En deux décennies, l’industrie du jeu vidéo a connu une croissance exceptionnelle. En 2001, son marché mondial s’est élevé à plus de 20 milliards de dollars. Cet essor a notamment eu pour origine la mise sur le marché de nouveaux terminaux fixes ou portables, plus puissants et interactifs. En effet, l’arrivée de nouvelles consoles de jeu vidéo bénéficie très largement aux éditeurs, la vente d’une unité entraînant celle de trois ou quatre jeux. La France dispose d’un tissu performant d’une cinquantaine de studios de développement de jeux vidéo, à l’origine de nombreux titres à succès. Cette industrie dynamique connaît des difficultés de financement depuis l’éclatement de la bulle internet. Trois sociétés françaises (Infogrames, Vivendi Universal Games, Ubisoft) figurent parmi les douze premiers éditeurs indépendants mondiaux. La France possède également de nombreux studios de développement, renommés pour leur créativité. Conscient de l’importance économique de ce secteur, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a affirmé son soutien à l’industrie française du jeu vidéo, le 15 novembre 2002. Il a notamment annoncé que le Fonds d’aide à l’édition multimédia (FEAM) serait doté de 6 M€ en 2003 (contre 5 en 2002). Le Premier Ministre a également indiqué que les appels à projet du Réseau d’innovation audiovisuel et multimédia (RIAM) seront désormais accessibles aux sociétés productrices de jeux vidéo.
Le rapport Fries sur les jeux vidéo Une mission d’étude sur le développement de l’industrie du jeu vidéo en France a été confiée en 2003 à Fabrice Fries, conseiller référendaire à la Cour des comptes. Cette mission s’est inscrite dans le prolongement des mesures annoncées par le Premier ministre en avril 2003 pour soutenir un secteur ayant particulièrement souffert ces trois dernières années. A l’issue de sa mission, le rapporteur propose d’inscrire la création et la production de jeux vidéo parmi les éléments de l’attractivité du territoire, estimant essentiel que le dynamisme des studios de création français soit renforcé et que les grands éditeurs internationaux soient incités à développer davantage de jeux en France et en Europe. Le rapport développe plusieurs propositions en vue de soutenir l’investissement dans le secteur du jeu vidéo en France, parmi lesquelles :
Le rapport relève aussi que l’industrie du jeu suscite un intérêt nouveau dans d’autres pays européens, notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne et dans les pays scandinaves qui ont une approche convergente. Au-delà des propositions du rapporteur, la ministre proposera très rapidement à ses homologues européens d’inscrire ce sujet à l’ordre du jour de prochaines réunions. Nicole Fontaine rappelle que cette mission s’est inscrite dans le prolongement des mesures annoncées par le Premier ministre en avril dernier pour soutenir un secteur ayant particulièrement souffert ces trois dernières années. Elle s’est félicitée du bon accueil réservé par la profession à ces premières mesures, notant que le jeu vidéo est un domaine où la créativité, la capacité d’innovation et l’excellence françaises se sont exprimées avec le plus de force ces dernières années. Son dynamisme, son potentiel de création d’emplois qualifiés, notamment chez les jeunes, la place croissante qu’il occupe dans l’éducation, le temps de loisirs et l’imaginaire des enfants justifient pleinement l’attention des pouvoirs publics.
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