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Exposition : "Robot pour être vrai" de France Cadet au Cube

Issy‐les‐Moulineaux, du 30 janvier au 25 juillet 2015 en entrée libre


Exposition : "Robot pour être vrai" de France Cadet au CubeFrance Cadet explore la robotique et les nouveaux médias, naviguant entre les arts et les sciences. Elle cherche à explorer les limites et les problèmes de maîtrise de la science et des technologies au sens large : radioactivité, clonage, eugénisme, biotechnologies, artificialisation de la vie, répercussions sur les humains et non-humains, problèmes éthiques engendrés, droit de manipuler le vivant, dans les laboratoires comme sous couvert de projets artistiques.

C'est à travers l'humour, la dérision, voire la subversion, que s'opère le détournement de ses pièces. Car il s'agit bien souvent de cela, un détournement. Un détournement du discours scientifique tout comme un détournement d'objets. France Cadet n'adopte pas une attitude militante contre les problèmes qu'elle aborde, mais essaie plutôt de susciter le débat, évoquer la problématique avec légèreté et malice. Son discours est gentiment sardonique, sa critique sociale est narquoise, mais toujours sous-tendue des faits réels.

L'une des oeuvres centrales de l'exposition présente une toute nouvelle série baptisée Robot, mon amour. Cette série est composée de photographies numériques où l'artiste se met directement en scène dans la peau d'un gynoïde (robot à l'apparence d'une femme) pour démonter la mécanique du désir, déclinée suivant les standards esthétiques du robot dans l'imaginaire contemporain. Tel un cyborg des temps modernes, France Cadet interroge les fonctionnements du corps humain, de la pensée, des émotions, de la communication entre l'homme et la machine. Vivant et artificiel, érotique et robotique, intérieur et extérieur, réel et irréel…s'entremêlent.

En 2015, le numérique se conjugue aussi au féminin au Cube…

Depuis son ouverture, Le Cube a toujours eu à coeur la découverte et l'appropriation d'univers artistiques, ainsi que la transmission des savoirs, reflet d'une société en perpétuelle évolution. La culture numérique, encore trop souvent associée à un univers masculin, regorge d'artistes femmes pluridisciplinaires, talentueuses et créatives. La programmation artistique de ce semestre souhaite vous faire découvrir quelques un(e)s de ces talents à travers des rencontres, des performances, des workshops, des expositions. Le Cube espère ainsi mettre en lumière des démarches de créatrices numériques, des regards singuliers et des parcours engagés en lien avec leur identité féminine. Durant six mois, la création numérique se conjuguera donc aussi au féminin !

DOG[LAB]01DOG[LAB]01

2004, sérigraphies

France Cadet utilise un robot chien du commerce sur lequel elle pratique des actes de chirurgie électroniques. Elle les transforme et les reprogramme avec des comportements inhabituels. Ces surprenantes créatures hybrides semblent bien invraisemblables. Pourtant, les modifications qu'elles ont subies sont basées sur des biotechnologies tout à fait réelles… Les sept sérigraphies " Dog[LAB]01 " représentent les sept chimères de plastiques transgéniques que l'artiste a imaginées et réalisées. Parmi elles, Dolly, la brebis clonée qui souffre également de vache folle ; Copycat, mi-chien mi-chat, l'animal familier par excellence issu de manipulations génétiques ; Xenodog, un petit porc de compagnie socialement bien adapté, mais aussi une parfaite réserve d'organes pour son propriétaire ; ou encore le fluorescent GFP puppy, jumeau canin de GFP Bunny, le lapin transgénique de l'artiste brésilien Eduardo Kac.

DO ROBOTIC CATS DREAM OF ELECTRIC FISH ?DO ROBOTIC CATS DREAM OF ELECTRIC FISH ?

2007, installation robotique et vidéo

Se fondant dans la société, les robots deviennent de plus en plus réalistes et vivants, et prétendent même, selon certains, agir comme des agents moraux. Il se pourrait ainsi que ce petit robot chat, assis devant un écran plat dans lequel nage imperturbablement un robot poisson - qui n'est autre que Nemo de Walt Disney - ne soit pas dupe et sache bien qu'il s'agit d'une vidéo. Il a peut-être la capacité et l'envie d'expérimenter des activités et des plaisirs sociaux, tels ceux que la télévision offre à profusion. Bien qu'il soit actuellement un luxe de posséder un robot sophistiqué en guise d'animal de compagnie, et non un animal domestique de chair et de sang, il se pourrait que ce soit bientôt le contraire, comme dans la vision de Philip K.Dick. Il se pourrait donc que cette installation soit une projection de notre futur proche.

ROBOTIC DOG SKELETON ANATOMYROBOTIC DOG SKELETON ANATOMY

2008, dessin - encre sur papier

Les avancées technologiques actuelles en matière de nanotechnologies réduisent de plus en plus les frontières entre le vivant et l'artificiel, introduisant de l'artificiel dans le vivant et vice versa. Ces frontières devenant de plus en plus perméables, nous tendons à nous diriger vers le modèle du cyborg de Donna Haraway et la notion postmoderne unique de nature-culture, déconstruisant les binarismes du corps entre nature et culture, objet et sujet... Chairs et mécanique s'emboîtent désormais comme le montre ce dessin Robotic dog skeleton anatomy qui dévoile la physiologie interne d'un chien robotique, telle une planche anatomique du XVIIIème siècle réalisée à la main, à l'encre et tout au point.

CANIS LUPSUS ANATOMIESCANIS LUPSUS ANATOMIES

2010, sérigraphies avec encre à gratter

Cette série de six sérigraphies mêle l'apparence artificielle externe de l'animal (carapace robotique) et son anatomie interne biologique fonctionnelle (système cardio-pulmonaire, digestif et osseux). La carapace de ce robot chien possède une encre argentée à gratter de telle sorte que lorsque l'acquéreur décide - ou non - de gratter cette carapace artificielle, il révèle un de ses organes biologiques. Cet acte singulier et propre à ce tout nouveau chirurgien de l'image, rend ainsi la sérigraphie unique. Une autre sérigraphie exhibe un QRcode. L'observateur est invité à utiliser son téléphone mobile comme un scanner. En flashant le QRcode, l'image imprimée derrière celui-ci sera révélée. Il s'agit de l'image de l'animal vue aux rayons X, son mobile devenant une extension du corps humain.

ROBOT, MON AMOURROBOT, MON AMOUR

2013, photographies numériques et interactives

Déclinés suivant les standards esthétiques de la science-fiction, ces différents hybrides explorent l'imaginaire contemporain en matière de cyborg. Dans la peau d'un androïde au féminin, mi-femme mi-robot, France Cadet interroge les fonctionnements du corps humain, de la pensée, des émotions, de la communication de l'homme et de la machine. Vivant et artificiel, érotique et robotique, utopie et réalité en devenir…s'entremêlent. Naturellement artificiels, ces êtres hybrides biomécaniques nous proposent d'entrer en relation avec eux, par l'approche, le toucher, la caresse…Effleurez le bras de ce cyborg et vous provoquerez le battement d'ailes d'un papillon animé par un muscle artificiel, ou encore un frisson lumineux sur cette autre créature qui vous tend la main… Par ce geste tangible via des capteurs tactiles qui produira l'émotion, France Cadet ré-humanise le robot.

CYBER LEÇON #32CYBER LEÇON #32

2013, sculpture impression 3D

Objectification sexuelle ou érotisme robotique ? France Cadet détourne une fois de plus une leçon de séduction d'une célèbre marque de lingerie en transposant sa leçon fétiche n°32, dans l'univers robotique. Grâce à un scan et une impression 3D, l'artiste présente une sculpture d'un cyborg à son effigie, en position agenouillée et poings liés. Telles ces poupées à visage humain en vogue au Japon, cet androïde, au corps artificiel et au visage humain mais froid, est-t-il doté d'émotions et de désirs sexuels ou bien plutôt d'une obéissance programmée exemplaire ? Ambivalence dominant-dominé, question de désirs et de perspectives. À vous de juger…

INNER LEÇON #32INNER LEÇON #32

2013, animation 3D

Dissection poétique du désir… Une version 3D animée de cet avatar agenouillé apparait à l'écran par tranches successives. Cet enchaînement de sections de corps crée une animation qui nous plonge dans l'anatomie électronique interne de cette créature, tout en reconstruisant progressivement son enveloppe externe. Après s'être matérialisée, cette évanescente pin-up des temps modernes effectue lentement une révolution, avant de disparaître à nouveau par coupes régulières.

FRANCE CADET

Ayant étudié les sciences avant de se tourner vers des études artistiques, France Cadet s'est fait connaître avec ses installations robotiques et multimédias orientées vers le vivant. Elle a participé à de nombreuses expositions à travers le monde (Europe, Asie, Amérique Latine et Etats-Unis). En 2003, elle a reçu le 1er prix de VIDA 6.0, un concours international sur l'art et la vie artificielle à Madrid, et a reçu une mention aux Digital Stadium Awards de Tokyo. Sa formation et son intérêt initial pour la biologie ont donné naissance à ses préoccupations actuelles, notamment à un thème central de son travail : le vivant et la relation complexe et ambiguë entre les espèces. France Cadet développe ainsi une étude comportementale de l'homme envers sa propre espèce traitant de la sensualité et de ses stéréotypes, ainsi qu'une étude sur la relation anthropomorphique, affective ou délétère qu'entretient l'homme avec l'animal, qu'il soit robotique ou de chair et de sang. Par ailleurs, depuis une quinzaine d'années, France Cadet mène des stages robotiques et dirige l'atelier robotique de l'école Supérieure d'Art d'Aix-en-Provence. Elle vient également de rejoindre l'équipe enseignante de la renommée School of the Art Institut of Chicago après y avoir dirigé le département Art & Technology

INFORMATIONS PRATIQUES

Exposition " Robot pour être vrai / France Cadet "

Du vendredi 30 janvier au samedi 25 juillet 2015 / Entrée libre
Horaire d'ouverture : mardi - samedi 12h-19h / Nocturne les mardi et jeudi jusqu'à 21h / Entrée libre
Accès : Tram T2 : " Les Moulineaux " (Sortie 2)
Renseignements : 01 58 88 3000 / contactlecube.com / http://www.lecube.com

AndromakersVernissage jeudi 29 janvier 19h-22h avec le concert audiovisuel d'Andromakers à 20h30

C'est avec seulement deux morceaux postés sur le web en 2009, et immédiatement relayés par la presse musicale française, qu'Andromakers s'est révélé au public. En 2013, Le duo de musiciennes, composé de Nadège Teri et Lucille Hochet, rencontre l'artiste visuel Pixel-Light et construisent depuis avec lui un live audiovisuel aux accents synthétiques et numériques tranchants avec leur énergie organique.

Publié le 19 janvier 2015 par Emmanuel Forsans

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