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mardi, 26 décembre 2006

Attractivité du site France, « Le paradoxe français »

 

 

Ernst & Young présente les résultats de son baromètre annuel Attractivité du site France, intitulé cette année « Le paradoxe français », ainsi que la première étude sur l'attractivité européenne comparée aux autres zones économiques mondiales.

Pour la quatrième année consécutive, Ernst & Young a interrogé les décideurs internationaux sur leurs projets d'implantations et d'investissements ainsi que sur leurs perceptions et attentes en ce qui concerne la France. Parallèlement, une deuxième étude dédiée à l'attractivité de l'Europe, comparée à celle des autres zones économiques mondiales (USA, Asie...) a été conduite auprès de 513 dirigeants de sociétés internationales.

 

Les grandes tendances du Baromètre Attractivité du site France 2004

  • La France et le Royaume-Uni premiers bénéficiaires des investissements étrangers en Europe sur l'année 2003.
    Le Royaume-Uni et la France arrivent en tête des implantations internationales avec respectivement 453 et 313 implantations, soit une augmentation de 23% et 24 % par rapport à 2002. Paradoxalement, cette hausse des investissements étrangers en France est en décalage avec la détérioration de son « crédit image » face à ses concurrents européens.
     
  • Une perception en décalage avec la réalité des investissements
    Si le site France figure en bonne position pour 12 des 18 critères liés aux choix d'implantation, ces mêmes dirigeants donnent leur préférence à l'Allemagne et au RoyaumeUni. Alors qu'en 2003 le site France arrivait en tête sur sept critères, en 2004 les répondants ne le citent en première position que pour quatre d'entre eux : la qualité de la vie, les infrastructures de télécommunication, la disponibilité et le prix des terrains et enfin l'aide des pouvoirs publics. Sur les 14 autres critères déterminants pour le choix des implantations, le site France est régulièrement distancé par ses concurrents européens directs (Allemagne et le Royaume-Uni)
     
  • La France en léger progrès sur ses points faibles, le domaine financier et fiscal...
    Si la France conserve un défaut d'attractivité sur les coûts salariaux, la fiscalité ou encore sur la flexibilité du droit du travail, la perception des dirigeants est moins sévère que les années précédentes (à titre d'exemple 61% des répondants se disent insatisfaits quant au niveau des charges fiscales contre 75% en 2003). Cependant, la France reste sur ces points bien en retard face à son concurrent britannique.
     
  • ...mais distancée par ses concurrents européens sur certains points forts historiques
    Les principaux atouts traditionnels du site France tels que l'attrait du marché intérieur ou encore l'équipement du territoire restent appréciés, mais connaissent une diminution sensible du taux moyen de satisfaction ( 76,5% en 2004 contre 87% en 2003 ). Sur ce point particulier, la France est talonnée ou dépassée par l'Allemagne sur plusieurs critères opérationnels (ex qualité des infrastructures de transport, de logistique et de télécommunication, qualification de la main d'oeuvre...).
     
  • L'avenir et les axes d'amélioration de l'attractivité du site France.
    39% ( 35% en 2003 ) des décideurs restent confiants et parient sur une amélioration de l'attractivité du site France dans les trois prochaines années bien qu'ils restent prudents sur les éventuelles décisions d'implantations. A l'opposé, 23% d'entre eux ont un avis mitigé sur le sujet ( 21% en 2003 ) et une proportion importante ( 36%) envisage une relocalisation de tout ou partie de leurs activités, probablement en direction de l'Europe centrale ou orientale.
    La majorité des investisseurs internationaux (56%) sont convaincus que la stratégie d'amélioration de l'attractivité française doit s'appuyer sur le renforcement de ses pôles d'excellence. Les décideurs souhaitent voir l'accent mis sur les secteurs d'avenir tels que l'énergie et l'environnement, les télécoms et les services. Les décideurs appellent de leurs voeux une politique en faveur de la recherche et de l'innovation mêlant financement public et soutien de la sphère privée.

 

Attractivité de l'Europe : le pari de la diversité

L'Europe est la première zone du monde en termes d'attractivité pour les investisseurs. C'est sans doute grâce à la diversité géographique, fiscale et sociale des différents pays la composant que l'Europe arrive en tête et ce de façon notable. Dans un environnement économique toujours plus complexe, les stratégies d'implantation sont aujourd'hui plus fortement déterminées par ce qu'apportent les pays en termes de transparence, la stabilité économique et politique des pays, la qualité des infrastructures et les critères financiers (les diminutions de coûts par exemple)

Si l'on peut se féliciter pour l'Europe de ces résultats, quelles réalités recouvrent ces chiffres ?

  • L'Europe de l'Ouest est perçue par 68% des décideurs comme la zone mondiale la plus attractive.

  • L'Europe de l'Est continue à attirer les implantations de manière significative et exponentielle, ce qui se vérifie avec l'opinion des dirigeants qui, à 57%, pensent que l'attractivité de ces pays devrait se poursuivre davantage au cours des trois prochaines années.

  • La France, sans être distancée passe cependant derrière l'Allemagne sur des critères où traditionnellement elle était leader (qualification de la main d'oeuvre, recherche et développement, infrastructures) ; au deuxième rang pour le nombre réel d'implantations, le site France rétrograde par contre en terme d'image à la troisième marche du podium dans ce classement concurrentiel de l'attractivité européenne, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne.

  • La Russie enfin se révèle être la « star » émergente de la zone est-européenne en 2003 en croissance régulière depuis 1999, elle affiche en 2003 un nombre réel d'implantations internationales en dépassant la barre des cent investissements (soit quatre fois plus qu'en 1999).

 

Cette étude met en lumière des axes majeurs de réflexion pour l'avenir

  • L'image et la perception des différents pays par les décideurs influenceront-elles de manière significative leurs futurs choix d'implantations ?
  • Comment l'Europe pourra t-elle préserver sa diversité tout en conduisant ses différents projets d'harmonisation ?
  • Le temps est-il venu pour l'élaboration d'une politique d'attractivité coordonnée et commune ?

 

Méthodologie

Le Baromètre Attractivité du site France 2004 repose sur le croisement de deux catégories de données, d'une part des données quantitatives, fournies par la base de données Ernst & Young « European Investment Monitor » qui recense les annonces d'implantations internationales en Europe, d'autre part des données qualitatives, reflets de la perception de 201 dirigeants d'entreprises internationales de toutes tailles, interrogés du 23 février au 31 mars 2004 par l'institut CSA.

Sur les aspects qualitatifs, le Baromètre se réfère également aux résultats significatifs de l'étude « European Attractiveness » conduite en parallèle, qui recueille la perception de 513 décideurs internationaux sur les critères qui emportent la décision dans le choix des sites d'implantation internationale des entreprises.

 

[Ernst & Young]