| Une Commission Paritaire Locale pour le secteur des jeux vidéo : une entreprise massivement « multIdées ». Plus pragmatique que la communauté de l’anneau mais non moins ambitieuse, la commission paritaire locale mise en place en fin d’année 2006 par le cluster francilien Capital-Games, en collaboration avec la direction régionale du ministère du travail entend, dans le cadre d’une initiative sociale originale,
proposer aux entreprises membres des avantages auxquels elles ne peuvent avoir accès du fait de l’absence de représentation syndicale et collective.
L’occasion également pour les représentants syndicaux de rencontrer régulièrement des employeurs du secteur : mise en lumière de la quête entreprise par les membres de la communauté…
Petite leçon de droit. La commission paritaire locale, CPL, voit son rôle inscrit dans la loi Aubry II pour la généralisation de la réduction du temps de travail à toutes les entreprises quelles que soient leurs tailles et se présente comme une voie légale présente au code du travail, article L132-30. C’est la loi du 4 Mai 2004, dite « loi Fillon » qui institue son rôle dans le dialogue social.
Petite leçon d’initiative. En fin d’année 2006, soutenu par la direction régionale du travail, le cluster de développeurs de jeux vidéo, Capital Games, met en place une CPL dédiée au secteur du développement, pour la première fois en France.
Un accord signé par la CFDT, la CFE-CGC et la CGT, du côté syndical et des gérants de studios ainsi que Capital Games entérine la démarche initiée et consolide la volonté de structuration, soutenue par les différents acteurs présents.
Au-delà de l’intérêt indéniable d’entamer un dialogue social et d’assurer une représentativité aux plus petites structure, la commission instaure de fait une mutualisation de fonctions utiles pour tous afin de consolider les questions relatives à l'emploi, la formation professionnelle, l'insertion, les conditions de travail, l'égalité professionnelle tout en réduisant la complexité des droits du travail de sorte à finalement
l'adapter aux spécificités de toutes les entreprises. Entre négociation de nouvelles garanties sociales inexistantes du fait de l’absence de convention collective à ce jour dans le secteur des jeux vidéo et mise en place de sous groupes de travail sur des sujets dédiés, primordiaux pour pérenniser les activités, la CPL déploie son jeu.
Bilan de la partie à un an d’existence.
Le développeur, contrairement à une idée reçue, ne se contente plus de vieux casse-croûtes et de canettes de soda éventées. De même, il n’affectionne que peu de manger dans une cave ou un garage. Face à ce constat accablant, il convenait d’agir rapidement, ainsi, la CPL et le fournisseur ACCOR ont mis en place un accord relatif aux tickets restaurant permettant à chaque studio de commander des titres à un tarif extrêmement
avantageux. Plus d’une dizaine de studios ont aujourd’hui opté pour cette formule flexible et adaptée qui permet au développeur gastronome de faire son coming-out ;)
Le développeur, contrairement à une autre idée reçue, n’est pas réfractaire au changement ni à son corollaire, l’évolution. Fort de cette idée, Capital Games a donc lancé un plan de formation professionnelle continue en collaboration avec l’OPCAREG île de France et des écoles spécialisées du secteur, de sorte à proposer une offre de formations vaste et spécifique pour les salariés des studios. Là encore, plus d’une dizaine
d’entreprises se sont lancées dans l’aventure, portant à plus d’une centaine le nombre des salariés formés sur l’année 2007.
Le développeur, enfin tombe parfois malade. Conscient de cette cruelle mais non moins tangible fatalité, la CPL a donc lancé le projet d’une mutuelle commune, apte à proposer une couverture santé efficace pour tous. Un consultant expert sera à cet effet prochainement recruté afin d’examiner en interne, au sein des studios les réels besoins afférents à ce chantier.
Pour finir, la CPL lance une étude prospective qui permettra de jauger de l’intérêt potentiel de mettre en place un groupement d’employeurs entre les studios membres. Cet ambitieux chantier se positionne comme un outil majeur de pérennisation de l’activité au sens large et devrait permettre, sous réserve de correspondre à un besoin réel encore à déterminer, de former des profils gagnants en expertise, qui soient rapidement
disponibles sur le marché pour les entreprises en demande.
Reprise des négociations pour l’année 2008.
Puisqu’il est d’usage de dire que les meilleures histoires sont celles qui durent, la CPL continue d’avancer dans son optique de structuration sur l’année à venir. De nombreux projets sont actuellement à l’étude, la validation des acquis de l’expérience, une revalorisation de la place des écoles de jeux et la mise en place d’une collaboration solide sont là quelques pistes des chantiers à explorer. Aller plus loin dans la
construction du dialogue social, travailler de concert à une cause commune sont là des idées à concrétiser.
« Ne doutez jamais qu’un petit groupe de Citoyens réfléchis et déterminés puisse changer le monde. En fait, c’est la seule chose qui ait jamais pu le faire ». Margaret Mead.
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