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mardi, 26 décembre 2006
Business Software Alliance (BSA) vient de publier les résultats de son étude sur les taux de piratage de logiciels dans le monde en 2003. Réalisée par IDC, elle révèle que le piratage de logiciels atteint un taux de 37% dans l’Union Européenne. Son coût pour les éditeurs nationaux et internationaux a également été chiffré puisque la valeur des logiciels piratés dépasse 9,7 milliards de dollars. La France, avec 45% de copies illégales de logiciels en 2003, affiche un taux de piratage nettement supérieur à la moyenne en Europe. Elle se classe ainsi :
La France enregistre également le troisième plus important manque à gagner dans le monde avec 2,3 milliards de dollars, derrière les USA et la Chine. Ces résultats confirment que le piratage de logiciels demeure un problème majeur au sein de l’Union Européenne et, selon IDC, il tend même à s’aggraver[2]. « Une précédente étude d’IDC montrait qu’une réduction de 10 points du taux de piratage en 4 ans pourrait apporter une croissance de 21,7 milliards d’euros au secteur, créer 45 000 emplois et générer 6 milliards d’euros de recettes fiscales[3] », souligne Bertrand Salord, Porte-Parole de BSA France. Réalisée pour la première fois par IDC, le spécialiste international des études sur les technologies de l’information, l’étude BSA sur le piratage de logiciels dans le monde couvre cette année les grands segments du marché du logiciel, à savoir les applications professionnelles, les systèmes d’exploitation, les logiciels grand public et les logiciels de petits éditeurs locaux. Pour effectuer cette analyse, IDC s’est appuyé sur ses données mondiales de ventes de logiciels et de matériels, a réalisé plus de 5 600 entretiens dans 15 pays et a fait appel à ses analystes dans le monde entier pour apprécier la situation des marchés locaux. Le taux de piratage et la valeur des logiciels piratés ont été déterminés à l’aide des modèles propriétaires établis par IDC pour les livraisons de micro-ordinateurs, de logiciels et de licences effectuées par tous les fournisseurs du secteur dans 86 pays. « Comme le montre l’étude IDC, les éditeurs de logiciels nationaux, au sein de l’Union Européenne, sont victimes du piratage au même titre que les sociétés internationales », regrette Bertrand Salord. « L’étude montre également que l’ensemble des partenaires sont touchés, les éditeurs d’une part, mais également tout le réseau de distribution », poursuit-il. « Pour chaque dollar de logiciel vendu, 1 ou 2 dollars supplémentaires vont aux entreprises locales de services, de distribution et de logistique. On voit donc que les économies locales ont beaucoup à gagner d’une réduction du piratage », commente Steven Frantzen, vice-président d’IDC pour l’Europe centrale et orientale, le Moyen-Orient et l’Afrique (CEMA). Briser la barrière du piratage représente à la fois une énorme opportunité et une difficulté colossale pour les créateurs de logiciels locaux, qui pourraient alors réaliser un potentiel important de croissance. Dominique Pouliquen, PDG de l’éditeur Realviz, apporte la précision suivante concernant l’incidence du piratage sur sa société française : « Si le piratage n’existait pas, nous pourrions accroître notre chiffre d’affaires de 30 à 50 %, c’est-à-dire, au minimum, que nous aurions les moyens d’embaucher entre sept et dix nouveaux collaborateurs et que nous disposerions d’argent frais susceptible d’être investi en R&D. » À la suite de cette étude, BSA a dévoilé un plan stratégique en cinq points pour s’attaquer au problème du piratage de logiciels au sein de l’Union Européenne :
Le plan d’action en cinq points de BSA
« Notre plan d’action ne peut réussir que s’il a le soutien des gouvernements de l’Union Européenne. De réelles améliorations supposent des changements significatifs dans le contexte législatif, d’une part, et le soutien public, à tous niveaux, en faveur de la propriété intellectuelle et des industries de création, d’autre part», conclut Bertrand Salord.
Plus précisément, BSA invite les gouvernements de l’Union Européenne à agir dans plusieurs domaines, notamment les suivants : Transposition de la Directive européenne relative au respect des droits de propriété intellectuelle : la mise en œuvre de cette directive, récemment adoptée, va permettre d’introduire des outils nouveaux et optimisés de lutte contre le piratage et la contrefaçon en Europe. Transposition de la Directive européenne sur les droits d’auteur et droits voisins dans la Société de l’Information : à ce jour, moins de la moitié des États membres de l’Union européenne ont transposé cette directive, qui instaure un cadre pour la sécurisation des activités numériques. La date limite de transposition est dépassée depuis plus de dix-huit mois. La gestion numérique des droits : favoriser la mise en place de la gestion numérique des droits (ou DRM, pour Digital Rights Management) en Europe[4]. Les taxes pour rémunération de la copie privée imposées aux supports et aux équipements numériques, ainsi que l’absence d’un régime de licences applicable dans toute la communauté, retardent cette solution innovante qui participe à un traitement direct du problème du piratage.
Le piratage dans l’Union européenne en 2003
Pour consulter la synthèse complète de l'étude, cliquez ici. [1] L’Europe occidentale représente les 16 pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse, Royaume-Uni.
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