- Pour la première fois en 2010 le nombre de femmes ingénieures diminue, notamment dans les technologies de l’information où les opportunités d’emploi sont nombreuses mais méconnues
- Pourtant 70% des ingénieurs estiment que la mixité du management est importante, et les compétences des femmes sont de mieux en mieux reconnues en entreprise
La proportion d’ingénieures diplômées diminue de façon constante depuis deux ans
Même si la crise a réduit le nombre de recrutements effectués, le diplôme d’ingénieur reste une valeur reconnue auprès des employeurs. En effet, 90% des diplômées 2008 qui sont sur le marché du travail ont un emploi. Pourtant, depuis deux ans la proportion de femmes qui s’orientent vers la formation d’ingénieur diminue. Pour la première fois en 2009, le nombre de femmes ingénieures baisse non seulement en proportion relative (17% des ingénieurs sont des femmes), mais en valeur absolue (moins 1 000 ingénieures entre 2008 et 2009). Les explications sont multiples. De nombreuses enquêtes mettent en évidence une certaine désaffection des plus jeunes pour les métiers scientifiques et techniques. D’autres révèlent le poids des préjugés, qui expliqueraient que bien que les filles représentent 39% des élèves en terminales scientifiques, seules 20% d’entre elles poursuivent dans l’Enseignement Supérieur. A cela s’ajoute le manque de compréhension des métiers et des opportunités existantes.
Par manque d'informations, 40% des jeunes ingénieures choisissent des spécialisations qui ne créent que 20% des emplois
En 2009, un quart des 48 400 recrutements d’ingénieurs constatés a été effectué dans le secteur des services, notamment des services informatiques (activité d’ingénierie, SSII). Il y a eu moins de recrutements de femmes ingénieures, en particulier parce qu’elles sont de moins en moins nombreuses à choisir les spécialisations en technologie de l’information (moins 11% en deux ans), secteur offrant pourtant de nombreux emplois. Situation d’autant plus paradoxale que les jeunes femmes utilisent quotidiennement l’informatique, et que ce secteur est l’un de ceux où l’employabilité des femmes est la meilleure, la stabilité des postes la plus élevée (91% des femmes du secteur des TIC ont un CDI versus 83,7% pour l’ensemble des ingénieures) et un salaire moyen supérieur tiré par la forte proportion de femmes ayant plus de 45 ans (71 K€ versus 50 K€ pour l’ensemble des ingénieures).
Les compétences des femmes sont mieux reconnues en entreprise et 70% des ingénieurs sont favorables à un management mixte
Plus de la moitié des femmes estiment que leurs compétences en tant qu’expert, ou chef d’équipe sont bien reconnues dans l’entreprise. Sur d’autres indicateurs où l’écart 2008 hommes/femmes était important, la situation s’améliore : + 8% de femmes sont impliquées dans les prises de décision stratégiques, + 6% sont chefs de projets et + 5% ont des responsabilités budgétaires ou de chiffre d’affaires. Toutefois le plafond de verre reste une réalité, 33% des femmes déclarent exercer des responsabilités hiérarchiques versus 45% pour les hommes. Cet écart persiste dans les fonctions plus élevées : 12% seulement des femmes sont membres de Comités de Direction ou Directoires (21% pour l’ensemble des ingénieurs).
Pour la majeure partie des ingénieurs, il est nécessaire de favoriser davantage de mixité dans le management car cela permet de renforcer la performance économique de l’entreprise. L’une des premières actions à conduire pour y parvenir, souhaitée par plus de 80% des femmes ingénieures interrogées, porte sur l’accompagnement de la vie professionnelle et de la vie privée (souplesse des horaires, accompagnement du congé parental, gestion de la double mobilité pour les couples). C’est précisément le sujet sur lequel se focalise 20% des organisations où travaillent les ingénieures aujourd’hui.
Orange a fait réaliser cette étude pour la deuxième année consécutive dans le cadre de son engagement pour encourager les jeunes femmes à s’orienter vers les filières scientifiques et techniques. Afin de promouvoir concrètement l’égalité professionnelle femmes/hommes dans tous les domaines, Orange s’est par ailleurs fixé un objectif très ambitieux de féminisation de tous ses comités de direction à hauteur de 35% d’ici 2015.
Retrouvez une synthèse de l’étude Mutationnelles 2010
Vos commentaires
|
Soyez le premier à apporter votre contribution.