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mardi, 26 décembre 2006 - Retour au sommaire
Contexte Les Courants Porteurs en Ligne (CPL) consistent à transporter des données numériques haut débit sur réseau électrique classique. Comme celui-ci est présent dans 95% des foyers de la planète, et dans toutes les pièces, il apparaît alors clair que de fantastiques opportunités de services haut débit s'ouvrent aux électriciens et aux fournisseurs de services qui tenteraient l'aventure. C'est ce qui avait motivé la constitution en 1998 de NOR.WEB DPL ; la société avait annoncé des accords avec 7 électriciens dans le monde : United Utilities PLC (GB), Vattenfall, Sydkraft (Suède), RWE, EnBW (Allemagne), Singapore Power (Singapour), et EDON (Pays-Bas)... pour fermer 1 an après. Les CPL sont de nouveau à l'honneur avec la sortie imminente de puces très haut débit, avec le lancement volontariste d'expérimentations aux Etats-Unis et en Asie. Y a-t-il un marché et des opportunités de croissance pour une technologie certes séduisante sur le papier, mais qui se voit sévèrement distancée par la technologie reine de l'accès haut débit : l'ADSL ?
Superposer des données au signal sur les hautes fréquences Le principe des CPL est connu et utilisé depuis longtemps dans la télérelève de compteurs par exemple. La technologie CPL va donc consister à superposer à ce signal basse fréquence, spécifique à la circulation du courant, un autre signal, injecté au moyen d'un courant alternatif de l'ordre de 2 Volts, à plus haute fréquence (dans la bande allant 1,6 à 30 Mhz).Comme les réseaux électriques ne sont pas isolés, on utilise des techniques de modulation qui permettent un niveau d'émission faible pour ne pas parasiter d'autres appareils électriques ou la radio par exemple.
Deux marchés Les CPL peuvent alors être mis à profit dans deux directions, pour l'heure, relativement étanches :
Une technologie mature Les premières puces de traitement de signal (ex. Itran) n'autorisaient que 2,5 Mbps de débit nominal, à partager entre plusieurs utilisateurs en accès. Ce qui a expliqué le relatif échec des premiers lancements, lesquels ont pu être victimes de leurs succès : le nombre d'utilisateurs réduit d'autant les débits disponibles. La spécification HomePlug 1.01 (puce Intellon) ne permet que 14 Mbps (5-6 Mbps réels) pour les modules CPL d'un réseau local domestique : ceci convient pour un usage courant de partage informatique, mais pas pour des besoins d'interconnexion d'appareils de loisirs, ou pour du streaming audio/vidéo.
Se joue à court terme une bataille pour l'imposition des nouveaux standards CPL. En accès, DS2 offre 45 Mbps avec sa puce, et a sorti récemment un circuit à 200 Mbps. En réseau local, la publication de la spécification HomePlug AV (Audio Visual) entraîne une vive concurrence entre Intellon, DS2, et Panasonic. L'essor des CPL est à attendre de la commercialisation de puces à 200 Mbps qui vont donner une impulsion décisive aux marchés de l'accès et du réseau local.
De nombreuses expérimentations... Les initiatives se multiplient aux Etats-Unis et en Asie. L'administration Bush table en effet sur les CPL pour compléter la couverture haut débit du territoire. Une trentaine d'expérimentations aux Etats-Unis, signe d'une nouvelle dynamique pour les réseaux CPL. Manassas : la première ville qui accède à l'internet haut débit par la prise électrique Manassas est une ville de 15 000 foyers (35 000 habitants) au sud-ouest de Washington. Après 18 mois d'un projet pilote démarré en 2002, et visant à tester la technologie des courants porteurs en ligne, la municipalité de Manassas a décidé en octobre 2003 de fournir le haut débit par ce biais à tous ses habitants. Avec succès.
Conclusion Beaucoup d'éléments militent en faveur d'un décollage des courants porteurs tant en réseau qu'en accès à partir de 2005. Avec des puces à 200 Mbps, les besoins peuvent être satisfaits, et les CPL paraissent compétitifs pour déployer des réseaux d'accès à coûts raisonnables. A ces facteurs généraux, il convient d'ajouter des éléments spécifiques à la France qui peuvent renforcer le poids des CPL en accès à l'avenir : les collectivités détiennent les réseaux électriques moyenne et basse tension ; elles peuvent désormais, au terme de la loi sur la confiance dans l'économie numérique, devenir opérateurs de réseaux de télécommunications.
Etude disponible immédiatement, 320 pages, 260 tableaux et illustrations. Sommaire détaillé.
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