| Depuis 2002, l’APOM n’a cessé d’alerter les gouvernements successifs sur les problèmes que rencontre la création française de jeux vidéo et demande qu’un crédit d’impôt production soit mis en place de toute urgence afin de sauver notre secteur. Cette mesure est vitale et ce, à plusieurs titres :
La sauvegarde d’un secteur à très forte valeur ajoutée…
Créer un jeu vidéo requiert aujourd’hui des moyens humains considérables. Le budget de production d’une œuvre interactive pour console de salon est dorénavant bien supérieur à 5 millions d’euros, dont près de 80% sont employés au paiement de salaires et charges de personnel hautement qualifié.
… dont les effectifs ont été divisés par deux en 5 ans …
Malgré des formations d’excellence et l’existence de trois éditeurs français de taille internationale (Ubisoft, Infogrames, Vivendi Universal Games), l’industrie française a subit une crise inquiétante. Alors que le marché mondial connaît une croissance soutenue et que les effectifs de production dans le monde n’ont cessé d’augmenter, nos effectifs ont été divisés par deux ces cinq dernières années.
…compte tenu d’une distorsion de concurrence insupportable….
Le différentiel de 30% avec les Etats-Unis, de 50% avec le Canada – sans parler des pays émergeants comme la Chine – en terme de rapport coût/productivité est trop défavorable à notre pays.
Les grands éditeurs internationaux ne confient presque plus de réalisations à nos studios de création et les éditeurs français ont délocalisé la majeure partie de leurs effectifs de production dans des pays comme le Canada, qui offre une panoplie de mesures fiscales permettant de diminuer le coût de production d’un jeu de plus de 50%.
…et dont la dimension culturelle est primordiale.
Le jeu vidéo est devenu en quelques années le divertissement préféré des français de 15 à 25 ans, devant le cinéma, la musique ou la télévision.
Si la génération des baby-boomers a nourrit son imagination, s’est exprimée et d’une manière générale, a construit sa vision de notre société et du monde en grande partie à travers les moyens d’expression que sont la télévision et le cinéma, la nouvelle génération le fait dorénavant à travers les jeux vidéo.
« Le Premier Ministre Dominique de Villepin nous a promis il y a un an la mise en place dans les tous premiers mois de 2006 d’un crédit d’impôt production. Force est de constater ce jour que la mesure n’a toujours pas été présentée au vote du parlement », déplore Guillaume de Fondaumière, Président de l’APOM.
« Si la commission européenne a lancé le mois dernier une enquête publique sur cette mesure afin de savoir si ce dispositif est bien compatible avec les lois européennes, l’urgence de la situation aurait du pousser nos gouvernants à adopter ce texte sous réserve des conclusions de ladite enquête. Or, il semble qu’on ait décidé d’attendre encore…
C’est un signal très négatif qui va pousser un peu plus les jeunes créateurs vers l’exile et les quelques studios de création qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui à la délocalisation.
J’exhorte aussi le gouvernement ainsi que les députés et les sénateurs de tous bords à se mobiliser dans les meilleurs délais afin que le crédit d’impôt soit enfin adopté ».
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