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La création audiovisuelle et cinématographique à l’ère du numérique : Modèle dominant, modèles émergeants

Jeudi 3 décembre 2009 - 9h - 18h30
Forum des Images
Forum des Halles 2, rue du Cinéma Paris 1er

 

Edition du 23.11.09 

 

 

Pour la création audiovisuelle et cinématographique, la crise actuelle se caractérise par une forte diminution des ressources des diffuseurs publics et commerciaux et par une baisse des investissements dans les contenus nouveaux et innovants. Elle se singularise en outre par une croissance spectaculaire des services bénéficiant à plein de la force du numérique (Internet, VOD, TNT, ADSL, Catch-up, et toujours piraterie !). Ces services, tout comme les nouveaux modes de consommation des spectateurs et téléspectateurs, déstabilisent ou concurrencent fortement les médias historiques.

Mais cette crise qui serait semblable à tant d’autres dans l’histoire des médias, accélère le changement du modèle économique traditionnel du secteur audiovisuel et amène de nombreux professionnels du cinéma et de l’audiovisuel à penser et à travailler autrement. Si la réglementation et les politiques de soutien restent une solution immédiate, les professionnels doivent d’abord trouver en eux-mêmes et collectivement les meilleures façons d’aborder le XXIème siècle audiovisuel. Il s’agit désormais pour eux de chercher des relais de croissance susceptibles de renforcer leurs activités, de trouver de nouveaux marchés et surtout de se projeter dans un monde nouveau dans lequel l’écriture, les financements, la promotion et la distribution ne seraient plus vraiment les mêmes.

Ces questions ne sont plus aujourd’hui totalement sans réponse : à travers le monde, des créateurs, des producteurs et des distributeurs ont commencé à explorer de nouvelles pistes, ont tenté des modèles économiques originaux qui, dans les domaines du financement et la distribution, tranchent radicalement avec les modèles traditionnels. Ces nouveaux modèles économiques mettent en effet le producteur directement en lien avec le marché, c'est-à-dire le consommateur, qu’il soit final (B2C) ou qu’il participe d’une manière ou d’une autre au préfinancement des contenus qu’il désire (crowd-funding) et auxquels il peut contribuer (crowd-sourcing). Cette situation radicalement nouvelle ne saurait s’improviser.
Le modèle actuel se caractérise par l’exclusivité, les territoires, les fenêtres, les gatekeepers qui d’un oui ou d’un non ont droit de vie ou de mort sur un projet, une faible transparence, une exploitation souvent brève, une seule chance pour les projets... Le nouveau (et furtur) modèle proposerait quant à lui un monde largement différent, sans exclusivité, sans fenêtres, plus global que territorialisé, plus transparent, sans gatekeepers et enfin dans lequel la longévité d’une oeuvre redeviendrait possible.

Il y a toujours aujourd’hui des modèles actuels sur lesquels fonctionnent le cinéma et la production audiovisuelle. Mais il y a aussi des modèles émergeants, non encore stabilisés, non reproductibles, et pour certains très exploratoires, mais qu’il est important de comprendre et d’analyser. Quelques vérités s’imposent à tous et elles peuvent éclairer les passages de l’un à l’autre de ces modèles. Celles et ceux qui se présentent devant vous aujourd’hui ont exploré ces voies. Ils nous démontrent que les bénéfices du monde numérique sont accessibles à tous ceux qui savent suivre les voies innovantes sans perdre de vue les réalités qui font la solidité des entreprises :

  1. Les modèles économiques actuels ne sont pas déjà dépassés et les modèles économiques émergeants ne sont ni généralisés ni nécessairement généralisables, tant la diversité des situations et des projets est grande.

  2. Les modèles d’organisation actuels des secteurs créatifs avec leurs codes, leurs règles, et leurs lois ainsi que la variété des fonds existants soutiennent encore largement l’activité créatrice du cinéma et de la télévision.

  3. Les nouveaux modèles n’ont pas encore de règles établies et définitives (Hadopi, AVMS peut-être) ni fonds (ou si faibles), ni manne magique qui viendrait soutenir et financer toute la création d’un simple click de souris.

  4. Ceux qui ont innové, tenté, et pour certains réussi dans ces expériences, sont ceux qui ont d’abord créé des oeuvres capables de séduire les publics grâce à leurs contenus.

  5. Ainsi les modèles émergeants ressemblent-ils encore beaucoup aux modèles dominants : il faut toujours écrire, financer et vendre de bonnes et belles histoires que la magie du numérique ne remplace pas.

  6. Les nouveaux modèles ne sont pas ceux de l’improvisation et de la spontanéité. Etre sur Internet ne signifie pas que des milliers ou des millions d’internautes vont trouver votre oeuvre, la consulter, la télécharger ou la cofinancer.

  7. Tout émergeants qu’ils soient, les nouveaux modèles ont leurs propres codes, leurs propres réseaux, leurs propres logiques pour lesquels la réussite passe aussi par l’intervention de nouveaux spécialistes.

Au travers des cas étudiés durant cette journée Pixel, il ne s’agit donc pas d’affirmer que le Word of Mouth serait déjà remplacé par le Word of Mouse et qu’un monde nouveau aurait supplanté l’ancien. Mais cette conférence nous permet d’envisager collectivement des voies d’inspiration innovantes, pragmatiques et rationnelles, loin des discours des faux gourous numériques et des docteurs Folamour de l’Internet.

 

 Programme

09.00 - 09.30       Accueil

 

09.30 - 9.45   Bienvenue : Laurence Herszberg - Directrice générale Forum des images
Introduction : Michel Reilhac, Nathalie Chesnel, Alain Modot

 

Toutes les études de cas seront suivies par une session de questions/réponses

 

SESSION 1 : La production
Modérateur: Alain Modot, Media Consulting Group

 

9.45- 10.15   Brian Newman (Etats-Unis)
Tribeca Film Institute/ Springboard Media
« Mieux que gratuit : un nouveau business model ? »

 

10.15 - 10.45   Peter De Maegd (Belgique)
The Artists : un thriller en format 2.0

 

10.45- 11.10   Nicolás Alcalá (Espagne)
El Cosmonauta : un exemple de crowd-sourcing
« We only do movies we want to watch, and we distribute them the way we would like them to be distributed »

 

11.10 – 11.35   Benjamin Seikel (Allemagne)
Le Monde de Roula - Une campagne de marketing cross media pour le film Roula Rouge

 

11.35 – 11.50   Pause café

 

SESSION 2 : ARG et jeux
Modérateur : Michel Reilhac, ARTE

 

11.50 – 12.15   Guillaume Charny Brunet (France)
Faber Novel : une boîte dédiée à l’innovation

 

12.15 – 12.40   Julien Aubert (France)
Faismoijouer.com : un exemple d’Augmented Reality Game

 

12.40 - 13.10   Adriana Skarped (Suède)
The truth about Marika : une fiction participative

 

13.10 – 14.45   Déjeuner

 

SESSION 3 : La distribution
Modérateur: Liz Rosenthal, Power to the Pixel

 

14.45 – 15.10   Fabio Lima (Brésil)
Rain: un modèle de distribution numérique locale sur demande

 

15.10 – 15.35   Michel Peters (Pays-Bas)
Content Republic : perspectives d'avenir de la distribution numérique

 

15.35 – 16.05   M dot Strange (Etats-Unis)
We Are the Strange: Distribution Case Study

 

16.05 – 16.30   Pause café

 

SESSION 4 : Transmédia : conception et développement
Modérateur : Nathalie Chesnel, MEDIA Desk France

 

16.30 – 17.00   Matthieu Chéreau (France)
Anges réalité : un projet transmédia

 

17.00– 17.30   Ilan Girard (France)
Le stagiaire

 

17.30 – 18.00   Henri Magalon (France)
B51

 

CONCLUSIONS

 

18.00 – 18.20   Conclusions personnelles d’un réalisateur cinéma

 

18.20 – 18.30   Aviva Silver
Programme MEDIA, Commission européenne

 

18.30 – 19.30   Cocktail

 

19.30 – 21.00   Projection: tbc

 

 

 


 

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