mardi, 26 décembre 2006

Un fond de 30 millions d'euros pour financer 6 projets - afjv - 15.12.03

Lors de la visite du studio de jeux vidéo Cocktel (Vivendi Universal Games) Mme Nicole Fontaine, Ministre déléguée à l'Industrie, a annoncé pour 2004 la création d'un fonds de production de 30 millions d'euros pour soutenir la création de jeux vidéo en France.

Cette somme doit servir à la création de six jeux financés en partie par un « couple » éditeur et studio. Cette décision s'appuie sur les premières recommandations du rapport sur le financement du jeu vidéo en France que M. Fabrice Fries, conseiller à la Cour des comptes, doit remettre en janvier. Mais ce fonds ne sera pas alimenté par le budget de l'Etat ; le gouvernement s'est donc mis à la recherche d'investisseurs.

Par ailleurs, les modalités d'obtention de ces aides ne sont pas encore définies. Il s'agit notamment de savoir si un éditeur étranger pourra y avoir accès.


Commentaire de l'afjv - Emmanuel Forsans - 15.12.03

L'annonce d'un fonds destiné à financer la production de jeux vidéo en France n'est pas une grande surprise et constitue plutôt une bonne nouvelle. Par contre, 30 millions d'euros pour financer 6 jeux constitue une information relativement inquiétante compte tenu des questions qui restent en suspend :

  • La quasi totalité des éditeurs français ont délocalisé tout ou partie de leurs entités de création et de production à l'étranger. Cette manne financière, s'il n'est pas rigoureusement contrôlée, risque de partir directement dans les studios off-shore.
  • Aujourd'hui, nombre d'éditeurs parient plus sur la valeur des licences cinématographiques que sur la qualité de la création. Là encore, il sera nécessaire d'être extrêmement vigilant sur l'utilisation des fonds. Il serait évidemment tentant de financer le principal poste de dépenses (l'acquisition de licences) plutôt que celui de l'emploi et de la création.
  • Est-ce que la production de 6 titres par an est destinée à redynamiser le tissu industriel français ou à aider quelques sociétés ?
  • Compte tenu du faible nombre de productions prévues, le risque est statistiquement important. Si le retour sur investissement n'est pas à la hauteur des espérances des investisseurs, qui seront les principaux perdants ? Les quelques studios / éditeurs n'ayant pas tenu leur promesse ou, par assimilation, l'ensemble des acteurs de l'industrie.
  • Les éditeurs annonceraient des budgets de développements de 5 à 6 millions d'euros pour un titre. N'aurait-on pas tendance à amalgamer un peu rapidement développement, marketing, R&D, frais de structure, erreurs passées et amortissements en cours ?

 

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