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Philippe Ulrich : de gourou du jeu vidéo à écrivain

Un délicieux carnage
En librairie le 7 mars 2007

 

Edition du 12.02.07 

 

 

Gourou du jeu vidéo (il a fondé Cryo Interactive et conçu des jeux mythiques comme Dune, Captain Blood ou l’univers virtuel du Deuxième Monde avec Canal Plus), producteur de disques (on lui doit le retour de Henri Salvador), Philippe Ulrich prouve avec Un délicieux carnage qu’il est aussi un écrivain.

 

Fin cuisinier, curieux de la vie et des choses, philosophe à ses heures, amateur de très jolies femmes – qui le lui rendent bien –, fortuné et généreux, il serait le gendre rêvé, l’ami que l’on aimerait avoir.

Que l’on aimerait avoir si, derrière le gentleman, ne se cachait un tueur professionnel de génie, bras armé d’une société ultrasecrète : La Trilatérale du cercle. Il est responsable, entre autres, des disparitions de Jean-Paul Ier, du commandant Massoud ou de Rafic Hariri. Pire, c’est un serial killer. Son credo : “châtiment maximum”. Une mort indicible n’est que le hors-d’oeuvre subi par ses victimes. On le surnomme Albert le Dingue.

Jusqu’au jour où le monstre tombe amoureux de Laura, sa cadette de trente ans. Il décide de l’épargner et de tout arrêter. Trop tard, car il a découvert le véritable objectif de ses commanditaires : faire disparaître 5,9 milliards d’êtres humains. À commencer par lui !
Le destin du monde est entre les mains d’Albert le dingue.

     

 

À la croisée du thriller et du jeu vidéo (pour adulte), imprégné de culture manga et du cinéma de genre, Un délicieux carnage est un roman inclassable et provocateur.

En fin d’ouvrage, les lecteurs découvriront des bonus (scènes censurées, interview exclusive, poésies, recettes de cuisine, etc.)

Un délicieux carnage est aussi sur Internet : www.undelicieuxcarnage.com, un site animé personnellement par Philippe Ulrich

 

 

Extraits de l’interview exclusive de Philippe Ulrich

 

Philippe Ulrich       Comment devient-on Philippe Ulrich ?

En naissant dans le foie gras, en étant élevé chez les curés, et en accrochant une guitare à son dos. Armé d’un C.A.P. de cuistot, je suis parti pour des pays colorés pendant trente ans. J’ai goûté aux geôles franquistes en Espagne où je jouais dans un groupe de rock : Fisas, Viñas, Ulrich & Patterson. c’était une copie de Crosby Stills Nash & Young. Puis, je me suis retrouvé déserteur, recherché, incorporé à Toulon dans un régiment disciplinaire. On m’a expédié à Tahiti où j’ai vécu des aventures incroyables. Je me rappelle le Queen, les vahinés, l’atoll de Hao où, avec 30 000 légionnaires, je gardais les bombes atomiques qui allaient péter à 60 kilomètres de là, sur Muru. J’ai probablement été salement irradié. Parfois la nuit, mon sperme est encore phosphorescent. J’ai même assisté au crash d’un énorme avion militaire qui prélevait des échantillons radioactifs dans l’atmos-phère. Saboté, il a failli casser l’atoll en deux ; il n’y a pas eu de survivants.

Quelques années plus tard, me voilà à Los Angeles, sans papier, interpellé par la police qui a failli m’expédier au Vietnam avec les Portoricains déserteurs. Quelques mois après j’étais en Suisse, travaillant au Banhof Buffet de la gare de Bâle. J’ai servi de cobaye, un peu malgré moi, à la mise au point du LSD. J’ai fait un voyage astral dont j’ai failli ne jamais revenir, avec réanimation, trois jours d’hôpital, sous perfusion. J’ai vu la Lumière, je me baladais hors de mon corps, c’est le meilleur et le pire souvenir qui me reste de cette époque, ça et le café que j’ai servi à Soljenitsyne lorsqu’il est venu en Suisse. Rentré en France, j’ai créé une communauté de musiciens dans une ferme landaise qui tombait en ruine, on mangeait un jour sur deux, il n’y avait pas d’eau.

Puis je suis monté à Paris pour recontrer, chez Pathé, Philippe Constantin, qui a lu mes textes et écouté mes musiques. Il m’a dit : «c’est très mauvais. »

Je n’ai rien compris lorsqu’il m’a réservé une chambre d’hôtel, pour que je reste faire des maquettes dans un vrai studio. Grâce à lui, je ne suis plus jamais reparti. J’ai enregistré un album avec un jeune arrangeur, Thierry Durbet. Le Roi du Gasoil a été interdit d’antenne, trop subversif. Affamé, on m’appelait le « rayeur de baignoire ». J’ai survécu en devenant « roadies », j’ai acheté un ordinateur en kit et un fer à souder, et j’ai appris à programmer le ZX81 de Sinclair pour faire de la musique ; avec les 4K de mémoire de ma machine, ce n’était pas vraiment possible. À défaut de musique j’ai fait un jeu, pour apprendre. Quelques mois plus tard, en 1982, je devenais éditeur de jeu vidéo. Captain Blood, développé avec Didier Bouchon, a été un succès planétaire qui a eu tous les Awards. On a fait des jeux de folie, dont Dune a été l’apothéose. Tout était à inventer. Je suis devenu le Philippe Constantin du jeu vidéo, j’ai essayé de reproduire avec les auteurs de jeu ce que Philippe avait fait avec moi : leur donner une chance. C’est ainsi que la famille a grandi. J’ai co-fondé Cryo, et, d’une dizaine de pionniers, nous sommes passés à plusieurs centaines d’employés. Introduction en Bourse, la net-économie, les filiales dans le monde entier, les milliards… Puis on m’a mis sur la touche car j’étais trop vieux, le “nouveau marketing” me trouvait obsolète dans ce “nouveau monde”. J’étais dépité ; or, un soir, j’ai rencontré Henri Salvador, lui aussi sur la touche.

La première fois qu’il m’a fait écouter Jardin d’Hiver de Keren Ann et Benjamin, j’ai pleuré. J’ai vendu quelques actions et on est rentré en studio. C’était magique. Chambre avec Vue s’est vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires...

Cryo a implosé avec la bulle, comme les Twins Towers où nous devions être, ce matin du 11 septembre, pour rencontrer Blue Note, le label mythique de Miles Davis. Le rendez-vous avait été annulé. Henri a été un des derniers humains à survoler les Deux Tours quelques heures avant le drame.

 

Et comment devient-on Albert le Dingue ?

Albert est un formidable bouclier qui nous protège de nos angoisses et de nos peurs. On l’aime malgré sa folie, car il est fragile, il doute en permanence. C’est un mystique qui veut comprendre, il va jusqu’à pousser le rideau de la mort. Il soigne son désespoir en mangeant. Son anthropophagie gourmande est, j’en conviens, un vice détestable, mais, finalement, manger les êtres que l’on aime suit une logique aussi respectable que la croyance chrétienne en un paradis où l’on rase gratis. Amoureux talentueux, Albert plaît aux femmes et inspire les hommes. Sa vie est une oeuvre d’art. Et puis, il va sauver le monde, il va devenir héros malgré lui, face à une Trilatérale bien réelle, qui nous spolie chaque jour un peu plus. N’y a-t-il pas un peu d’Albert en chacun de nous ?

 

On vous connaît comme auteur de jeu vidéo, avec Captain Blood, Dune, Égypte, Versailles, producteur de musique avec Henri Salvador, précurseur avec le Deuxième Monde.

Comment avez-vous décidé de passer au roman ?

Albert est arrivé chez moi un matin. Il m’a mis un couteau sous la gorge et a dit : « écrit » (rires). Plus sérieusement, depuis que je suis tout jeune, j’ai toujours pensé que, le jour venu, j’écrirais. C’est peut-être parce que je traverse une crise d’existentialisme de gauche que je ressens cette pulsion. Au départ, Un délicieux carnage était une simple nouvelle, une histoire d’amour dans un hôtel du bord de mer, un galop d’essai, puis il a évolué grâce à mon éditeur.

 

Vous voulez faire un jeu vidéo d’un nouveau genre sur Internet ?

Oui, c’est exact, vous êtes bien renseignée. Il s’agit d’une communauté autour d’un site : www.undelicieuxcarnage.com. Les joueurs vont faire évoluer l’histoire d’Albert le Dingue, inventer des nouvelles recettes, participer à des ébats et des débats. C’est un jeu d’aventure drôle et caustique dans lequel l’actualité et les personnes publiques auront un rôle. J’aimerais également développer une communauté autour de ce délicieux carnage, organiser des rencontres dans des lieux qu’Albert fréquente, y déguster des mets albertiens et séduire.

 

Contact presse : Frédéric Durand - 01 43 57 87 90
Roman - Format : 15,2 x 24 cm - 242 pages - ISBN : 978-2-35236-009-4 - Prix France : 17,95 euros

 


 

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