| En 2005, 35 % des progiciels installés sur des PC dans le monde étaient illicites et le piratage était à l’origine de 34 milliards de dollars de manque à gagner au niveau mondial. Cependant, les évolutions positives constatées sur un certain nombre de marchés montrent que les efforts de prévention et de répression portent leurs fruits dans des pays émergents comme la Chine, la Russie, l’Inde, les pays d’Europe centrale et
orientale ainsi que le Moyen-Orient et l’Afrique. L’étude révèle que le taux de piratage des logiciels au sein de l’Union Européenne s’établit à 36 %, soit 1 point de plus qu’en 2004. Si le coût du piratage dans cette région est resté relativement stable il demeure néanmoins le plus important au niveau mondial. La valeur des logiciels piratés atteint 12 milliards de dollars.
Avec 47% de logiciels piratés en 2005, la France enregistre une hausse de 2 points par rapport à l’année précédente ; soit un taux largement supérieur à la moyenne européenne. Le manque à gagner national, qui atteint 3,19 milliards de dollars, est également le 3ème plus important au niveau mondial, derrière les USA et la Chine.
Les résultats constatés en France tiennent pour partie à la nature de son économie qui compte un grand nombre de petites entreprises, secteur où l’on constate un taux de piratage plus élevé que dans les moyennes et grandes entreprises. Par ailleurs, l’augmentation de 30% des accès haut débit[1] entre 2004 et 2005 a également favorisé la croissance du piratage.
Pour Eric Beaurepaire, Porte-parole de BSA France, « si des facteurs concrets, tels que la situation économique ou la croissance de l’accès haut débit, peuvent expliquer cette hausse de 2 points, le taux de piratage en France demeure néanmoins supérieur de près de 10 points à la moyenne européenne. Ce qui nous place dans la liste des mauvais élèves. »
« Ces résultats sont peut-être le signe que la politique du ‘tout prévention’ montre certaines de ses limites face à l’attitude observée de la part des entreprises françaises. Nous avons mené des campagnes d’information au cours de 5 dernières années pour alerter sur les risques du piratage : les responsables ne peuvent prétendre ignorer le caractère illégal du piratage et les risques qui y sont liés. Mais nous avons
également constaté que près de 80% des français estiment que savoir que le piratage est puni ne les empêche pas de continuer à pirater[2]. Au vu des résultats annoncés aujourd’hui, nous sommes prêts à reconsidérer notre approche : avoir une communication plus orientée sur les risques encourus, intensifier les contrôles et communiquer plus sur les jugements rendus. » Ce sont là quelques-uns des constats d’une étude annuelle
sur le piratage de logiciels pour PC dans le monde que vient de dévoiler Business Software Alliance (BSA), l’association internationale des principaux éditeurs de logiciels mondiaux. Cette étude a été réalisée par un organisme indépendant, IDC, numéro un mondial des études de marché et des prévisions concernant le secteur des technologies de l’information.
« Les progrès réalisés dans la réduction du piratage de logiciels pour PC sur plusieurs marchés émergents sont encourageants », déclare Robert Holleyman, Président de BSA. « Cependant, les logiciels mis en service en 2005 ont encore été obtenus illégalement dans plus d’un cas sur trois, c’est-à-dire qu’il reste beaucoup à faire pour mettre en échec le piratage de logiciels autour du monde. »
Le taux de piratage a baissé dans plus la moitié (51) des 97 pays couverts par l’étude de cette année et a augmenté dans 19 seulement. Le taux de piratage mondial est resté inchangé entre 2004 et 2005, car le marché du logiciel reste dominé par une poignée de grands marchés développés comme les États-Unis, l’Europe occidentale, le Japon et une poignée de pays asiatiques, dont le taux de piratage global a peu évolué.
Des évolutions positives apparaissent dans les pays en développement rapide que sont la Russie, l’Inde et la Chine. La Russie a enregistré une baisse de quatre points de son taux de piratage de logiciels pour PC, tandis que celui de l’Inde a baissé de deux points. La Chine, dont le marché des technologies de l’information est l’un de ceux qui croissent le plus vite dans le monde, a connu un recul de quatre points entre 2004
et 2005.
« C’est la seconde année consécutive que le taux de piratage des logiciels pour PC baisse en Chine », souligne Robert Holleyman. « Ce fait est particulièrement significatif compte tenu de l’énorme développement de la micro-informatique auquel on assiste sur le marché chinois des technologies de l’information. »
L’étude constate aussi une baisse dans 19 pays du Moyen-Orient et d’Afrique sur 26, dont 12 où l’amélioration est égale ou supérieure à 2 points. En Europe centrale/orientale, le taux de piratage a baissé dans 15 pays sur les 18 couverts par l’étude de cette année. En Ukraine notamment, le taux constaté a chuté de 6 points pour s’établir à 85 % au cours de l’an dernier.
Les pertes dues au piratage de logiciel se sont élevées à 34 milliards de dollars au niveau mondial en 2005, ce qui représente une augmentation de 1,6 milliard de dollars par rapport à l’année précédente. Dans les pays où le marché du logiciel est très important, des taux de piratage relativement bas peuvent être à l’origine de manques à gagner énormes. Ainsi, parmi les pays étudiés, les États-Unis sont celui où le taux de
piratage est le plus faible (21 %) mais aussi celui où les pertes sont les plus importantes : 6,9 milliards de dollars. Viennent ensuite la Chine (3,9 milliards de pertes avec un taux de piratage de 86 %) puis la France (3,2 milliards de pertes avec un taux de piratage de 47 %).
Autres constats
Les quatre pays où le recul du piratage est le plus important sont la Chine (4 points), la Russie (4 points), l’Ukraine (6 points) et le Maroc (4 points).
Les pays où le taux de piratage est le plus élevé sont le Vietnam (90 %), le Zimbabwe (90 %), l’Indonésie (87 %), la Chine (86 %) et le Pakistan (86 %).
Les pays où le taux de piratage est le plus bas sont les États-Unis (21 %), la Nouvelle-Zélande (23 %), l’Autriche (26 %) et la Finlande (26 %).
Taux de piratage moyens par région du monde
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2005
2004
2003 |
« Les différences régionales dans le piratage s’expliquent par de nombreux facteurs – niveau de protection de la propriété intellectuelle, disponibilité des logiciels piratés, différences culturelles et évolutions du marché en matière d’informatique », explique John Gantz, Directeur des études chez IDC. « Il ne fait aucun doute que la réduction des taux de piratage exige un travail et des investissements
permanents, mais ces investissements peuvent dégager d’énormes bénéfices pour l’industrie et l’économie locale. »
En effet, une précédente étude IDC/BSA a montré que si le taux de piratage mondial tombait de 10 points pour s’établir à 25 %, il pourrait en résulter jusqu’à 2,4 millions de créations d’emploi, 400 milliards de dollars de croissance économique et 67 milliards de recettes fiscales au niveau mondial.
« Le renforcement des efforts de protection de la propriété intellectuelle, d’éducation et de sensibilisation améliore constamment la situation en matière de piratage de logiciels autour du monde », souligne Robert Holleyman. « Mais la diffusion progressive du haut débit et l’expansion constante du secteur informatique attirent sans cesse de nouveaux utilisateurs et rendent plus largement disponibles les logiciels
piratés. Des efforts permanents sont donc indispensables pour réduire le piratage de logiciels et le contenir. »
L’étude BSA-IDC sur le piratage de logiciels dans le monde (Global Software Piracy Study) couvre tous les progiciels fonctionnant sur micro-ordinateur. Elle ne porte pas sur les autres types de logiciels tels ceux destinés aux grands systèmes ou aux serveurs, ni sur les logiciels vendus sous forme de prestation de services. IDC a utilisé des statistiques exclusives sur les livraisons de logiciels et de matériels, a effectué
5 600 entretiens et a fait appel à ses analystes dans 38 pays pour confirmer les évolutions du piratage.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires ou un exemplaire de l’étude, merci de visiter le site.
[1] 8,7 millions de foyers connectés en 2005. Croissance annuelle moyenne attendue d’ici 2009 : 15%
[2] Sondage TNS Sofrès effectué pour le compte de BSA par téléphone, en octobre 2004, auprès d’un échantillon représentatif des individus utilisant un ordinateur dans le cadre de leur activité professionnelle (314 individus).
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