteractivité ".

 

Olivier ROCHE, Directeur Marketing de la société, a rebondi pour souligner que cette capacité à simplifier les échanges autour d’un objet virtuel était le principal atout des solutions Virtools. Cet atout, a-t-il rappelé, séduit déjà de nombreux secteurs.

Tel est le cas de l’industrie, qui applique les solutions Virtools dans des domaines aussi variés que les revues de projet, les tests d’ergonomie ou les études d’assemblage. Ici, la 3D Interactive neutralise les risques inhérents aux situations réelles et allège les opérations en délais et en coûts.

A cet égard, l’exemple des activités nucléaires d’EDF est significatif : grâce à des modules en 3D Interactive, l’entreprise a pu sécuriser la formation de certains manipulateurs, tout en s’épargnant d’immobiliser une centrale.

La 3D Interactive a également ouvert de nouvelles perspectives dans le secteur du marketing multimédia : elle a permis la vente sur plan ou la personnalisation de produits comme dans le secteur automobile, où la communication via la 3D interactive permet d’adresser de façon spécifique et bilatérale un ensemble d’utilisateurs.

Quant aux publicités en 3D Interactive, elles sont plus légères et plus rapides que les campagnes classiques, car elles sont immédiatement diffusables sur l’Internet. Souvent présentées sous forme de jeu, elles permettent, en outre, davantage d’implication du public.

En conclusion, Olivier ROCHE a invité tout un chacun à découvrir les démonstrations présentées sur le site www.virtools.com, et a souhaité le développement futur des technologies 3D dans de nouveaux domaines tels que la Médecine ou l’urbanisme.

 

Susanna LOTZ a ensuite évoqué sa propre expérience des solutions Virtools : productrice sur Arte, elle a utilisé la 3D Interactive pour créer des prolongements de l’émission " Archimède " sur le site www.arte-tv.com : ces prolongements ont pris la forme de six modules interactifs.

Le module le plus complexe porte sur les satellites : il offre une base de connaissance de plus de 6.000 chiffres que l’internaute peut croiser. Un autre module, consacré aux cyclones, permet de combiner une série d’éléments comme l’eau et le vent pour visualiser leurs effets et comprendre exactement comment se forment les cyclones.

Parallèlement, Arte a proposé un jeu d’architecture en 3D dont le but était de construire, par assemblage, un bâtiment. L’usage d’une telle technologie, a témoigné Susanna LOTZ, permet de fidéliser le public tout en établissant un lien direct avec les internautes.

 

Pascal GAVERIAUX est revenu, quant à lui, sur son utilisation de la 3D Interactive pour le lancement des Renault Mégane et Scénic. Responsable de la communication interactive au sein de Publicis Networks, il a en effet confié la réalisation de deux jeux en 3D à Virtools.

" Le torture test lunaire virtuel ", diffusé sur www.megane.renault.fr, et " Au volant du Scénic dans le Far West ", présenté sur www.scenic.renault.fr, sont des essais automobiles dans des contextes graphiques précis : la lune pour le premier et l’ouest américain de 1895 pour le second.

Soulignant qu’Internet est à la fois une vitrine et un générateur de business, Pascal GAVERIAUX a estimé que la campagne avait proposé une expérience propre à générer des essais réels, tout en privilégiant une approche originale susceptible d’être mémorisée.

Interrogé sur l’impact de ces campagnes, il a ensuite révélé que le spot Mégane était nommé au Topcom 2003. Bertrand DUPLAT, pour sa part, a précisé que ces animations avaient été réalisées en quatre semaines, contre 24 mois pour un jeu vidéo.

 

Puis Nicolas CHEVASSUS, chef de service au sein du département ITP de EADS CCR, a évoqué le principal atout de la Réalité virtuelle pour l’aérospatiale : son aptitude à simplifier les discussions entre partenaires d’un projet grâce à la réalisation de maquettes numériques.

Pour Eurocopter, par exemple, les solutions Virtools ont débouché sur un show room virtuel et interactif, celui-ci permettant, d’une part, de modifier l’hélicoptère à la demande du client et, d’autre part, d’étudier ces modifications avec les bureaux de style.

Mais l’usage de ces technologies ne s’est pas limité à la communication : EADS a aussi exploité la Réalité virtuelle dans l’ingénierie (cockpit virtuel de l’A400M), la maintenance (aide au montage / démontage) et le spatial (validations de missions Ariane 5).

 

Nicolas CHEVASSUS a donc salué l’apport considérable de la Réalité virtuelle dans les domaines où la conception est tournée vers l’homme. En conclusion, il a insisté sur la nécessité de pouvoir transférer les données de CAO vers la Réalité virtuelle.

 

Arnaud LESERVOT, du CEA, a ensuite rappelé que son Laboratoire, le LIST, avait recours à deux technologies : la Réalité virtuelle pour une aide à la conception industrielle, et la Réalité augmentée pour la formation et la maintenance.

Il a cité, à cet égard, l’exemple d’ALSTOM, avec qui deux projets sont menés. Le premier, " EMM3D ", récrée l’environnement d’une machine en Réalité virtuelle et, de ce fait, améliore l’efficacité des formations.

Le second projet, " AMRA ", utilise la Réalité augmentée pour l’assistance à la maintenance : grâce à cette technologie, les agents visualisent le point défaillant sur la machine ; une bulle d’information apparaît à cet endroit et leur apporte une réponse adaptée.

 

Sur la base de ce constat, Arnaud LESERVOT a estimé que de vastes perspectives s’ouvraient à ces applications. Ainsi a-t-il conclu en prédisant que la DCN, qui souhaite réduire ses équipages, aurait bientôt besoin de tels outils pour former rapidement ses techniciens.

 

Interrogé sur la possibilité d’utiliser ces modèles au quotidien, Bertrand DUPLAT a évoqué des recherches en ce sens. Il a conclu la réunion en annonçant que Virtools travaillait au développement d’outils simplifiés, exploitables sur des milliers d’ordinateurs.

 

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