JIRAF a accueilli avec intérêt le rapport de M. Fabrice Fries. L’association salue la parfaite description des mécanismes de l’industrie du jeu vidéo, et la pertinence de l’analyse de la situation actuelle de ce secteur en France. JIRAF souhaite néanmoins réagir aux cinq propositions visant à développer l'industrie du jeu vidéo en France soumises par M. Fabrice Fries à la fin de son rapport. Les propositions de M. Fabrice Fries préconisent une industrialisation favorisant les studios de développement capables d’assumer la production de jeux à gros budgets, dans l’espoir que leur succès entraînera des retombées positives sur les studios plus modestes. C’est une approche ambitieuse qui a le potentiel de créer des emplois et de permettre la réalisation de jeux reconnus au niveau international. Néanmoins, JIRAF craint que cette voie ne pénalise l'innovation en faveur de la production. Les studios modestes sont en effet le berceau de la créativité, et JIRAF craint que les retombées positives des jeux à gros budgets se fassent trop attendre pour assurer leur pérennité, que leur survie ne tienne qu'à la bonne volonté des plus gros studios. Seule la troisième mesure proposée par le rapport serait en mesure d'apporter un plus à ces petits studios en leur offrant l’accès au crédit d’impôts recherche sur la R&D du jeu vidéo et sur une partie de la pré-production. Cette mise à l’écart des studios modestes est une erreur. La France, par la qualité de son enseignement et sa culture, dispose incontestablement de l’atout créatif. Priver notre industrie de cet avantage et essayer de concurrencer des pays comme le Canada - où l'Etat soutient l'industrie plus que la France ne pourrait le faire - ou encore les pays de l'Europe de l'Est sur ce terrain risque de condamner notre industrie à moyen terme. JIRAF préconise donc avec vigueur l'ouverture du fond de production (première proposition du rapport) à des budgets plus faibles afin de le rendre accessible aux studios modestes. Par ailleurs, JIRAF regrette que le concept du financement du jeu vidéo par le jeu vidéo n'ai pas été proposé. La mise en place d'une taxe de création sur tous les jeux vidéo vendus sur le territoire européen pourrait financer un fond capable de donner un nouveau souffle à l’industrie, et permettre à des structures plus petites et plus créatives de survivre et de se développer. Enfin, JIRAF porte également une attention particulière au débat sur le futur contrat de projet (cinquième proposition du rapport), susceptible de dégrader davantage les conditions sociales des créateurs de jeux. L’association, forte de ses 250 adhérents et des 1 150 professionnels, émet le souhait d’y participer, en tant que représentant des salariés du secteur du jeu vidéo. Pour conclure, JIRAF se permet de souligner que les propositions de ce rapport ne s’intéressent pas suffisamment aux studios modestes et que l'innovation, bien qu'encouragée dans l'analyse, n'est pas privilégiée de manière concrète.
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| [JIRAF] |
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