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Le ministre de l'Emploi annonce le rétablissement
des droits des chômeurs "recalculés" |
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Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Emploi, du Travail et de la
Cohésion sociale, a annoncé lundi sur France 2 le rétablissement par
décret des chômeurs "recalculés" dans leurs droits, moyennant un
aménagement de la créance du gouvernement sur l'Unedic de 1,2 milliard
d'euros sans hausse de cotisation.
Devant le "risque d'annulation de l'ensemble des conventions devant
le Conseil d'Etat dans quelques jours, une situation qui aurait été
dramatique pour tout le monde, les cotisants, les chômeurs, il fallait que
l'Etat prenne ses responsabilités, c'est fait à partir d'aujourd'hui",
a annoncé M. Borloo.
"Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin m'a autorisé à prendre
les mesures d'agrément ou de décret pour financer normalement le paiement
des cotisations chômage pour tous les chômeurs", a précisé le
ministre.
Dans un communiqué, le ministère de l'Emploi a expliqué qu'après que
les partenaires sociaux gestionnaires de l'Unedic ont "demandé
l'intervention de l'Etat afin de trouver une issue à la crise, le
dispositif suivant a été arrêté :
- les demandeurs d'emploi en cours d'indemnisation au 1er janvier
2003 et qui ont perdu du fait de la conversion des droits leurs
allocations depuis le 1er janvier 2004 sont rétablis dans leurs droits.
- l'Etat prendra toutes dispositions permettant l'application de la
convention du 1er janvier 2004, ainsi aménagée.
- le gouvernement aménagera sa créance sur l'Unedic de 1,2 milliard
d'euros afin de faire face au coût supplémentaire entraîné par la
réintégration. Cette créance ne sera remboursable que par les excédents
à venir de l'Unedic".
Communiqué AFP
Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, a
annoncé lundi sur France 2 le rétablissement des droits des "recalculés",
moyennant un aménagement de la créance de 1,2 milliard d'euros de l'Etat
sur l'Unedic mais sans hausse de cotisation, refusée par le Medef.
Le Medef et la CGT chômeurs, qui a parlé d'"énorme victoire" se
sont félicité de la sortie de la crise. Les syndicats ont toutefois estimé
que l'avenir de l'Unedic n'était pas réglé.
"Les partenaires sociaux peuvent à nouveau travailler dans un
paritarisme j'espère apaisé", a déclaré le ministre.
M. Borloo a par ailleurs annoncé la tenue, "dans quelque temps",
d'une "grande réunion de tous les partenaires sociaux", signataires
ou non la convention s'assurance-chômage, afin de "regarder la réalité
de l'indemnisation en France", un système qui, a reconnu son ministère
dans un communiqué, a "montré certaines limites".
Devant le "risque d'annulation de l'ensemble des conventions devant
le Conseil d'Etat dans quelques jours, une situation qui aurait été
dramatique pour tout le monde, les cotisants, les chômeurs, il fallait que
l'Etat prenne ses responsabilités, c'est fait à partir d'aujourd'hui",
a annoncé M. Borloo.
Il a indiqué que le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, l'avait "autorisé
à prendre les mesures d'agrément ou de décret pour financer normalement le
paiement des cotisations chômage pour tous les chômeurs".
En premier lieu, "les demandeurs d'emploi en cours d'indemnisation
au 1er janvier 2003 et qui ont perdu du fait de la conversion des droits
leurs allocations depuis le 1er janvier 2004 sont rétablis dans leurs
droits".
Levier financier du dispositif, "le gouvernement aménagera sa
créance sur l'Unedic de 1,2 milliard d'euros afin de faire face au coût
supplémentaire entraîné par la réintégration. Cette créance ne sera
remboursable que par les excédents à venir de l'Unedic".
Selon M. Borloo, "il fallait une mesure de justice sociale et en
même temps que le paritarisme reprenne ses droits".
Le secrétaire national de la CGT-chômeurs, François Desanti, a qualifié
d'"énorme victoire" le rétablissement des recalculés dans leurs
droits, exigeant "attendre, plus que jamais, un véritable Grenelle de
l'assurance-chômage".
Le vice-président CFDT de l'Unedic, Michel Jalmain, a parlé d'une "nouvelle
positive pour les demandeurs d'emploi" mais regretté que le gouvernement
"refuse d'augmenter les cotisations patronales pour 2004".
Jean-Claude Quentin (FO) a exprimé sa "satisfaction" mais a
affirmé qu'il restait "inquiet" quant à "l'équilibre financier
de l'assurance-chômage".
Jacques Voisin (CFTC) a estimé: "le report de dette qui va financer
l'emprunt de l'Unedic, cela renvoie à plus tard l'équilibre des comptes".
il a cependant affirmé: "les demandeurs d'emploi s'y retrouvent, c'est
ce qui compte."
Le président du Medef, Ernest-Antoine Seillière, s'est félicité lundi
des mesures "intelligentes" annoncées par M. Borloo, rappelant
qu'une hausse de cotisation eût été "impensable" pour son
organisation et estimant que le "champ de la réforme" se rouvrait
pour envisager l'indemnisation des chômeurs sous un angle "individualisé".
L'Unedic était plongée dans une crise profonde depuis la décision du
tribunal de grande instance de Marseille, le 15 avril, de rétablir dans
leurs droits 35 chômeurs exclus de l'indemnisation à la suite de l'entrée
en vigueur de la nouvelle convention d'assurance chômage le 1er janvier
2004.
Au total la réintégration annoncée concerne quelque 600.000 personnes
(2 milliards d'euros de coût supplémentaire) d'ici fin 2005.
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