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Après le succès de Far Cry 5, quel avenir pour la formule gagnante d'Ubisoft ?

Par Pascal Luban - Game designer & creative director, freelance


Far Cry 5Far Cry 5 est le dernier des jeux en monde ouverts d'Ubisoft. C'est une magnifique réalisation et un indéniable succès. Ubisoft domine son sujet ; il maîtrise tous les ingrédients composant la recette d'un jeu en monde ouvert :

  • Une topologie offrant une extraordinaire diversité, de nombreuses surprises et des points de vue à couper le souffle
  • Un monde crédible et vivant dont les constituants ont presque tous un intérêt du point de vue du gameplay
  • Un contexte narratif intéressant
  • Un immense choix d'action qui offre au joueur une grande durée de vie et qui lui permet de personnaliser sa façon de "vivre" le jeu
  • Une gameplay protéiforme et efficace.

Cette formule est bien rodée et nous la retrouvons dans d'autres séries à succès de l'éditeur Français : Ghost Recon, Watch Dogs, The Division et, dans une moindre mesure, Assassin's Creed.

Mais ces jeux ont beau offrir des contextes très différents, on retrouve rapidement la même expérience de jeu. Lorsqu'on commence un de ces jeux, on sait à quoi s'attendre : beaucoup de déplacement, des arbres de progression pour débloquer armes, attributs ou équipiers, mais aussi des situations souvent répétitives et une narration qui sert de prétexte à l'action au détriment de l'intérêt dramatique.

C'est là que le bât blesse : cette répétition de l'expérience de jeu peut devenir lassante et tuer la poule aux oeufs d'or. Ubisoft se trouve donc, à mon sens, dans une situation qui est à la fois enviable et dangereuse : avoir développé un modèle de jeu extraordinairement efficace et en être devenu dépendant.

Quelles solutions Ubisoft pourrait-il envisager pour l'avenir de ses franchises en monde ouverts ?

  • Continuer sa stratégie actuelle qui consiste à peaufiner le modèle et à rajouter quelques améliorations. C'est la solution la moins risquée et celle appliquée pour la série Call of Duty avec succès. Mais la différence entre Ubisoft et Activision est que ce dernier ne l'applique que sur un titre et non plusieurs.
  • Mieux différencier chaque franchise en leur donnant une caractéristique forte. Par exemple, Assassin's Creed se distingue par le poids du contexte historique. Une stratégie similaire pourrait être déployée pour Ghost Recon et The Division.
  • Mettre l'accent sur la narration. Si les contextes des jeux en mondes ouverts d'Ubisoft sont intéressants, force est de constater qu'on ne peut pas y développer la moindre empathie avec le personnage qu'on est censé incarner et que les personnages secondaires sont des stéréotypes sans grande profondeur. De plus, les arcs narratifs sont très peu travaillés. Imaginez maintenant l'impact d'une narration de la qualité d'un The Last Of Us sur un jeu comme Far Cry.
  • Abandonner la liberté totale de mouvement et offrir un monde semi-ouvert comme le fait This War Of Mine. Le bénéfice de cette solution est de concentrer les ressources du développement sur les lieux où se déroulent les missions, permettant ainsi d'offrir des missions mieux écrites.

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Publié le 15 mai 2018 par Emmanuel Forsans

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