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Macrovision
  

Piratage : réalités, enjeux, solutions

Enquête réalisée par Loudhouse Research

 

Edition du 05.12.05 

 

 


Table des matières


 

 

Section 1 – Bien plus que de la piraterie

 

La protection des droits d’auteur ne concerne pas seulement les pirates commerciaux. Il y a une forte perception concernant le fait que les copies occasionnelles sont un problème très important pour l’industrie du divertissement.

Combattre la piraterie commerciale est un objectif international qui est affronté avec détermination par des organismes au niveau global, et par des agences gouvernementales de différents pays. Les pertes de revenu dues au piratage organisé des droits d’auteur se mesurent en milliards de dollars, et ce annuellement. L’organisation IFPI, une des organisations internationales les plus écoutées, qui considère opiniâtrement la piraterie commerciale comme cible, indique que le montant de la piraterie pour la musique est de l’ordre de 4,6 milliards de dollars par année.

Les coûts indirects découlant de la piraterie sont importants pour l’industrie du divertissement compte tenu du niveau des revenus illégaux qui sont générés. Il n’est donc pas surprenant que la piraterie commerciale utilise la majeure partie des ressources et des budgets qui sont alloués afin de pouvoir faire face au défi que pose la protection du contenu dans son ensemble.

     

Figure 1

%                      
50   9
  50
  18
  21
  2
 
40
30
20
10 
    Fortement
d'accord
  D’accord   Neutre   En désaccord   Fortement
en désaccord
 

La copie occasionnelle est un problème important qui est
souvent éclipsé au profit de la piraterie commerciale

La copie occasionnelle a traditionnellement été perçue comme un moindre mal par rapport à la piraterie commerciale. Avant l’avènement d’Internet, alors que les bandes magnétiques analogues étaient le mode d’enregistrement usuel, les menaces de pertes de revenu étaient reconnues, mais ne furent jamais vraiment une priorité pour les sociétés, comparées au piratage commercial. Des méthodes artisanales et la mauvaise qualité des reproductions étaient ce qui a permis indubitablement de garder les copies de matériel analogique à un niveau raisonnable.

Au cours des 5 dernières années, un changement important a eu lieu en ce qui concerne les copies occasionnelles. Des supports pour les enregistrements digitaux, l’arrivée des formats de fichiers tels que MP3, et la présence des réseaux de partage de fichiers de type poste à poste donnent la possibilité à n’importe qui, avec un lecteur-graveur de disques CD ou DVD ou une connexion Internet, la possibilité de faire des copies de grande qualité. Les premiers résultats de l’enquête « Lecture Numérique » démontrent que ce changement est en train de modifier la perception qu’ont les parties prenantes concernant les copies occasionnelles. La copie occasionnelle a évolué et de nombreux propriétaires de droits digitaux ont maintenant l’opinion que la piraterie occasionnelle et la piraterie commerciale doivent être abordées à part égale.

 

Figure 2

%                      
60   20
  53
  12
  12
  3
 
50
40
30
20
10 
    Fortement
d'accord
  D’accord   Neutre   En désaccord   Fortement
en désaccord
 

Une stratégie efficace contre le piratage doit s’attaquer
au vol des droits d’auteur à tous les niveaux, depuis
la piraterie commerciale jusqu’à la copie qui n’est pas
faite pour des profits

 

Les figures 1 et 2 démontrent un fort accord concernant l’importance des copies occasionnelles et le besoin de combattre la copie occasionnelle autant que la copie commerciale.

Figure 1 : la copie occasionnelle est un problème important qui est bien souvent ignorée au profit de la piraterie commerciale – 59% sont d’accord sur ce point.

Figure 2 : Une stratégie efficace contre le piratage doit s’occuper du vol des droits d’auteur à tous les niveaux, depuis la piraterie commerciale jusqu’à la piraterie "à but non-lucratif" – 73% sont d’accord sur ce point.

 

Le niveau d’accord sur ces points peut paraître surprenant pour quelques-uns. Cependant, il semble que la menace d’une organisation de piratage produisant des milliers de disques DVD par mois est maintenant compensée par la perception de l’existence de milliers de consommateurs gravant ou téléchargeant un disque DVD par mois. Il y a aussi le phénomène des « pirates de poche » qui font des dizaines, voire des centaines, de copies pour les distribuer à des réseaux particuliers de la famille et d’amis, etc. Il va de soit que la menace de la piraterie occasionnelle est maintenant en pleine maturité.

Une approche « à plusieurs niveaux » pour la protection des copies est citée par 83% de ceux qui ont répondu à l’enquête comme la meilleure façon future qui permette de combattre la piraterie commerciale et la piraterie occasionnelle. En théorie, cela semble excellent, mais en pratique, qu’est ce que cela signifie ? La prise en considération des différences marquantes, aussi bien que les aspects communs du piratage commercial et du piratage occasionnel, commencent à nous montrer plus précisément à quoi doit ressembler une approche dynamique en ce qui concerne la protection du contenu.

Premièrement, nous devons supposer que la majorité des copieurs occasionnels sont de « bons » citoyens et, quoique que sachant qu’ils enfreignent les lois en téléchargeant un fichier d’un réseau P2P ou en gravant un disque CD, nous devons supposer qu’ils ne sont pas des « criminels. » Leur motif est de posséder le contenu, plutôt que de faire chuter le système. Ceci est étayé par le fait que dans le récent rapport de recherche fait par Fake Nelson, une enquête parrainée par le gouvernement du Royaume-Uni sur la perception des consommateurs concernant la piraterie, 75% de ceux qui ont répondu pensent que la menace de poursuites judiciaires serait un moyen efficace pour empêcher plusieurs de télécharger des contenus illégalement.

La piraterie commerciale est guidée par d’autres motifs et demande par ce fait une toute autre approche. Les pirates des produits commerciaux qui enfreignent les lois à grande échelle, sont des techniciens de haut niveau, et s’appuient sur une infrastructure établie pour écouler la marchandise.

L’enquête « Lecture Numérique » nous montre que quatre couches possibles (ou moyens de protection du contenu) existent pour les sociétés afin qu’elles puissent les adopter ou les supporter ; chacune ayant un impact distinct sur la piraterie commerciale et occasionnelle :

  • Action législative ou légale
  • Marketing et communications
  • Technologie
  • Procédés d’affaire / Sécurité

 

Le tableau ci-dessous donne, pour les quatre moyens qui permettent de combattre le piratage commercial et le piratage occasionnel, un aperçu des motifs qui encouragent la copie illégale :

Piraterie occasionnelle Piraterie commerciale Échéancier
de mise
en œuvre
Technologies
de protection
 Stopper immédiatement la majorité des copieurs occasionnels dans leurs activités d’ « Extraction et Gravure »
 Diminuer de manière importante les possibilités de partage de fichiers sur les réseaux P2P
 Rendre prééminent le message disant que le contenu numérique a de la valeur et que la copie est interdite
Très facile à circonvenir grâce à l’expertise technique
Le contenu est souvent obtenu directement de la source (suite à un vol chez le propriétaire du contenu), neutralisant ainsi le besoin de protection du contenu
Immédiat
Procédés
d’affaire /
Sécurité
  Fournir des méthodes claires pour protéger le contenu : quels titres doivent être protégés, dans quelle partie du monde, avec quelle technologie, et pour combien de temps ?
 Établir les meilleures pratiques au niveau des sociétés afin de renforcir les mesures de protection du contenu.
 Établir la continuité et la consistance à travers divers services ou régions responsables du portefeuille des contenus
Réduction potentielle du vol du contenu physique grâce à des mesures rigoureuses de sécu Court et
moyen
terme
Action
législative /
légale
  Forte influence sur la perception des consommateurs
Très peu pratique et coûte cher à mettre en oeuvre
Sujet très controversé qui pourrait éventuellement aliéner la clientèle
Fait du tort à l’image de marque
Outil le plus efficace pour réduire les activités de piraterie commerciale
Facteurs de coûts/risques élevés
Inconsistance des lois au niveau global
Moyen et
long terme
Marketing et
communications
 Il est critique de lancer des messages clairs concernant les copies illégales
Avoir une influence importante afin de changer l’attitude des consommateurs en ce qui concerne les copies occasionnelles
Longs délais de mise en oeuvre afin de changer l’attitude des consommateurs
Cher et difficile à évaluer à court terme"
Hors de propos comme un outil direct d’influence
Indirectement, si la perception des consommateurs évolue pour ce qui est des biens piratés ; la demande peut réduire les produits vendus au marché noir
Long
terme

En fin de compte, une combinaison équitable des quatre domaines illustrés dans la table ci-dessus créera la meilleure formule pour s’attaquer à la piraterie. Il y a beaucoup d’interdépendance entre chacun d’eux, mais le point le plus important et le plus évident à considérer est l’échéancier qui est un facteur-clé pour définir l’approche. Il y a un chemin chronologique qui établit un ordre logique : s’attaquer aux éléments tangibles du processus d’affaire et des technologies disponibles pour verrouiller le contenu à court-terme, alors que la législation et l’influence de l’opinion des consommateurs oeuvrent conjointement, mais à un rythme plus lent. Bien que chaque mesure doive être prise dès que cela est physiquement possible, un calendrier logique émerge : attaquez les éléments tangibles des procédés d’affaire et la fourniture de la technologie afin de contrôler le contenu à court-terme, alors que la législation et l’influence de l’opinion des consommateurs oeuvrent en parallèle, mais à vitesse réduite. Toutes ces mesures doivent être entreprises « dès maintenant », mais une attente réaliste doit être élaborée en ce qui concerne la réalisation d’un retour sur chaque investissement.

 

 

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