afjv.com
   
Agence Française pour le Jeu Vidéo
 
  Annuaires     Actus     Etudes     Pratique     Emploi     Newsletter     Rechercher     Contacts & infos     Liens     RSS  

  
AFJV
  

Retranscription des conférences du 26 septembre
au Festival du Jeu Vidéo 2008

Table ronde n°2 :
Quelles politiques publiques pour le jeu vidéo en 2008

 

Edition du 10.02.09

 

 

Quelles politiques publiques pour le jeu vidéo en 2008

 

Emmanuel FORSANS
 
      Emmanuel Forsans - AFJV : Pour les studios de jeu vidéo qui cherchent un financement, comment le CNC (centre national de la cinématographie) va pourvoir intervenir dedans. Comment le CNC intervient dans cette mini chaîne studio éditeur ?
 
Lionel Prévot       Lionel Prévot, CNC : Le CNC intervient entre autre, via le fond d’aide au jeu vidéo (FAJV) au tout début, au moment de la création et du prototypage. Nous avons deux appels à projets par an, le prochain est fin octobre où nous pourrons soutenir les studios qui ont un projet de jeu.

EF : Donc si je suis un studio, je dépose un projet de jeu au CNC,

L.P. : C’est trop tard maintenant, il fallait déposer les dossiers fin août, la commission est fin octobre. En 2009 nous aurons deux appels à projets, pour soutenir les projets de création. Il faut déposer les dossiers en mars - avril 2009 pour la première session. En août pour la suivante

Donc on dépose le dossier qui est examiné par une commission du CNC et du Ministère de l’industrie. La commission examine l’originalité du projet, la capacité du studio à mener le projet à bien. Le projet est toiletté pour le rendre conforme à la réglementation européenne sur les régimes d’aide à la R&D. Il y aura aussi un peu de R&D dans ce dossier.

EF. : Sous quelle forme est ensuite versée l’aide ?

L.P. : C’est une avance remboursable dont le régime a été un peu modifié. Un prêt au studio le temps de l’élaboration du prototype qui est fixé à 18 mois. A l’issu de ces 18 mois le studio devra avoir réalisé le prototype de jeu et aura encore 12 mois pour signer avec un éditeur. S’il signe avec l’éditeur il rembourse alors 90 % de l’avance remboursable. Une part reste à la charge de la DGE et du CNC. S’il ne signe pas avec un éditeur, il peut revenir nous voir et nous demander sous certaines conditions une exonération du remboursement.

EF. : Passons la parole à Stéphane Singier, Cap Digital. Pouvez-vous nous expliquer ce que fait Cap Digital d’un jeu vidéo.

Stéphane Singier       Stéphane Singier, Cap Digital : Cap Digital est l’un des 70 pôles de compétitivité en France. Il est en Ile de France. C’est un pôle dédié à la création de contenu numérique, dont le contenu jeu vidéo. Ce pôle met en place des dispositifs pour stimuler la recherche et l’innovation. L’objectif est d’améliorer la compétitivité du territoire IDF et de développer l’emploi en IDF. Des projets se montent chez nous. Des projets collaboratifs entre entreprises et laboratoires de recherche, ou mono-partenaire, qui peuvent bénéficier de financements chez OSEO, au CNC. Au-delà des projets nous essayons de créer du networking et développer l’éco système.

EF. : Cap Digital finance-t-il certains projet et si oui sous quelles conditions ?

S.S. : Cap Digital n’est pas une structure qui finance en direct. C’est une structure qui labellise. Des projets nous sont soumis, puis expertisés par des commissions et les meilleurs bénéficient d’un label parfois nécessaire à l’obtention d’un financement auprès d’un autre organisme.

EF : Vous êtes un passage obligé ? Un filtre ?

S.S. : Nous ne voyons pas cela comme un filtre, mais comme un dispositif d’émulation.

EF : j’essaye de me mettre du côté des entreprises qui ont des besoins pour leurs projets et ne savent pas comment les financer. Puisque les investisseurs ne sont pas très réceptifs.
Il existe de nombreux dispositifs de financement et .nous sommes dans un éco système où les pouvoirs publics soutiennent le secteur. Il y a la DGR, ANR, CNC, OSEO, les DRIRE, les collectivités locales et l’Europe. Cap digital intervient aussi pour aider les entreprises à obtenir ces financements ?

SS. : Exactement, nous leur donnons des informations pour cibler au mieux les organismes pour leurs projets.

EF : Comment faut-il faire ? Faut-il être membre de Cap digital ?

SS : Cap Digital est une petite structure. Notre site propose une partie collaborative. Nous aidons les gens sans obligation de s’inscrire au démarrage. Puis si les échanges et besoins se développent nous leur demandons d’adhérer en s’acquittant d’une inscription de 250 € pour les TPE-PME. Une grande partie du financement des pôles est privée. Ce budget permet de faire fonctionner la structure mais pas d’investir dans les projets. Cap Digital aujourd’hui est un grand club d’entreprises avec plus de 350 membres dont 250 PME.

E.F. : Passons la parole à la Laurent Vannimenus de la DGE (Direction Générale des Entreprises).

Comment intervient la DGE dans le jeu vidéo ?

Laurent Vannimenus       Laurent Vannimenus, DGE : Si l’on divise le jeu vidéo en 3 actes : Une partie R&D, une partie de pré-production et une partie production. Nous intervenons sur la partie R&D dans le cadre des pôles de compétitivité en finançant des R&D. Sur les 3 dernières années nous finançons 4 projets avec les collectivités locales pour un total de 3.7millions d’euros.

Pour la pré-production, nous travaillons avec la CNC, les financements sont de quelques dizaines de K€ jusque un million d’euros.

Pour la production, nous avons co-écrit et lancé avec le CNC le crédit impôt jeu vidéo. Cela consiste à avoir un crédit impôt de 20% de dépenses éligibles en crédit d’impôt jeu vidéo.

E.F. : La DGE intervient pour financer des organismes qui eux-mêmes financent le jeu vidéo ?

LV : Sauf en R&D ou nous intervenons en direct. Si vous avez un projet de R&D vous allez voir un pôle pour faire labelliser votre projet. Ensuite vous venez nous voir et selon le budget et la qualité du projet nous intervenons dans le cadre du FAJV (fond d’aide au jeu vidéo). Vous allez aussi voir le CNC et nous participons au financement du CNC et du fond. Pour le crédit d’impôt, vous allez voir le FAJV également. Ou si vous ne payez pas d’impôt vous aurez un chèque des impôts.

EF : Avec le crédit d’impôt, si mes dépenses sont supérieures à mes recettes, c’est l’état qui me fera un chèque. C’est une bonne idée de financement. Si je suis en phase d’investissement cela signifie que je peux faire financer ces investissements par ce crédit d’impôt.

LV : Oui mais il y a quand même des dangers avec ce crédit d’impôt. Ce n’est pas en avance de l’exercice fiscal. Il y un mécanisme d‘agrément provisoire et d’agrément définitif. Si vous faites des écarts significatifs ou impactant et que vous n’obtenez pas l’agrément définitif vous perdez le bénéfice du crédit d’impôt et vous devez rembourser.

EF : Cela nécessite beaucoup de sérieux et une grande rigueur. Passons la parole à Christine Balian de la DRIRE.

Christine Balian       Christine Balian, DRIRE : En tant qu’acteur régional nous finançons les pôles de compétitivité en l’occurrence Cap Digital, au côté des collectivités d’Ile de France. Nous pouvons mobiliser des crédits à travers des dispositifs d’actions collectives, portés par un représentant de groupe de PME, notamment sur la filière du jeu vidéo. Il est possible de mobiliser des subventions à hauteur de 50% du montant du projet.

EF : Quand vous dites groupe de PME ce sont plusieurs PME qui se regroupent et qui viennent vous voir ou est-ce forcément une structure spécifique comme pour Capital Games qui est en SPL ‘Système Productif local) ?

CB : Capital Games est un bon exemple avec un plan d’action très structurant avec son SPL, en mettant sur la table des actions au bénéfice du groupe PME de la filière jeu vidéo. Pour financer des actions de communication, de R&D, le forum de financement…Il faut venir nous voir à plusieurs. Nous agissons pour des projets collectifs afin d’aider au développement de la filière. Il n’y a pas d’aide individuelle aux PME.
Notre objectif est d’aider au développement de la filière jeu vidéo sur des thématiques très variées (innovation, développement durable, création et transmission d’entreprise).

EF : Je passe la parole à Anne Darnige OSEO

      Anne Darnige, OSEO : OSEO est un établissement public issu du regroupement de deux entités, l’ANVAR et la BDPME. Nous finançons le jeu vidéo depuis 1997, nous avons 242 projets de jeux vidéo à notre actif pour un montant de 25 millions d’euros avec des pics d’activités en 2004 et 2007. Sur 250 aides plus de 100 sont faites en IDF et une quarantaine en Rhône Alpes. Nous proposons de l’avance remboursable à taux 0 pour 50% du montant de la R&D. Nous recrutons beaucoup dans le secteur à travers des aides à la faisabilité. Nous montons des aides hors budget OSEO avec les conseils régionaux, les DRIRES, les conseils généraux, le CNC.

Nous sommes centrés sur l’innovation technologique. OSEO et le CNC ont monté une convention commune qui permet de cofinancer des projets dans le domaine du multimédia. La partie OSEO est en avance remboursable et la partie CNC est en subvention. Les modalités sont accessibles sur les sites OSEO ou CNC. Il n’y a pas de date butoir ; il y a des commissions tous les mois.

En Rhône Alpes un appel à projet sur le jeu vidéo a été lancé avec la DRIRE Rhône Alpes, et la région Rhône Alpes. Il sera clos le 15/10. Les renseignements sont sur le site OSEO. Dans le cadre pacte PME une rencontre Pacte PME sur le thème du « serious game » va se dérouler le 2 octobre à Lyon. Il est encore possible de s’inscrire.

EF : Je vous conseille d’aller sur le site OSEO très complet et plein d’informations. OSEO réalise beaucoup de choses et vous devriez trouver des dispositifs qui correspondent à vos besoins.

Jean-Baptiste Roger, que fait la Région Ile de France dans tout cela ?

Jean-Baptiste Roger       Jean-Baptiste Roger, Région Ile de France : Nous sommes l’une des collectivités les plus importantes du monde. La Région IDF c’est 11,8 millions d’habitants, 4.3 milliards d’euros de budget. C’est un mastodonte qui s’est décidé à mettre en place une politique autour du jeu vidéo. Parce que cela fait partie de notre histoire et de notre culture, la collectivité territoriale d’IDF a aussi pour mission d’encourager le développement économique, les projets culturels, à destination du plus grand nombre. Le jeu vidéo est aujourd’hui un mass media, une culture offerte au plus grand nombre. Nous devions être présents dans ces événements.

Nous ne sommes que 3 à nous occuper des nouvelles technologies dont font partie les jeux vidéo. Par conséquent, nous ne gérons pas de dossier en direct avec les studios. Nous nous donnons pour mission de favoriser les conditions de la réussite, pour une bonne mise en place de projet. Nous essayons de les fabriquer avec des acteurs du terrain en les incitants notamment à se regrouper comme Digital Games en IDF. Nous sommes une interface permanente avec le secteur des jeux vidéo via un regroupement des acteurs. Cela marche très bien dans ce secteur. Nous nous connaissons tous un peu entre la DRIRE, le CNC, Cap Digital, OSEO. Nous nous repassons les dossiers quand nous ne pouvons les financer. Et grâce au travail de labellisation de Cap Digital nous sommes de gros financeurs de projets. Nous allons continuer à aider le secteur du jeu vidéo.

EF : Christophe Thevenot, Alma Consulting, que fait Alma Consulting et quels sont les différents mécanismes à la disposition des entreprises ?

Christophe Thevenot       Christophe Thevenot, Alma Consulting : Alma est un cabinet de conseils privé, avec 2000 collaborateurs. Nous accompagnons les entreprises pour l’obtention d’aides. (fond d’aide au jeu vidéo, crédit d’impôt...) La direction générale des impôts est un gros financeur, crédit d’impôt recherches, Urssaf, aides de la sphère numériques, CNC, Cap Digital, Imaginov, DGE, fond unique inter-ministeriel… Il faut savoir qu’il existe 6000 aides. Nous en avons identifié 10 à 15 pour le secteur du jeu vidéo. Certaines peuvent se cumuler et cela nécessite une vraie ingénierie financière pour financer son entreprise. Cela permet de financer du besoin en fond de roulement, de l’exonération, du projet, ce sont des effets secondaires appréciables.

EF : Nous avons réalisé un guide du financement avec tous les intervenants ici présent qui sera édité dans quelques semaines et que vous pouvez recevoir gratuitement.

EF : Voyons maintenant quel est le retour de ces aides ? Commençons par Play all

Jean-Philippe Messian       Jean-Philippe Messian, White Bird Production : Play All est une entité juridique créée pour gérer un projet de R&D mutualisé d’un moteur de développement cross plate-forme. Les équipes R&D de plusieurs sociétés se sont regroupées sur un site unique à Paris pour travailler sur ce projet. Play All a obtenu du financement public via les offres qui ont été expliquées. Nous nous sommes rapprochés de Cap Digital qui nous a aidé sur le circuit à suivre. Ils ont labellisé le projet en 2006 .Nous avons ensuite répondu à l’appel à projet de la DGE et nous avons été passés à la question par des experts. Au bout du compte nous avons obtenu un co-financement très significatif. Environ 45% du projet est financé à la fois par la DGE et les collectivités locales (région et département). Ce projet aujourd’hui existe. 50 personnes travaillent ensemble. Anne supervise ce projet.

EF : Quel est le coût d’un projet comme Play All ?

Anne Devouassoux, Play All : L’équipe Play All au quotidien c’est surtout des ressources humaines et une structure pour le centre R&D qui accueille une cinquantaine d’ingénieurs. Des coûts supportés par la structure Play All Management. Les ingénieurs restent salariés de leurs studios de développement et sont envoyés en mission plus ou moins longue dans la structure d’accueil Play All Management. Il y a aussi quelques coûts matériel, réseaux, support et des coûts indirects pour le marketing, la commercialisation.

EF : Passons la parole à Maël Barthélémy du studio Darkskyne.

On a beaucoup parlé de la région IDF, vous avez un projet hors de Paris et de Lyon ?

Maël Barthélémy       Maël Barthélémy, Darkskyne : Effectivement nous sommes installés en Picardie. Nous avons rencontré la Région Picardie qui souhaitait développer un pôle technologique. Ils nous ont aidé au début sous forme de subvention pour nous installer. Nous travaillons sur des technologies innovantes de moteurs 3D nous avons par conséquent rencontré OSEO et Anvar auprès de qui nous avons obtenu une aide à l’innovation. Un programme qui permet de financer une partie de notre développement. OSEO nous a accordé un prêt participatif à l’amorçage. Une seconde aide qui permet de financer la venue d’un futur investisseur. Nous travaillons aussi avec Alma Consulting pour la mise en place du statut jeune entreprise innovante qui permet d’avoir des réductions fiscales, ainsi que le statut crédit impôt recherche.

Avec le CNC nous avons un dossier en cours pour le crédit impôt jeu vidéo, ainsi qu’un dépôt pour une aide à la pré-production pour laquelle nous serons fixés fin octobre. Nous cumulons l’ensemble des possibilités.

EF : Est-ce plus facile d’être isolé en région qu’à Paris ?

MB : Il y a eu un petit travail initial pour les intéresser au jeu vidéo et au marché du jeu vidéo. Ils ont été rapidement intéressés, nous étions le seul projet dans ce secteur.

 

Table ronde n°1 : Qu'est ce que le jeu vidéo en 2008 ?

 


  Renseignements - Contacts : [AFJV]

Accueil - Plan - Newsletter - Liens - A propos - Rechercher