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Guide des métiers 2020 : VFX artist

Il peut travailler dans tous les domaines de l'audiovisuel, tant les effets spéciaux sont devenus monnaie courante


Guide des métiers 2020 : VFX artistLe VFX artist est un spécialiste des effets visuels, il est donc amené à réaliser ce qu'on a l'habitude d'appeler des effets spéciaux. Il peut travailler dans tous les domaines de l'audiovisuel ou presque, tant les effets spéciaux sont devenus monnaie courante. Car si on détecte bien son travail dans un film de science-fiction ou même d'action, le VFX artist intervient aussi pour le moindre spot de pub, le moindre téléfilm et même dans de nombreuses émissions de télévision. Généralement, l'objectif est de créer des effets homogènes au point de faire disparaître toutes traces de leur conception par ordinateur. Cela peut prendre d'innombrables heures de recherches sur des phénomènes réels, de visionnages de vidéos de référence et même de création de nouveaux outils destinés aux équipes. Un VFX artist doit développer une bonne compréhension du comportement des éléments, du feu, de la fumée, des liquides, des solides, des gaz... Pour travailler sur une destruction, par exemple, il est, en effet, essentiel de savoir à quoi ressemblent différents objets à l'intérieur et à l'extérieur. Par conséquent, avoir des notions de physique peut s'avérer très utile. En fonction de la taille de l'équipe au sein de laquelle il travaille, un VFX artist peut être amené à se pencher sur différentes disciplines. Dans les grandes entreprises, le VFX artist se concentrera probablement sur l'effet ou la simulation. Dans les petites entreprises, on pourra lui demander de créer également un rendu. Un bon artiste d'effets visuels sait comment configurer les matériaux et les lumières en fonction du résultat souhaité par le réalisateur.

Informations métier
Niveau d'études Bac +3 à bac +5
Salaire mensuel brut De 2 000 € à 3 000 €

Pour les jeux vidéo

Il existe des différences entre les effets visuels pour les jeux et les effets visuels pour les films. Dans les jeux vidéo, le rendu est créé en temps réel. Cela peut impliquer des techniques complexes pour obtenir le bon effet, l'utilisation de programmes comme Unreal Engine et Unity. L'une des contraintes majeures est de cerner la quantité de mémoire nécessaire au calcul de l'effet tout en conservant un rendu impressionnant. Si les Unreal Engine ou Unity intègrent leurs outils d'effets, il est nécessaire de maîtriser les logiciels 3D et les moindres fonctionnements des logiciels spécialisés comme Houdini.

Qualités requises

  • Savoir dessiner (2D)
  • Être créatif, imaginatif
  • Sens artistique
  • Bonne culture de l'image

Acquis de fin d'études

  • Connaissance de toute la chaîne de production d'un jeu vidéo
  • Connaissance de la théorie des couleurs et des fondamentaux en matériaux et textures
  • Connaissance des principaux logiciels
  • Notion de marketing (tendances, comportement des joueurs)

Paroles de professionnels : Franck Boutry

Franck BoutryAncien élève de l'école Objectif 3D, devenu spécialiste des effets spéciaux, il a travaillé notamment pour Mikros Animation. Il intervient aussi aujourd'hui dans son ancienne école.

Quel est le rôle d'un FX Artist dans une production numérique ? Est-il le même dans le cinéma et dans le jeu vidéo ?

C'est un domaine très large. Il concerne les explosions, fumées, destructions, simulations, mais également le cloth (mouvement des vêtements), le fur (mouvement des cheveux, poils, fourrure), le mouvement de l'eau, tous les éléments atmosphériques, mais également l'étalonnage pour le gaming. Le domaine du FX reprend beaucoup de spécialisations. Celles-ci sont identiques en cinéma et en gaming. Les jeux vidéo deviennent de plus en plus " cinématographiés ". Le cinéma et le gaming se confondent et certaines techniques d'un secteur sont utilisées dans l'autre et vice versa.

À quel moment de la production du jeu le FX artist intervient-il ? Qui sont ses principaux interlocuteurs dans le pipeline de production ?

En cinéma, le FX artist intervient en post-prod dans les dernières étapes du projet. Il a besoin des images quasi finies, animées, texturées, éclairées pour pouvoir mettre en place les effets visuels. En revanche, en game, il intervient dès le début de la création des environnements.

Quels sont vos interlocuteurs directs dans votre travail ? Pouvez-vous demander à un modeleur 3D, un graphiste de revoir sa copie pour améliorer les rendus de votre travail ?

Le lead, le superviseur, le réalisateur. Si les images ne sont pas adéquates, il y a une hiérarchie à respecter. L'artiste FX doit d'abord passer par son lead qui prendra ses directives de son supérieur. De toute façon, cette hiérarchie est valable quelle que soit la spécialisation.

Le jeu vidéo a pour caractéristique d'être un média interactif. Cela apporte-t-il des contraintes particulières par rapport au cinéma ?

Oui. La contrainte principale est le moteur de rendu en temps réel. Jusqu'à présent, en gaming, on privilégiait la jouabilité au détriment de l'image. Avec les évolutions matérielle et logicielle d'aujourd'hui et encore plus celles à venir, on aura la possibilité de pouvoir bénéficier de gameplays performants tout en ayant de belles images.

Quelles sont les qualités que doit posséder un FX artist pour percer ? Doit-il être autant technicien qu'artiste ?

Il doit être autant technicien qu'artiste. Le FX artist doit avoir une sensibilité artistique et créative. Il doit posséder une bonne méthode de travail, être autonome, mais doit savoir travailler en équipe, être rigoureux et flexible sur les horaires.

Paroles de professionnels : Mathieu Rondet

Mathieu RondetIl est titulaire de deux masters en biologie et… VFX artist depuis plus de 13 ans ! Il a travaillé dans la publicité, le long métrage et les cinématiques de jeu vidéo pour de nombreux studios tels que Illumination Mac Guff, Mikros Image, Digital District, Mathematic, Ubisoft, Wizz/Fix Studio ou Attitude. Il n'a de cesse de privilégier l'expérimentation et les approches pluridisciplinaires. Se focalisant désormais sur le logiciel Houdini, il souhaite transmettre aux étudiants d'ArtFX ce savoir acquis en production.

Comment expliqueriez-vous à un jeune passionné d'image le métier de VFX artist ?

Un VFX artist doit faire bouger des éléments selon des contraintes de timing et de position comme un animateur classique, tout en contrôlant la forme et l'apparence au rendu comme un modeleur ou un shading artist. La différence avec ces autres métiers réside dans la méthode utilisée pour y parvenir et le fait que ces aspects soient interdépendants. En effet, un VFX artist est en charge de produire des effets visuels dont le comportement est basé sur des lois physiques. Il peut avoir comme consigne de reproduire des phénomènes connus, ou, au contraire, de créer des effets qui n'existent pas dans la réalité. Mais, dans tous les cas, ils devront sembler plausibles grâce au comportement réaliste des éléments qu'il va combiner. Des logiciels dédiés vont lui permettre de faire bouger ces éléments conformément aux contraintes du plan tout en les laissant évoluer par eux-mêmes dans l'espace de façon naturelle grâce au moteur physique. Sachant que chaque aspect est dépendant de tous les autres avec ce type de méthode de calcul, charge à lui de trouver les meilleurs réglages pour déplacer au bon moment et au bon endroit un élément de la façon la plus gracieuse ou la plus impressionnante possible, tout en contrôlant au mieux son aspect pour satisfaire les attentes visuelles du spectateur quant à la nature de cet effet (est-ce de l'eau, du feu, de l'énergie, etc. ? ).

À quel stade de la création d'une oeuvre cinématographique ou vidéoludique le VFX artist intervient-il ?

Même s'il est préférable de le consulter dès la préproduction pour éviter certains problèmes par la suite, le VFX artist est plutôt sollicité en milieu/fin de production. Il peut préparer des setups en amont pour gagner du temps et automatiser les shots, mais, pour livrer un plan définitif, il aura besoin d'une animation validée, d'un décor avec les assets dans leur forme et position finale. Pour une oeuvre cinématographique, il intervient donc en théorie après le modeling et l'animation et avant le lighting et le compositing à qui il livre ses passes de rendu ou ses caches de simulation. Mais il peut aussi être amené à rendre ses propres images et selon les productions à effectuer le compositing de ses éléments. Dès lors, il n'est pas rare que les VFX aient lieu en fin de production, en parallèle du lighting / rendu / compositing avec lesquels ils effectuent des allers-retours. C'est pourquoi un VFX artist doit avoir de bonnes notions de shading, de lighting et de compositing. Pour une oeuvre vidéoludique, le caractère temps réel et full 3D de la visualisation de l'effet font qu'il interviendra plus tôt dans la chaîne de production afin de s'assurer de la procéduralité de l'effet dès que possible.

Qui sont ses interlocuteurs dans le pipeline de production ?

Cela dépend des structures et de la taille des productions. Il peut se retrouver en contact direct avec le réalisateur, le client ou l'agence pour que ces derniers lui expliquent plus précisément comment ils imaginent un effet. Il peut dans d'autres cas ne passer que par son superviseur VFX qui centralisera les informations et décidera des stratégies à mettre en place. Il peut également interagir avec d'autres départements pour demander ou effectuer des ajustements. Une animation de personnage qui pénètre dans un décor et qui fausse des collisions, ou un vaisseau qui bouge beaucoup trop vite ou trop lentement pour laisser une traînée de fumée réaliste nécessiteront par exemple de discuter avec l'animation. Une simulation avec un visuel particulier (cartoon, technologique, etc.) nécessitera, quant à elle, de sortir des passes de rendus et des attributs spécifiques pour le lighting et le compositing. Ce seront généralement les artistes en charge de rendre ces éléments particuliers qui feront ces demandes auprès du VFX artist afin de faciliter l'intégration de la simulation.

Quand on pense effets spéciaux, on pense technique. Quelle est la part de la créativité artistique dans ce métier ?

Dans les VFX comme dans toute autre forme d'art, la créativité visuelle est pour moi indissociable de la créativité intellectuelle. Un effet plus modeste, mais malin peut être parfois tout aussi gratifiant qu'un énorme effet qui a juste nécessité de grosses machines et plus de jours de calculs. Cela apporte un intérêt supplémentaire à ce métier et j'envisage la créativité artistique comme un mélange de ces deux composantes. Cette précision étant faite, je pense que d'un point de vue graphique, le VFX artist va pouvoir s'exprimer pleinement en proposant des tests portant sur l'impression d'énergie et de force que dégage un effet, sa façon d'occuper l'espace, les émotions qu'il engendre par des changements de timing ou d'échelle, par des sursauts de couleur ou de formes. On peut toujours revisiter l'aspect d'une tornade ou d'un tsunami, ajouter ce détail qui fera voyager l'oeil et l'imagination autrement dans une destruction pourtant déjà vue mille fois au cinéma. Et d'un point de vue intellectuel, il va pouvoir s'exprimer en trouvant des raccourcis et des astuces pour atteindre ce résultat visuel plus efficacement.

Du jeu casual pour smartphone au AAA ou au Blockbuster hollywoodien, toutes les oeuvres ont-elles recours aux effets spéciaux ?

À notre époque oui, énormément. C'est à la fois un argument de vente basé sur la surenchère, mais aussi une attente réelle de la part des consommateurs et même une source de déception chez eux s'il n'y en a pas assez. C'est devenu une forme de ponctuation visuelle. Une dépendance aussi. Cela peut conduire à des aberrations narratives et à la dénaturation d'un contenu ainsi qu'à des surcoûts injustifiés parfois. Mais même dans un jeu casual pour smartphone ou une simple publicité pour du dentifrice, les effets spéciaux apportent cette information supplémentaire qui indique au cerveau que quelque chose d'inhabituel et d'important s'est produit. Et dans une société où l'on est surexposé à l'image, cette stimulation supplémentaire fait sortir du lot le produit qui l'aura utilisée de la façon la plus impactante, aussi bien de par sa qualité... que de par sa quantité ou son intensité. Les VFX artists ont donc de beaux jours devant eux.


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Publié le 30 juillet 2020 par Emmanuel Forsans

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