Menu
logo GD Studio

Doit-on encore éditer sur mobile (quand on est un studio indépendant) ?

Par Pascal Luban - Game designer & creative director, freelance


Doit-on encore éditer sur mobile (quand on est un studio indépendant) ? Ne plus développer pour mobiles ! Suis-je devenu fou ? Après tout, le segment des jeux mobiles est devenu dominant au détriment des PC et consoles. En 2018, les revenus générés par les jeux sur les plateformes mobiles ont compté pour près de 45% du marché global ; les jeux console ne représentaient que 30% et les jeux PC ont dû se contenter de 25% (source Newzoo). Et la tendance s'est poursuivie en 2019.

Alors pourquoi déconseiller aux indépendants ces plateformes à gros potentiel et en forte croissance ? La raison est simple : il est tout simplement très difficile de gagner de l'argent sur un jeu mobile lorsqu'on ne dispose pas d'un gros budget pour acquérir du trafic et du savoir-faire en marketing qui va avec. Les statistiques sont inquiétantes : un récent rapport de la société d'analyse Sensor Tower Intelligence a démontré que 1% des jeux mobiles disponible au troisième trimestre 2019 ont raflé 93% des revenus générés sur ces plateformes. Cela ne laisse pas grand-chose pour les autres. Et ce n'est pas tout, en 2018, seuls 28% des apps ont été téléchargées plus de 1000 fois.

Steam pourrait être une alternative. Pendant plusieurs années, cette plateforme a représenté la voie royale pour les indépendants : environnement de développement facile, large audience homogène, innovations commerciales comme l'accès anticipé. Mais avec plus de 9000 titres publiés rien qu'en 2018, il y est devenu très difficile d'y "creuser son trou". En parallèle, les joueurs y sont de plus en plus exigeants concernant la qualité des jeux et leur ampleur, donc leur coût. L'Epic Games Store représente une autre possibilité mais elle va rapidement se remplir.

Alors, où éditer son jeu lorsqu'on est une petite équipe ?

Si votre jeu est réellement innovant et fortement différencié par rapport à la concurrence, les plateformes mobiles restent un bon choix. De plus, on peut alors tenter d'adopter le modèle économique du premium, c'est à dire, vendre le jeu pour quelques euros. Ce modèle économique est plus simple que celui du freemium qui nécessite un game design plus pointu et un suivi gourmand en ressources.

Si votre jeu s'adresse clairement à une audience casual, songez à Facebook. Trop de développeurs ignorent cette plateforme, alors qu'elle compte plus de 800 millions de joueurs mensuels.

Si votre jeu s'adresse à des gamers, les consoles de salon offrent d'intéressantes opportunités et s'ouvrent aux jeunes équipes. Vous n'avez même plus besoin de démontrer que vous avez déjà publié un jeu. Si votre équipe compte quelques talents prometteurs et propose un concept solide, vous pourrez convaincre Sony, Microsoft ou Nintendo de vous donner une licence de développeur. Il vous restera quand même à acheter au moins un kit de développement et, optionnellement, un second kit de test, mais leurs prix ont fortement baissé. Il vous sera ensuite aisé d'auto-éditer votre jeu sur leurs magasins numériques respectifs.

Remerciements : Marc Kruzik, Guillaume Guinet.
Crédit photo : Manuel-F-O

Mes dernières publications sur l'AFJV


Plus d'informations sur GD Studio
Publié le 23 janvier 2020 par Emmanuel Forsans

Commentaires des lecteurs

digimagz
digimagz
28 janvier 2020
Répondre
MP
Bonjour, dommage vous ne parlez pas du marché des opérateurs mobile et Internet pour lesquels un éditeur peut passer des deals en direct ou via un agrégateur de jeux mobile pour permettre d'engrenger de substentiels revenus. Ce marché des opérateurs est plutôt dynamique et à l'avantage en passant par un agrégateur de distribuer son jeu dans plusieurs pays. Cordialement
Poster un commentaire

Publicité

Partager