Après une très belle année 2008 (23,5 millions d’unités écoulées) et les craintes de l’impact de la crise économique mondiale, le marché français des téléphones mobiles a plutôt fait bonne figure en 2009 et les enseignements sont nombreux.
Des tendances très différentes d’un pays à l’autre
Le marché français est resté stable entre 2009 et 2008, avec une très légère croissance. Si la baisse des ventes de portables « classiques » avait été correctement estimée (20 millions d’unités, en baisse de -8% par rapport à 2008), le succès du smartphone a été encore plus important : le segment phare du mobile a vu ses ventes doubler, passant de 1,8 à 3,6 millions d’unités.
Chez nos voisins européens, l’Italie et l’Espagne ont renoué avec la croissance tandis que l’Allemagne a enregistré une deuxième année consécutive de forte baisse des ventes. La Grande-Bretagne reste de loin le premier marché en Europe même si les ventes de smartphones n’ont pas compensé le recul des mobiles classiques. Enfin, le marché mondial a reculé de -3,8%, avec un volume total de 1,16 milliards de terminaux contre 1,2 milliards en 2008. |
Taille du marché des téléphones mobiles en millions d’unités
et évolution 2009/2008
Source : GfK Retail and technology Février 2010 |
Aurons-nous tous un smartphone ?
Il n’aura fallu que deux ans pour que le smartphone s’impose comme le produit haut-de-gamme auprès du grand public. Pour Matthieu Cortesse, Directeur de Clientèle Télécom chez GfK Retail and Technology, le succès du smartphone tient à la conjonction de trois révolutions : « les écrans tactiles qui valorisent le mobile, l’internet haut-débit (3G+ et bientôt 4G) et les contenus dédiés sont à l’origine du phénomène. »
Les consommateurs apprennent à faire de plus en plus de choses avec leur mobile, et le smartphone s’imposera de plus en plus comme une évidence : les fabricants vont généraliser les systèmes d’exploitation ouverts dans leurs produits afin de les rendre compatibles avec les milliers d’applications et contenus multimédia. Mais attention : seuls les produits dotés d’un système ouvert et d’une interface « évoluée » (c’est-à-dire écran tactile et/ou clavier AZERTY) seront vraiment considérés comme des smartphones, et c’est bien cette tendance qu’observe GfK.
C’est finalement toute la structure des ventes qui se trouve affectée par ce raz-de-marée : autant il est normal que les produits d’entrée de gamme (mobiles GPRS) pèsent de moins en moins lourd dans les ventes (voir graphique ci-dessous), autant les performances en demi-teinte des mobiles 3G sont surprenantes. « Pour redéfinir le milieu de gamme, les fabricants de terminaux ont plutôt mis l’accent sur le design et misé sur l’écran tactile » précise Matthieu Cortesse, ce qui se traduit par un léger recul des ventes de mobiles classiques haut-de-gamme (hors smartphones) au profit de produits à moindre débit (Edge plutôt que 3G).
Poids et évolution des ventes en volume des principaux segments de terminaux mobiles en France

Source : GfK Retail and technology Février 2010
L’importance du design : 1 mobile sur 3 vendu en 2009 avait un écran tactile
L’écran tactile est définitivement installé comme la caractéristique préférée des Français quand ils choisissent leur nouveau mobile. Pour François Klipfel, Directeur Général Adjoint de GfK Retail & Technology, ce phénomène est encore plus spectaculaire que la percée des smartphones : « Près de la moitié des mobiles vendus en décembre 2009 avaient un écran tactile contre seulement 20% en décembre 2008. » On notera également que c’est la France qui détient le taux de pénétration du tactile le plus élevé d’Europe
Poids des mobiles avec écran tactile dans les ventes en volume % en France

Source : GfK Retail and Technology Février 2010
Décollage des ventes de contenus grâce aux applications
Une des différences fondamentales entre un smartphone et un mobile classique est que le premier donne accès à un catalogue d’applications et de contenus très riche. Les consommateurs avaient le choix de la marque du terminal, ils doivent aussi se poser la question du système d’exploitation, car l’interface et la gamme d’applications disponibles varient énormément. « GfK est maintenant en mesure de relever et d’analyser les offres d’applications mobiles. Si le leader du marché propose près de 100.000 applications gratuites et payantes, certains challengers n’en ont que quelques centaines... Cela influencera forcément le consommateur au moment du choix du terminal ! » précise François Klipfel.
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