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Jeu vidéo à la demande

Quel marché pour quels acteurs ?

 

Edition du 10.03.11 
3,252 lectures 

 

L’industrie du jeu vidéo évolue depuis maintenant quelques mois avec, entre autre, l’arrivée du marché dématérialisé. Mais une autre forme de nouveauté fait de plus en plus parler d’elle : le jeu vidéo à la demande, aussi appelé « cloud gaming ». Plus besoin de posséder une console de jeu, ni même de jeux vidéo tout court... ce système sera-t-il la révolution du jeu vidéo ?

 

Le cloud gaming : comment cela fonctionne-t-il ?

OnliveMis en place par OnLive aux Etats-Unis l’année dernière, le jeu vidéo à la demande s’affirme de plus en plus dans l’industrie. D’après Playcast Media Systems « le cloud gaming est un secteur en très forte croissance qui devrait représenter, au niveau mondial, un marché de près de 400 millions d’euros en 2012 ». Ce service permet aux utilisateurs de jouer instantanément à des titres directement sur leur télévision - ou leur ordinateur - grâce à des serveurs distants qui se chargent de lancer des jeux et de calculer les images résultant des actions du joueur. Ces flux sont envoyés en temps réel à la box du fournisseur d’accès Internet du joueur. Aucun support (DVD, cartouche), ni de téléchargement n’est donc requis puisque le joueur recevra uniquement des flux audio et vidéo avec lesquels il pourra interagir.

Ivan Lebeau, Directeur Général France de Playcast, affirme également que la distance entre les serveurs et les box des fournisseurs d’accès Internet ne perturbera pas la fluidité des jeux. En effet, Playcast annonce une latence de 180 millisecondes avec leurs services, ce qui ne devrait pas trop gêner les joueurs sur des titres casuals, puisque ces derniers demandent beaucoup moins de ressources. Ce qui est primordial dans ce type de mise en place reste essentiellement la qualité de la connexion des utilisateurs car il faudra au minimum 3Mbit pour pouvoir jouer confortablement à un jeu dit casual et plutôt 5Mbit pour s’essayer à un titre destiné aux « core gamer ». Mais toujours selon Playcast, d’ici 2 à 3 années, la technologie permettra d’oublier ces problèmes et ainsi optimiser les contenus pour une plus grande diversité.

 

Des éditeurs toujours méfiants mais des avantages pour tout le monde

Jeu vidéo à la demandeMême si des éditeurs commencent à se lancer dans ce projet, comme nous pouvons le voir avec Activision et Ubisoft qui s’associent respectivement à Playcast et OnLive, il faut tout de même nuancer. La majorité des éditeurs sont encore en train de tester ce service car investir de trop grosses sommes d’argent dans une technologie qui n’a pas encore réellement fait ses preuves peut être préjudiciable pour l’avenir. Mais l’idée est d’un autre côté très bénéfique pour eux puisque les risques de piratage baissent considérablement et le marché de l’occasion serait fortement réduit. De plus, les éditeurs pourront proposer aux utilisateurs un large choix de packs regroupant plusieurs contenus (jeux familiaux, pour enfants, etc.) à des prix différents.

Concernant les exclusivités qui seront offertes aux joueurs grâce au cloud gaming, les démonstrations gratuites ne sont pas à négliger puisqu’avec ces dernières, l’utilisateur pourra se faire une idée du produit avant de l’acheter, sans pour autant devoir télécharger un programme, chose assez lourde et fastidieuse. Le jeu vidéo à la demande devrait connaître un essort important auprès des pays émergents en permettant à ces derniers de faire un saut technologique incroyable, puisque les consoles de jeu dernière génération sont nettement moins présentes dans ces régions du monde. En revanche, dans les pays bénéficiant déjà d'un marché des jeux vidéo à maturité, le cloud gaming sera principalement un complément aux produits disponibles sur les consoles de salon, bien que les constructeurs devront sans doute adapter leurs stratégies à ce nouveau mode de consommation.

 

Jeux vidéo à la demande     Jeux vidéo à la demande

 

Enfin, l’avantage principal pour les joueurs reste le fait qu’ils n’ont plus besoin de se soucier de leur matériel pour jouer à des jeux vidéo récents, ni d’acheter les toutes dernières plates-formes pour bénéficier des nouveautés. Dans la même optique, ce service permettra aux personnes ne pouvant pas avoir accès aux consoles de jeux (trop couteuses par exemple) de pouvoir jouer à des prix abordables.

 

Vos commentaires

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profilAttila  Le Cloud Gaming, en tant que joueur, je pense que c'est la pire des choses qui puisse arriver au jeux-vidéo, et à l'instar des DLCs je n'y mettrais jamais le moindre centime. Et même en tant que (jeune) développeur, c'est tout ce que je ne souhaite pas aux projets sur lesquels je travaille.

Certes cela règle le problème des machines toujours plus cher à acquérir, mais ce serait surtout une porte grande ouverte à de la location pure d'un temps de jeu, le joueur ne ferait que consommer pour une poignée d'€uros un jeu qu'il ne posséderait plus. Plus de prêt, plus de revente, un marché entièrement géré par les éditeurs et leurs humeurs, pour le meilleur et pour le pire. On a vu très récemment l'exemple d'EA coupant l'accès à ses jeux à un joueur ayant exprimé son mécontentement à propos du médiocre Dragon Age II, qu'en sera-t-il quand tout nos loisirs passeront par un ou deux boitiers reliés à un écran ?

Et je ne parle même pas de la dimension "distributeur automatique", dans la mesure où on jouera pour quelques €uros à un jeu X ou Y, et qui sait si le lendemain il sera toujours sur les serveurs pour pouvoir continuer sa partie.
Idem dans le cas d'un achat de jeu complet d'ailleurs, les DRMs m'empêchent déjà de jouer à certain de mes jeux, je ne préfère même pas imaginer la galère que ce sera de lancer un jeu acheté légalement quand je serais totalement dépossédé du support.
Hors la culture, et l'art dirais-je même, n'ont pas à subir ces contraintes de consommable, on ne parle pas d'un paquet de chips, on parle d'un boulot de plusieurs années pour des développeurs ayant mis leur énergie, leurs temps, leur savoir et bien souvent davantage dans ces œuvres.

J'ose espérer que tout comme le 100% dématérialisé de la PSPgo, ces services resteront des parts anecdotiques du marché, adapté à un public qui ne demande rien d'autres que de passer une ou deux heures sur un jeu pour se détendre avant de passer au suivant, et pour qui le jeux-vidéo est un lointain loisir pour lequel ils n'ont qu'un très faible budget.
Mais clairement, malgré le budget très important que je mets dans le jeux-vidéo, jamais le moindre de mes centimes n'ira à ces dispositifs.

16 mars 2011 à 11:35

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